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    Economie

    Assises Export: Les industriels réclament l'ancrage à l'Euro

    Par L'Economiste | Edition N°:749 Le 18/04/2000 | Partager

    . Un SOS des exportateurs qui n'exagèrent pas la situation

    . Climat sociopolitique dangereux pour la compétitivité


    Le Premier ministre est venu lui-même hier matin aux Assises Nationales de l'Exportation à Rabat. Les quelque 370 participants (l'ASMEX n'en avait prévu que 250) ont apprécié que M. Abderrahman Youssoufi prenne sur son temps pour venir leur parler. Cependant, ils ont été fort déçus par un discours sympathique, mais vide. Comme annoncé hier, le gouvernement prend note de la compétition internationale, de l'implication commune de l'administration et des entreprises, mais n'annonce rien. Une petite phrase concernant la politique étrangère: "Malgré les mécomptes de Seattle, les négociations multilatérales se poursuivront à Genève (siège de l'OMC) ou ailleurs".
    Quelques auditeurs ont commenté, à la pause, une autre petite phrase du Premier ministre, sans vraiment lui donner une valeur d'annonce: "L'Union Européenne ira en élargissant son ensemble autour de l'Euro".

    Comme une bonne partie des inquiétudes des exportateurs tourne autour de la valeur du Dirham, faut-il voir dans la phrase de M. Youssoufi les prémices de l'annonce d'une évolution vers l'Euro?
    Le Premier ministre n'en dira pas plus. En revanche, M. Mohamed Tazi, président de l'Association Marocaine des Exportateurs, le dit sans ambages: "Il faut arrimer le Dirham à l'Euro et mettre fin à l'opacité du taux de change". M. Mohamed Lahlou, vice-président de l'ASMEX, président de l'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement, chiffre les pertes de compétitivité du fait de la surévaluation du Dirham: -12% face au marché allemand, -11% sur la France, -14,8% sur l'Espagne, -11,6% face à la Tunisie. "Il nous faudrait un réajustement de 11,6% tout de suite pour revenir à la situation de 1996", l'année où les exportations ont commencé leur ralentissement et les importations leur croissance. M. Lahlou annonce que l'ASMEX a fait une proposition au gouverneur de Bank Al-Maghrib: en attendant la remodulation de la politique de change (si elle se fait), l'ASMEX a demandé un système de garantie du taux de change appuyé sur l'Euro. La difficulté de cette proposition est bien sûr de savoir à quel Euro il faut se référer, car l'Euro actuel n'est pas une référence qui arrangerait les exportateurs.

    Autre grand problème évoqué par les présidents des associations concernées par les exportations: le climat sociopolitique. "Le gouvernement doit mettre de l'ordre dans l'environnement socio-politique", demande M. Tazi. "Personne ne doit traîner les pieds", note M. Guessous, président de la Commission économique et financière de la CGEM. Il se montre sévère, tout comme M. Lahlou, pour commenter grèves et sit-in qui contribuent à la destruction de la compétitivité. M. Guessous y ajoute l'augmentation de l'absentéisme et les jours fériés "qui font perdre des points de PIB".
    M. Madini, président de la CCIS de Casablanca, relève pour sa part que le financement des exportations "est moins encourageant, plus difficile d'accès et plus cher que chez nos principaux concurrents".
    Poids du Dirham, poids du climat social, poids des retards dans l'entreprise c'est donc un climat plus que morose qui pèse sur les exportations. Plusieurs ministres sont restés en séance après le départ du chef de gouvernement. La vraie question est de savoir s'ils seront sensibles au SOS que lancent les exportateurs, même s'il est un peu tard.


    L'Achoura pour les industriels


    M. Youssef Tahiri, ministre de l'Energie et des Mines et M. Alami Tazi, ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat ont ramené deux petites séries de mesures.
    Pour l'électricité industrielle, M. Tahiri est venu avec trois tranches de baisse de 3% chacune sur trois ans. Il s'agit aussi de proposer dans la Loi de Finances le draw-back qui représenterait 17% de la fiscalité de la facture énergétique des entreprises exportatrices.
    M. Tahiri a en outre proposé que l'autoproduction électrique atteigne 30 mW au lieu de 10.
    Quant au ministre de l'Industrie, il a rappelé la mise en place des quatre centres techniques et de sept parcs industriels. Ces derniers couvrent 350 ha au total dont 1/3 sera inauguré en juillet prochain. Une centaine d'entreprises sont inscrites. Enfin, sur le Fonds Hassan II, seront construits 500.000 m2 de bâtiments industriels pour délocaliser le textile, l'électronique et les nouvelles technologies.

    Nadia Salah

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