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    Entreprises

    Après le rachat d'Al Wataniya, les transformations prévisibles du marché

    Par L'Economiste | Edition N°:508 Le 17/05/1999 | Partager

    · Hausse générale des valorisations d'entreprises
    · Remodelage du projet de loi sur les assurances
    · La fin des polygamies capitalistes?


    La mise en place du groupe Benjelloun, avec un pôle financier très puissant, va probablement transformer le paysage marocain, mais pas seulement là où on l'attend.
    Dans le domaine des assurances, le nouvel ensemble RMA-Al Wataniya-Alliance Africaine représente 25% du marché des primes, mais surtout une valorisation qui approche le milliard de Dollars. D'abord et à l'évidence, l'ONA et le groupe Wafa ne resteront pas inactifs, avec l'objectif de monter aussi leur part de marché. Ensuite et en attendant, Al Wataniya donnera sans doute le ton au marché local, suivant qu'elle choisira d'aller ou pas sur le risque automobile, industriel, particulier ou autres. Pour l'instant, à part le développement de l'assurance, nul ne sait quelles sont les intentions du groupe Benjelloun quant à ses options.

    Deux autres conséquences


    Mais il y a aussi deux autres conséquences rarement évoquées. Il s'agit d'une part d'un phénomène de globalisation des valeurs et d'autre part de réévaluation des stratégies politiques.
    La globalisation des valeurs est le phénomène par lequel les niveaux de prix marocains se rapprochent des niveaux mondiaux. Avec l'offre très élevée du groupe Benjelloun pour la privatisation de la BMCE puis à nouveau l'offre sur Al Wataniya, il se crée un mouvement à la hausse des valorisations des entreprises cotées ou pas, comme après l'entrée en vigueur de la réforme boursière, l'épargne a poussé à la hausse les valorisations des sociétés. Dans ce mouvement, le côté insulaire des valorisations marocaines s'efface au profit d'une approche plus globalisée.
    Ensuite et toujours dans le domaine de l'assurance, la formation d'un grand groupe modifie les contraintes qui pesaient sur la future loi sur les assurances (ex-code des assurances). Pour ne prendre qu'un exemple, ce souci de maintenir un contrôle capitalistique marocain sur ce secteur n'a plus à passer par la mesure controversée de réserver 51% du capital de chaque compagnie à des capitaux marocains. Avec la reprise du contrôle d'Al Wataniya par des intérêts locaux, le secteur restera bien sous l'égide marocaine.

    Mariages monogames


    En revanche, c'est un autre souci qui est apparu, celui des liens de la bancassurance, non pas au niveau des produits offerts, mais au niveau des liens d'intérêt dans les tours de table. Actuellement, les textes ne disent rien et initialement le projet de texte ne s'en préoccupait pas. Aussi tous les cas de figure existent-ils, de l'indépendance (Al Amane) au lien organique et stratégique (groupe Wafa) en passant par des liens capitalistes sans mise en oeuvre stratégique (CAA-BCM). Et par-dessus ces cas de figure, il existe de multiples liaisons de participations réciproques.
    Les autorités monétaires voudraient maintenant promouvoir l'idée de limiter les mariages à une conception monogame: une banque avec une assurance, et réciproquement une assurance-une banque. Les autorités marocaines rejettent donc le principe américain d'isoler l'assurance de la banque, très sécuritaire mais impossible à réaliser dans un environnement aussi petit que celui du Maroc. Mais elles ne veulent plus de la joyeuse polygamie des affaires. Elle est regardée comme responsable aujourd'hui du manque de dynamisme même si elle n'a pas été comme on pouvait le craindre un facteur de déstabilisation financière: la gestion polygame a été suffisamment raisonnable pour que le Maroc n'ait pas connu de drame comme en a vécu le capitalisme asiatique.
    Les rieurs considèrent que même si la polygamie a beaucoup régressé dans les usages marocains, il en était resté une culture générale bien utile dans les affaires. Une chance que n'avaient pas les Asiatiques...

    Nadia SALAH

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