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Economie

AMO: Retour à la case départ

Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

Un pas en avant, deux pas en arrière. L'assurance-maladie obligatoire a du mal à prendre forme. Le nouveau ministre de la Santé relance le débat sur le recensement des personnes économiquement faibles.


IL faut du temps et il faut de la volonté politique. Désabusée, cette déclaration, en forme de regret, est celle d'un syndicaliste qui a assisté aux différentes réunions sur le projet d'assurance-maladie obligatoire (AMO). Du temps, il y en a eu. L'AMO aura survécu, à l'état de projet, aux différents gouverne-ments qui se sont succédé depuis 5 ans. Chacun aura tenté à sa manière de faire avancer ce projet. En vain. Encore que les deux ministres de la Santé précédents aient manqué de temps. Ils se sont très vite trouvés face à un autre dossier brûlant: le statut des médecins de la fonction publique(1). Et rebelote. Le dossier semble revenir à la case départ. Tout récemment, le nouveau ministre de la Santé, M. Abdelouahed El Fassi, a déclaré qu'il «est difficile d'aller loin tant qu'on n'a pas recensé, selon des critères rigoureusement établis, le nombre exact des économiquement faibles». Ces propos ont été tenus avant la Déclaration gouvernementale.

«Je pense qu'il faut parler d'identification des personnes économiquement faibles et non de recensement», explique à L'Economiste le Dr Ahmed Alami, président de la Commission de l'Enseignement, des Affaires Culturelles et Sociales et conseiller au Parlement. L'ex-ministre de la Santé, qui représente aujourd'hui l'opposition (PND), a dit «préférer attendre la Déclaration du gouvernement avant d'exposer le point de vue du parti avec plus de détail».
Les propos de M. El Fassi peuvent surprendre.
En effet, bien que le véritable débat, notamment le financement du régime, n'ait pas encore été entamé, un consensus semblait, jusque-là acquis en ce qui concerne la cible de l'AMO: 50% de la population. C'est du moins ce chiffre qui avait servi de base aux premières discussions entre syndicats, patronat et gouvernement. Mieux, chaque partie avait étudié le projet de loi, présenté ses observations, suggestions et commentaires. Cette estimation avait fait suite à une enquête réa-lisée au mois d'octobre 1995, conjointement par les Ministères de l'Intérieur et de la Santé Publique. Les deux Départements avaient alors mis en chantier une procédure d'identification basée sur des questionnaires (situation familiale, nombre de personnes prises en charge, déclaration de revenus, etc.). Objectif: cerner la population pouvant bénéficier d'un régime d'assistance médicale gratuite. Sur la base des informations fournies, des cartes d'assistance médicale gratuites étaient attribuées pour une période déterminée.

Cette expérience a concerné trois provinces: Khémisset, Larache et Kénitra. In fine, la population pouvant être prise en charge par l'assistance médicale gratuite avait été évaluée à un peu plus de 50% pour l'ensemble. Sur ce total, la moitié peut bénéficier d'une prise en charge totale des soins, alors que l'autre moitié relevait de l'assistance partielle. Cette estimation a été jugée significative à l'échelle du pays «d'autant que les trois villes hébergent principalement des populations rurales, les premiers concernés par la question de la couverture médicale généralisée».
A rappeler qu'à peine un peu plus de 15% de la population marocaine bénéficie actuellement d'une couverture généralisée.
Au niveau du secteur public, près de 925.000 fonctionnaires et leurs ayants droit sont assurés auprès de la CNOPS. Les assurances privées, quant à elles, couvrent 275.000 personnes environ.
Faire du recensement ou de l'identification des indigents ou des personnes économiquement faibles une priorité peut paraître légitime, d'autant que le nouveau gouvernement est peut être confronté à des impératifs de visibilité. Il ne faut pas pour
autant occulter l'urgence du dossier.

Mohamed BENABID

(1) Ce dossier a mobilisé à lui seul près de 27 réunions. Il n'est pas réglé pour autant.

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