×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Economie

    Regardons le temps filer

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    Il y a plusieurs semaines que le gouvernement est là et les décisions tardent à venir. D'échéance en échéance, on y arrivera un jour.


    Le nouveau gouvernement fait l'objet de toutes les attentions. L'état de grâce dont il bénéficie dépasse toute estimation. Visiblement, il dispose des coudées franches pour prendre toute décision, fût-elle impopulaire. Mais il ne le fait pas. Bien des promesses électorales ne seront visiblement pas tenues. Ceux qui s'attendaient à la chasse aux sorcières, aux règlements de compte en tous genres ou à des mesures sociales immédiates en faveur des couches populaires risquent d'être déçus. Une seule décision et encore, ce n'est pas la sienne puisque préparée et finalisée par le précédent gouvernement, disons sa première annonce, a porté sur la hausse des droits de douane sur l'importation de blé. Depuis, c'est le calme plat. Rien n'est venu bousculer l'ambiance marquée par l'attentisme. C'est vrai, l'attentisme était déjà bien installé avant l'alternance.

    Que fait l'actuel gouvernement? Il s'initie à la gestion des affaires. M. Abderrahman Youssoufi a été désigné Premier ministre le 3 février dernier. Vendredi 24 avril son gouvernement sera investi. Entre-temps, plusieurs semaines se sont écoulées. Pendant ce temps, le pays attend d'échéance en échéance. Après l'accouchement difficile de l'équipe gouvernementale, le pays est invité à une autre attente: la Déclaration de politique générale et l'investiture du gouvernement. Le calendrier indique déjà mai et ses muguets. Et la liste des séquences n'est pas finie.
    Il faut encore subir une autre attente, lancinante celle-là: la Loi de Finances pour l'exercice 1998-99. Le montage budgétaire enregistre du retard. Et nous voilà débordant sur l'été, les pieds dans l'eau et la tête à l'ombre. Ce sont les vacances pour beaucoup. Attendons donc la rentrée. Et le temps file. Et les espoirs avec.

    Cireurs de pompes


    Et du temps, il en faudra encore. Car il faut bien le gérer ce temps. La présentation de la Déclaration gouvernementale a été édifiante à plus d'un titre. M. Youssoufi l'a présentée à la Chambre des Représentants vendredi 17 avril et à la Chambre des Conseillers trois jours après. Pourquoi n'avoir pas réuni les 616 députés le même jour pour la même cause. En France, pendant que le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement à l'Assemblée Nationale, un de ses ministres est au Sénat pour la lecture de la même Déclaration. C'est une autre façon de gérer le temps et l'avenir de nos enfants. Peut-être que, la prochaine fois, on y pensera. Soyons un peu indulgents, c'est la première fois qu'il y a deux Chambres.
    Ce temps qui passe ne semble pas inquiéter outre mesure. Ceux qui osent tirer la sonnette d'alarme et avancer ouvertement la moindre critique, fût-elle constructive, risquent d'être taxés «d'empêcheurs de tourner en rond». Le consensus est partout et dans toutes les têtes. La pensée unique commence à bourgeonner. Et pour cause! L'actuel gouvernement est soutenu directement par une douzaine de journaux qui distillent quotidiennement la bonne parole. Certains journalistes ont du mal à se mettre dans la peau des cireurs de pompes. Aux organes de presse des partis de la coalition au pouvoir s'ajoutent les classiques journaux pro-gouvernementaux.

    Ce bouquet s'appuie sur la force de frappe de la RTM et de 2 M. Tiens, depuis quelques semaines, des pubs commencent à fleurir sur les colonnes des organes fraîchement gouvernementaux.
    Des ministres ont privilégié les journaux partisans pour s'exprimer. Les autres journalistes doivent attendre l'après-investiture. Heureusement que tous n'ont pas joué ce jeu malgré l'insistance de leurs camarades-journalistes. M. Khalid Alioua, qui assure les fonctions de porte-parole du gouvernement, a de l'éloquence. Mais il faut un peu plus pour donner du relief aux points de presse. Le risque est que ce rendez-vous n'attire plus grand monde.

    Mohamed CHAOUI


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc