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Amith/EME: Modernisation des entreprises, mode d'emploi

Par L'Economiste | Edition N°:1452 Le 05/02/2003 | Partager

. Des experts internationaux viennent d'être désignés pour l'étude et le diagnostic des quatre filières textiles. A terme, ce projet doit conduire à l'élaboration de véritables plans d'action . Des comparaisons seront établies avec les pays concurrents afin de mesurer la compétitivité perçueLes ambitions de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith) sont à la hauteur de ses espérances. Après avoir réalisé l'organisation en filières et défini les grandes orientations stratégiques, la profession vient de mettre en branle un des plus gros projets du secteur en collaboration avec Euro Maroc Entreprise (EME). Et c'est en présence d'un parterre comprenant industriels et représentants du ministère du Commerce et de l'Industrie que cette présentation s'est déroulée le 3 février au siège de l'Amith. Il s'agit du lancement des études destinées à mettre en place les stratégies selon lesquelles le secteur devra amorcer sa mise à niveau. Les quatre filières, à savoir la maille, le jean et sportswear, la chaîne et trame et le textile de maison vont passer à la moulinette, sous la férule d'experts internationaux mobilisés pour l'occasion. Conjointement avec EME, l'Amith procédera à l'identification et au choix des entreprises à rencontrer ou à visiter, pour chaque filière, dans le cadre de l'analyse de la compétitivité de l'offre locale. Une quarantaine d'unités seront diagnostiquées par filières et ce, dans différentes régions. Cet engagement devrait en principe s'étaler sur deux années.. BenchmarkingPour mener à terme ce projet, trois appels d'offres ont été lancés pour la sélection des chefs de mission et la constitution des équipes. Les experts sont Français, Espagnols, Italiens et tous jouissent d'une expérience très riche dans ce secteur. Aujourd'hui, annonce Salah Eddine Mezouar, président de l'Amith, «trois équipes sur quatre ont été formées. Celle devant encadrer la filière Maille le sera dans moins d'un mois«. Les experts procéderont méthodologiquement, analysant de façon globale la demande. Celle-ci sera à la charge de Pascal Morand, directeur de l'Institut français de la mode (IFM) et grand militant des regroupements régionaux, qui a déjà collaboré avec l'Amith à plusieurs reprises pour l'établissement d'études concernant l'évolution du textile mondial. L'analyse de l'offre, quant à elle, sera effectuée par filières et comprendra également le benchmarking. «Ces études devront aboutir à la confection de recommandations et plans d'action opérationnels«, souligne Pascal Morand. Contrairement aux études antérieures, celles-ci déboucheront sur des plans d'actions pratiques ayant pour objectif d'aider la profession à se redéployer avec des plans d'accompagnement pour les entreprises. De plus, outre le professionnalisme des experts, ceux-ci se sont révélés sensibles à la cause du textile marocain et croient fortement en son avenir.Pour Paolo Castrataro, directeur du projet EME, ces études sont doublement importantes. D'une part, elles permettront de repositionner le secteur textile marocain sur l'échiquier mondial grâce à la réorganisation du secteur. Et d'autre part, cela aidera aussi la profession à déterminer de nouvelles niches, séduire des investisseurs étrangers et attirer la délocalisation européenne vers le Royaume. Il ajoute que la majorité des entreprises avec lesquelles EME est en contact provient du secteur textile et qu'à elles seules totalisent près de 1.500 journées d'expertise. Avant de donner plus de précisions concernant la méthodologie à suivre, Pascal Morand rappelle le contexte houleux dans lequel se meut le textile mondial aujourd'hui à l'aube du démantèlement de l'accord multifibre (cf. www.leconomiste.com) et de l'entrée de la Chine dans l'OMC. Cela se traduit par une évolution de la demande, celle des marchés et une compétitivité de plus en plus âpre. Au cours des enquêtes qui seront menées, les experts partiront à la recherche d'informations auprès des différents acteurs à travers les principaux pays afin de récolter leurs avis et leur vision de l'industrie textile marocaine. Il s'agit de la compétitivité perçue, selon le directeur de l'IFM. La première partie de cette étude permettra aux textiliens d'organiser leur journée nationale vers le 11 juin 2003. Objectif, réunir les partenaires nationaux et étrangers et lancer un vaste programme de communication destiné à faire connaître la nouvelle stratégie du secteur.. De la chrysalide au papillonPar ailleurs, les experts dressent un bref état des lieux. Le Maroc dispose d'atouts importants qui commencent toutefois à s'étioler, comme le coût de la main-d'oeuvre. Celui-ci est aujourd'hui plus cher que certains de ses concurrents tels que la Roumanie, mais moindre par rapport à ceux pratiqués en Europe. En revanche, une opportunité qu'il faudra saisir, demeure celle du développement rapide des flux vers l'Espagne. Près de 25% des importations extracommunautaires ibériques proviennent du Maroc. Du côté des entreprises marocaines, les entrepreneurs manifestent un désir intense de se moderniser.Les études qui sont lancées vont contribuer à faire du textile marocain une industrie structurée, mondialisée et perçue comme telle par les acteurs internationaux. Et comme les exigences dans ce métier ne sont pas stables, le Maroc doit séduire avec des coûts de main-d'oeuvre adaptés. La transformation attendue dans la profession concerne le fameux passage de la sous-traitance à la cotraitance (produit fini). Une chrysalide qui deviendrait papillon en quelque sorte mais non sans mal. Les conséquences de cette solution sont majeures et requièrent des compétences. Car, dans ce cas précis, le client renvoie le risque financier sur le fournisseur. Fabriquer du produit fini, nécessite des besoins importants en fonds de roulement. Le donneur d'ordres n'ignore pas ces questions, et sachant que l'entreprise marocaine n'est pas toujours bien armée pour y faire face préfère se tourner vers les structures turques dont la solidité financière est plus grande. N'oublions pas que dans certains pays comme la Tunisie, l'Inde, l'Ile Maurice ou la Chine, les pouvoirs publics ont largement contribué à asseoir la position de cette industrie.L'objectif de ces études de terrain est aussi de changer la perception des acteurs internationaux.


Artisanat modernisé

Pour la filière textile de maison, les experts vont se pencher sur les aspects de l'entreprenariat et non pas sur les théories de management. Et pour cela, une profonde connaissance des marchés est exigée. Le travail s'effectuera en amont, de la filière jusqu'au consommateur. La globalisation attaque la production de moyenne gamme, l'Asie prend de plus en plus d'ampleur. Pour se repositionner dans ce contexte, il faut s'intéresser au design et au style. Et cela peut être possible grâce aux différences culturelles qui permettront l'introduction d'un artisanat modernisé dans la production. Et dans ce domaine, pourquoi ne pas restructurer la filière sous la forme de districts qui ont fourni leurs preuves en Italie. La recherche de nouveaux marchés sera certainement préconisée mais en aucun cas ils ne devront se substituer à ceux qui sont déjà existants. Aujourd'hui, 50% des exportations des tissus d'ameublement sont tournées vers les marchés arabes, ce qui représente une force.. Bâton de pèlerinLa filière chaîne et trame qui comprend plus de 500 entreprises et qui connaît des problèmes, en raison de l'évolution du contexte international et de la distribution, devrait effectuer un saut qualitatif important grâce à l'étude qui sera menée. Au menu, visite d'entreprises et rencontre avec les ministères. Mais aussi et surtout, indique un des experts et chef de cette mission, «prendre mon bâton de pèlerin et aller en Turquie, Tunisie, Portugal pour effectuer des comparaisons avec ces pays«. Il s'agira également de repositionner cette filière en termes de services et de produits afin de lui permettre d'affronter la concurrence internationale. Et sans la restructuration de l'amont (ennoblissement tissage, teinture…), cela n'est pas possible. Les ressources humaines seront également au centre des préoccupations. Le renforcement du partenariat international est une arme qui aidera les entreprises marocaines à surmonter les défis de la mondialisation, et à devenir plus compétitives. Au terme des études, des propositions concernant l'environnement national de l'entreprise, notamment la fiscalité et la réglementation sociale seront émises. Et pour vérifier la pertinence des recommandations et réaliser un entraînement, la filière marocaine fera l'objet d'une promotion sur l'ensemble du marché mondial, est-il indiqué. Cette enquête ayant déjà été lancée, des premiers résultats ont pu en émerger. Les chefs d'entreprise n'ignorent pas les vicissitudes du secteur mais se disent fermement déterminés à s'en sortir et à se battre par leurs propres moyens. Et ce, avant de demander assistance auprès des instances publiques.Radia LAHLOU

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