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Agadir, Las Vegas du Maroc?

Par L'Economiste | Edition N°:3323 Le 20/07/2010 | Partager

. La ville compte trois casinos . Les joueurs en grande majorité des Marocains. Le sujet, encore tabou dans l’esprit de tous “Faites vos jeux. Rien ne va plus!”. De manière presque imperceptible, la croupière, une jolie jeune brune au visage angélique et à la taille de guêpe, peut-être bien une européenne des pays de l’Est, vient de prononcer les phrases rituelles et son visage est resté de marbre. Les joueurs pour leur part retiennent leur souffle, leurs yeux sont rivés sur la roulette… Le casino Le Mirage, un des temples des jeux d’argent et du hasard à Agadir est en activité ce soir. Il est 23h 30, l’établissement est à moitié plein ce samedi, mais la soirée est encore longue. Le casino ne fermera ses portes qu’au petit matin selon ses habitués. Pour la grande majorité ce sont des Marocains, indique l’un d’eux. Ce soir, le casino offre l’image de ce qu’est sa clientèle. Plus de 80% des présents autour des tables de jeux sont, effectivement, des Marocains. Tenue décontractée, jeans, chemisette ou polo, la clientèle est composée de monsieur et madame tout le monde. Les lieux montrent que le casino s’est «démocratisé». Pas de clientèle huppée comme dans les casinos de Monaco. Ici, comme à Las Vegas, le casino est accessible à tous les joueurs à condition qu’ils ne soient pas mineurs et que leur tenue soit décente. Les touristes étrangers dans les lieux ce soir-là se comptent sur le bout des doigts et les femmes sont très peu nombreuses aussi. L’une d’elles est cependant fidèle à l’endroit depuis une quinzaine d’années. En effet, Ghalia, à peine la trentaine, joue depuis longtemps au casino. Presque chaque soir, elle y dépense du temps et de l’argent et souvent c’est une somme conséquente, 5.000, 20.000 DH… Elle y laisse en général ce qu’elle a dans son sac, mais ne repart pas, bien des fois, sans rien. Ce soir, ça ne va pas fort, l’argent ne rentre pas, mais elle continue quand même à jouer. «Je ne suis pas assise à ma place habituelle. C’est pour cela que ça ne marche pas ce soir», explique-t-elle, les yeux fixés sur la roulette, complètement absorbée par le jeu. Dans le casino, ce soir-là, les joueurs ne sont pas les seuls Marocains. A quelques-unes des tables de jeu, on remarque que les croupiers et croupières semblent être aussi des nationaux. De manière professionnelle et avec grande maîtrise, ils mènent le jeu et leur savoir-faire n’a rien à envier aux croupiers étrangers. Le casino offre ainsi une niche d’emplois pas négligeable du tout, mais il semblerait qu’ils soient bien rares dans ce domaine. Les casinos n’employant généralement que des étrangers, cahier des charges oblige. Minuit passé, même ambiance et même catégorie de clientèle dans un autre casino de la ville. Ce samedi soir, au casino Shems, implanté sur le boulevard Mohammed V, la clientèle de l’établissement, est également à plus de 80% marocaine. Des gens de la ville mais pas de visage public ni connu. Il y a une mixité sociale, les joueurs présents liés par la même passion. Certains accros au jeu, d’autres venus seulement se divertir. Mais pour la plupart, ils ne sont pas de véritables flambeurs, pas de grosses mises ce soir à moins que les mises s’emballent dans les salles privées. «… Je mise 3.500 DH…», lance un jeune quadra. «A une autre époque, c’était la plus petite mise dans le casino, aujourd’hui c’est peut-être bien une des plus grosses», avance un connaisseur de l’établissement. Les casinos seraient-ils aussi touchés par la crise économique internationale? Difficile de faire parler les gérants des établissements. Gêne, réticences… Est-ce parce que théoriquement les Marocains sont interdits d’accès et qu’ils constituent ici comme dans les autres casinos du Maroc plus de 80% de la clientèle? Silence… Le sujet serait-il encore tabou? Il semble que oui. Certains gestionnaires d’établissements de jeux montrent même de l’exaspération quand le sujet est abordé. «Il n’y a rien à dire là-dessus et rien à raconter. Il est préférable pour vous de parler à vos lecteurs du festival Timitar», lance un dirigeant de casino véritablement dérangé de parler de la stratégie de son établissement. Le développement des casinos dans le Royaume, sept déjà, n’a donc pas levé tous les tabous qui entourent cette activité. De fait, l’attribution d’une licence de casino reste encore un sujet très délicat à aborder. Le sésame est délivré uniquement à travers un arrêté, signé par le chef du gouvernement en personne, après avoir été traité par plusieurs commissions. Seules, par ailleurs, les villes touristiques de Marrakech, Tanger, Agadir, Ouarzazate, Mohammadia et El Jadida, depuis l’ouverture de Mazagan, en abritent. Dans la station balnéaire d’Agadir, les casinos Le Mirage et Shems se partagent le jackpot avec le casino Atlantic, dernier-né dans la destination. Ambiance feutrée, rigoureuse sélection à l’entrée, l’établissement, de l’avis d’observateurs dans la cité, a tiré vers le haut l’activité des casinos dans la ville. Selon un habitué, sa clientèle est composée de touristes du Moyen-Orient et d’Européens mais aussi de Marocains. Ce samedi soir, minuit passé, ce sont, comme dans les deux autres casinos de la ville, les Marocains qui sont en force. A toutes les tables de jeu, de jeunes croupiers, tous des étrangers. Quelques-uns d’entre eux, des femmes à la chevelure blonde platine, mènent les parties avec dextérité. Aux machines à sous, plusieurs joueurs, concentrés sur leur joujou, tentent leur chance. Pour ceux qui veulent y passer la nuit et même miser jusqu’au lendemain, c’est possible. Le casino Atlantic est ouvert 23h/24. Bien qu’indépendant de l’hôtel Atlantic Palace, l’établissement de jeu permet à la structure d’hébergement de se positionner en resort à l’instar du Mazagan beach resort à El Jadida. «Nous proposons ainsi à notre clientèle une gamme de produits complète et diversifiée», indique un dirigeant de l’hôtel.


Animation

Les trois casinos aujourd’hui à Agadir permettent, en effet, de varier l’offre en termes d’animation et de répondre aux attentes de tous. C’est indispensable si on veut se positionner en tant que destination touristique compétitive. Quant à faire d’Agadir le Las Vegas du Maroc, on n’en est pas encore là, même avec la proximité du désert du Draâ.Malika ALAMI

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