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Culture

Photographie
Quand Majida Khattari voile et dévoile

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4732 Le 18/03/2016 | Partager
L’artiste présente ses œuvres récentes à la galerie d’art L’Atelier 21 jusqu’au 12 avril
«Corps ornés» est une série de photographies explorant l’histoire de l’art occidental
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«L’Aubade», tirage jet d’encre pigmentaire sur toile, 120x180cm
(Ph. Majida Khattari) 

Après trois ans d’absence, l’artiste Majida Khattari est de retour à la galerie L’Atelier 21 avec une série photographique présentant ses œuvres récentes jusqu’au 12 avril. A travers «Corps ornés», Majida Khattari poursuit son travail autour du voile qu’elle transcende en faisant un retour vers l’art qu’elle considère comme son premier amour, la peinture. Bien qu’il s’agisse de photographies, ses œuvres ne sont pas sans rappeler les toiles orientalistes. «J’ai commencé ce travail alors que j’étais à Paris suite au débat sur le foulard islamique. Je pensais m’intéresser au voile un an ou deux mais il y a une telle régression par rapport à cette question en France que cela a duré plus longtemps», précise Majida Khattari.

Pour ses derniers travaux, Majida Khattari explore une nouvelle technique qui consiste à superposer différentes images donnant cet effet de transparence qui voile l’œuvre tout en la laissant subtilement se dévoiler au spectateur. La curatrice de l’exposition, Valérie Labayle, dira d’elle: «Majida Khattari s’inscrit dans ces questionnements sur la représentation des corps vêtus et dévêtus. Avec Corps ornés, elle met l’accent sur l’accessoire». Ses photographies imprimées sur toile et vernies à la main, mettent en exergue le corps et l’architecture. L’on reconnaîtra notamment des motifs de mosaïques dont les clichés ont été réalisés au mausolée Sidi Sahab à Kairouan en Tunisie. Comme c’était déjà le cas pour ses précédentes séries,  «Orientalismes» ou encore «Luxe, désordre et Volupté», respectivement exposées en 2010 et 2013 à l’Atelier 21, l’artiste travaille sur la mise en scène et la composition picturale et recrée les clichés qui dominent la peinture orientaliste. Tant au niveau des décors que des personnages.  On y retrouve la liberté et la sensualité des peintres orientalistes, mais dont les codes et expressions visuels sont imperceptiblement déplacés et détournés.

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«Kholkhal» de Majida Khattari, tirage jet d’encre pigmentaire sur toile, 120x180cm
(Ph. Majida Khattari) 

Cette exposition présente une vingtaine d’œuvres  qui ont nécessité près de 4 ans de réalisation.  Desdémone, Othello, Houria, Zhor ou encore  Transe, le choix de chaque titre a toute son importance, indique Majida Khattari. Un choix très éclectique influencé par la musique qu’elle écoutera dans son atelier lors de la création, ses styles très divers allant de l’opéra au melhoun.

Née en 1966 à Erfoud, Majida Khattari a étudié à l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca où elle décroche un diplôme en 1988. Elle s’installe ensuite à Paris et intègre l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts dont elle sort diplômée en 1995, année durant laquelle naîtra la polémique autour du port du voile dans les établissements scolaires et universitaires. Un évènement qui secoue l’artiste, étant musulmane vivant en France. L’inspiration est là, Majida Khattari démarre son parcours artistique en créant des défilés-performances autour de la situation des femmes dans les sociétés arabes, qu’elle présentera à Paris aux Beaux-arts en 1996, puis en 1998 à la Galerie Taddaeus Ropac et à la Maison des cultures du monde. Ces manifestations très remarquées, mettent en scène des modèles portant des vêtements-sculptures, en traitant du statut de la femme tout en se référant aux questions contemporaines de laïcité et de religion.

A son actif, une multitude d’expositions personnelles en France, et de nombreuses participations à des expositions collectives qui ont permis à son art de sillonner le monde. De New York, au Canada en passant par le Mali, le Royaume-Uni ou encore la Grèce. Ses œuvres ont intégré des collections prestigieuses telles que celle de La CDG, Bank Al Maghrib, le Royal Mansour ou encore la Fondation Louis Vuitton ou le musée des Beaux-arts à Montréal.

 

 

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