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Chronique

Des pistes pour un système financier durable

Par L'Economiste | Edition N°:4666 Le 11/12/2015 | Partager

Omar Fassal est financier, expert en finance internationale. Il est également auteur du livre «Tout savoir sur la finance», et chroniqueur pour L’Economiste et Atlantic Radio. Retrouvez-le sur www.fassal.net  (Ph. OF)

A l’heure de la COP21, aborder les pistes pour un système financier durable c’est pour certains faire un long discours de langue de bois. Essayons de démontrer le contraire, en proposant des outils bien réels, qui permettent d’améliorer concrètement la donne.
Au niveau du système bancaire, il est possible de mettre en place un modèle standardisé de due diligence environnementale, qui conditionnerait les conditions d’octroi du crédit. Il faut, dans ce cadre, travailler à développer des modèles quantitatifs, permettant d’estimer non seulement les risques classiques (de crédit, de marché et opérationnel), mais également les risques environnementaux. Il faut être capable de réaliser des stress test environnementaux pour estimer l’impact de catastrophes naturelles, sur les fonds propres des banques.
Une des façons d’encourager les banques à prendre des initiatives dans le domaine du financement durable et responsable, est d’accroître les exigences de transparence publique sur ces sujets. Une meilleure visibilité publique permettra de mettre en valeur les banques leaders sur le secteur, et de rehausser les standards de la profession vers le haut. L’Unep (The United Nations Environment Programme) propose de former le capital humain des institutions bancaires au développement durable, afin de les sensibiliser à ces problématiques. Des connaissances sur le sujet pourraient être intégrées dans les cursus de formations classiques aux métiers de la banque.
Concernant les marchés obligataires, la première proposition est celle de faire évoluer le système des credit rating. En effet, le rating impacte notablement l’allocation des capitaux au sein de la société. Certains investisseurs se limitent à certaines catégories de rating. D’autres intervenants, utilisent ces rating pour allouer une certaine partie de leurs fonds propres en couverture des risques éventuels. Transformer les credit rating en y incluant des facteurs sociaux et environnementaux, aurait un impact majeur sur l’allocation de capital envers les projets durables. Le marché intégrerait alors l’ensemble de ces facteurs dans son mécanisme de formation des prix. Des initiatives de Standard & Poor’s (S&P) ont déjà été prises dans ce sens.
Les marchés obligataires peuvent également promouvoir un développement durable, par l’intermédiaire des Green Bonds (ou Obligations vertes). Ces obligations permettent aux entreprises porteuses de projets verts dans divers secteurs (agriculture, bâtiment, énergie, industrie, transport, eau, traitement des déchets), d’obtenir un financement spécialisé. Le marché des Green Bonds représente 500 milliards de dollars. Les nouvelles émissions se sont élevées en 2014 à 36 milliards de dollars, trois fois plus qu’en 2013. Comment les autorités peuvent-elles encourager le développement du marché des Green Bonds?
D’abord, en créant davantage de liquidité sur ce marché. Si les volumes d’échange progressent, cela permettra d’attirer davantage de capitaux sur ce marché. Ensuite, en encourageant des institutions de plus en plus diverses, à émettre des Green Bonds. En effet, ces obligations étaient aux départs réservés aux banques de développement. Mais dans plusieurs pays émergents, ces obligations sont de plus en plus émises par des entreprises, des municipalités et des organismes publics. Par ailleurs, les obligations vertes peuvent être encouragées par des mécanismes de rehaussement de crédit par des établissements financiers spécialisés, ainsi que par des garanties partielles publiques. La dernière piste pour encourager les Green Bonds est une réforme de la fiscalité. Taxer les coupons sur ces obligations vertes à un taux inférieur à celui des obligations classiques aurait pour effet d’encourager les investisseurs à y souscrire.  Le marché des Green Bonds devrait progresser de 500 milliards de dollars en 2014, à 1 trillion en 2020, si des mesures phares sont adoptées pour accompagner ce secteur.
Les investisseurs institutionnels peuvent également porter le changement, pour développer un système financier plus durable. Ces investisseurs gèrent 93 trillions de dollars à travers le monde, sous forme de fonds communs de placement, de fonds de pensions, de compagnies d’assurances, de fonds souverains, et de fondations. Les investisseurs institutionnels sont invités à financer davantage de projets d’infrastructure à faible niveau d’émission carbone, en direct ou via des titres financiers. Ces titres financiers doivent être standardisés pour rendre le marché plus liquide, et attirer davantage d’institutionnels sur ce segment. Augmenter la liquidité facilite l’Asset Liability Management de ces investisseurs institutionnels.
Les régulateurs doivent encourager, voire imposer aux institutionnels d’inclure les facteurs environnementaux et sociaux dans leurs critères d’investissement, tout comme les critères de rentabilité financière. Les régulateurs peuvent exiger un investissement minimal dans les fonds labellisés ISR (Investissement Socialement Responsable). Comme pour les banques, rendre public le bilan carbone du portefeuille des investisseurs institutionnels, permettrait de récompenser les meilleurs de la classe, pour tirer le niveau vers le haut.

L’initiative de l’Unep

L’Unep (The United Nations Environment Programme) a lancé une initiative en janvier 2014, afin d’émettre des propositions, à même de construire un système financier vert, durable, et inclusif. Cette initiative présentera son rapport final en 2016.
L’initiative menée par l’Unep se veut collégiale. En effet, cette investigation tente de synthétiser les propositions du monde de la finance, des régulateurs, des autorités économiques, des banques centrales, ainsi que des chercheurs académiques. Ces participants sont originaires de plusieurs pays : Brésil, Afrique du Sud, Chine, Bangladesh, Royaume-Uni, Union européenne, Pays-Bas, Belgique, Inde, Etats-Unis, Indonésie, Colombie, Kenya et Suisse. Cela permet de confronter des propositions diverses et variées, testées ou en cours d’étude, aux quatre coins du monde.
 

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