Economie

Noms de domaine
Leviers de croissance pour Internet

Par L'Economiste | Edition N°:4663 Le 08/12/2015 | Partager
Un domaine concurrentiel qui brasse plusieurs milliards de dollars
Le Maroc stagne avec seulement 60.000 sites enregistrés sous «.ma»

L’industrie des noms de domaine recèle de gros potentiels et s’érige aujourd’hui en domaine concurrentiel, évalué à plusieurs milliards de dollars. Ce secteur est géré par des centaines de registrers (entreprises spécialisées dans l’attribution de noms de domaine) au niveau mondial et qui doivent obtenir au préalable une accréditation de l’Icann (Société pour l’attribution de noms de domaine et de numéros sur Internet). Ces enregistreurs versent une commission à l’Icann pour chaque nom de domaine vendu (entre 0,17 et 0,27 centime de dollars). Ce qui brasse 200 millions de dollars annuels pour le compte de l’Icann. «C’est un secteur hautement concurrentiel. Il y a eu des enchères pour départager des entreprises qui voulaient le même nom de domaine et qui se sont soldées par des millions de dollars», précise Aziz Hilali, président d’Afralo (African At-Large Organization/Icann) et ce, lors d’une conférence organisée par l’Icann à Casablanca, hier, lundi 7 décembre.  L’organisation vient de lancer un nouveau programme de noms de domaine génériques qui a  enregistré 1.930 demandes. Au niveau africain, seules 17 requêtes ont été formulées dont la majorité est localisée en Afrique du Sud. «Il y a 150.000 marques déposées au Maroc. Normalement, nous devrions avoir le même nombre de noms de domaine. Pour les entreprises, c’est une identité indispensable aujourd’hui au même titre qu’une enseigne physique», affirme Aziz Hilali. En effet, le Maroc ne compte actuellement que 60.000 noms de domaine enregistrés sous le sigle «.ma». Un chiffre qui reste en deçà des opportunités que recèle le marché marocain. Pour faire face à cette situation, l’ANRT s’est attelée à simplifier les procédures depuis que le régulateur a récupéré la gestion des noms de domaine «.ma». Aujourd’hui, 98% des nouveaux enregistrements se font de manière automatique et les serveurs sont rafraîchis toutes les 15 minutes. Le régulateur télécoms compte lancer en 2016 une campagne de promotion et de vulgarisation, pour inciter les entreprises à se lancer dans le business de la vente et la revente de noms de domaine. «L’hébergement concentre actuellement le gros de l’activité des registrers. Il faut mettre en place tout un écosystème où chaque prestataire offre sa contribution au marché d’internet», explique Hamza Aboulfeth, fondateur et PDG de Genious Communication. Pour ce professionnel d’internet, réussir à doubler le nombre de domaines «.ma» pourrait faire passer le prix d’une adresse de 225 à 150 DH. «Si une entreprise ne veut pas débourser 600 à 700 DH pour avoir une présence réelle sur Internet, c’est qu’elle n’a pas lieu d’être», soutient le patron de Genious Communication. D’ailleurs, le dirigeant de la start-up a désigné l’utilisation de réseaux sociaux au lieu d’un site en bonne et due forme comme l’une des bad practices à éviter. «Facebook est la plus grosse arnaque du XXIe siècle. Une entreprise doit ouvrir une page, la promouvoir et en plus payer à chaque palier de communication. Sur 50.000 fans, je n’ai pu toucher que 400 personnes, alors qu’il m’aurait suffi  d’envoyer 50.000 mails», signale Aboulfeth.

ONG

En marge de cette conférence, le cabinet américain Amglobal a présenté son offre de noms de domaine pour le monde associatif «.ngo et .ong». Conçu pour être le premier répertoire mondial d’ONG en ligne, ce nom est centralisé sur la plateforme OnGood pour renforcer leur présence en ligne, améliorer leur visibilité et par ricochet récolter plus de dons. «A ce jour, nous avons identifié plus de 10 millions d’associations au niveau mondial et environ 90.000 associations marocaines éligibles à ce nom de domaine», précise Andrew A Mark, PDG de Amglobal.

A. At

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc