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Analyse/Education: Les warnings de la Banque mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:4475 Le 04/03/2015 | Partager
Centralisation du système, qualité des profs, décrochage…
L’institution tournera son futur appui vers la gouvernance et les actions «locales»
Le diagnostic SABER Enseignants, bientôt déployé au Maroc

La Banque mondiale fait partie des institutions internationales qui ont le plus soutenu

Sur un total de 25 pays, le Maroc se classe premier en matière de dépenses  publiques d’éducation par élève, rapportées au PIB par habitant. Elles s’élèvent à près de 17% au primaire et elles frôlent les 40% dans le secondaire. Globalement, le pays investit 25% de son budget et 5,5% de son PIB par an pour l’éducation. Ce qui est largement au dessus de la moyenne internationale

le Maroc dans son long chantier de réforme du système d’éducation. Sur la période 2010-2013 uniquement, la Banque a accordé une enveloppe de près de 200 millions de dollars. Mais le retour sur investissement n’est pas vraiment au rendez-vous.
Le Maroc se classe parmi des pays qui investissent le plus dans l’éducation, sans arriver pour autant à atteindre les objectifs qu’il se fixe. «Le pays a investi 25% de son budget par an et 5,5% de son PIB dans l’éducation. Cet effort a été maintenu tout au long des 15 dernières années», précise Kamel Braham, coordonnateur du programme de la Banque mondiale pour l’éducation, la santé et la protection sociale dans les pays du Maghreb.
L’institution ne cache pas son inquiétude quant aux failles qui minent le système depuis des années. A commencer par l’abandon scolaire (voir illustration). Cela se voit clairement dans les taux de scolarisation qui passent de 99,5% au primaire (2014-2015), à 87,6% au collège et à 61,1% au lycée. Dans le supérieur le taux chute à environ 16%.
La question de la forte centralisation du système figure aussi parmi les points de préoccupations de la Banque. Les écoles et les Académies régionales de formation et d’éducation (Aref), de même que les universités et les centres de formation professionnelle, n’ont que peu de marge de manœuvre pour lancer des initiatives innovantes ou nouer des partenariats avec le secteur privé. Les formalités administratives retardent ou bloquent souvent les projets. «Dès le lancement de la Charte d’éducation  et de formation en 2000, 16 Aref ont été créées afin de régionaliser la gestion de l’éducation. Les académies qui ne s’occupaient que des examens ont pu récupérer d’autres prérogatives, comme la gestion du budget régional, les conseils disciplinaires… mais le pouvoir décisionnel est resté concentré au niveau central», regrette Ibrahim Baamrani, chercheur en éducation, ancien délégué de l’Education nationale.
Pour son appui futur au Royaume, l’institution de Bretton Woods compte d’ailleurs se focaliser sur l’amélioration de la gouvernance du système. Un chantier qui n’a que peu évoluer sur les dernières années. Elle prévoit aussi de sortir de son approche macro, en soutenant des actions locales, directement menées auprès des écoles.     
La qualité du corps enseignant fait également partie des aspects décriés. Pour la généralisation de la scolarisation, le Maroc a recruté à tour de bras, pendant des années,

Entre le primaire et le secondaire, 200.000 à 300.000 élèves quittent chaque année le système scolaire. Au collège, par exemple, malgré une légère amélioration, le taux reste élevé, se situant à 10,6% en 2013-2014. Au primaire, il tourne autour de 3%, contre près de 11% pour le lycée. Le taux de redoublement reste également inquiétant. Il se situe à quelque 15% au collège et au lycée

des profils sur la base d’un simple diplôme universitaire. Faiblement qualifiés, ils ne sont pas à même de déployer les approches pédagogiques introduites par la tutelle. Ce fut, par exemple, le cas avec l’approche par compétence, qui n’a jamais été concrètement appliquée, ou encore la pédagogie d’intégration, abandonnée en cours de route.
Les professeurs s’absentent, par ailleurs, trop par rapport à la moyenne régionale (voir L’Economiste du 17 février 2015). «Dans l’ensemble de la région, les élèves ne passent en moyenne que 800 heures par an en cours, contre 1.200 heures dans les pays les plus performants en matière d’éducation. Si on ajoute à cela un taux élevé d’absentéisme du corps professoral, il ne faut pas s’étonner que les enfants maîtrisent peu le programme», fait remarquer Braham.
Les rapports internationaux TIMSS et PIRLS, évaluant les performances des élèves du primaire et du collège en lecture et sciences montrent, en effet, le faible niveau des élèves marocains en connaissances de base (avant derniers, devant ceux du Yémen!). Ce qui a été confirmé par le Programme national d’évaluation des acquis (PNEA) de 2009. Les élèves de tous les niveaux y ont enregistré un score inférieur à 50/100. «Il est impératif de bien former les enseignants et de pouvoir les retenir, les évaluer et les motiver. Sans oublier la nécessité d’un dispositif de sanctions effectif», insiste l’expert de la Banque mondiale. Cela ne serait, cependant, pas possible sans une réelle autonomie des établissements. La gestion des ressources humaines et l’évolution des carrières des fonctionnaires de l’éducation dépendent directement du ministère. Les écoles n’ont donc que peu de moyens pour motiver leurs profs.
La Banque mondiale dispose d’un outil de diagnostic baptisé SABER Enseignants (Système d’Evaluation et d’Analyse Comparative des Résultats de l’Education), permettant de relever les dysfonctionnements. Il sera bientôt déployé au Maroc.

Apprentissage des langues: Une question trop politisée

Les performances des élèves en langues restent faibles. L’école n’a tout simplement pas encore trouvé la bonne formule d’apprentissage. Entre darija, arabe classique, amazigh et français, le choix est difficile. «Dans plusieurs pays, les élèves démarrent leur scolarité avec une langue maternelle. Après 3 ou 4 années, ils basculent vers une deuxième langue. C’est le cas du Bénin qui compte une quarantaine de dialectes», rappelle Kamel Braham, coordonnateur du programme de la Banque mondiale pour l’éducation, la santé et la protection sociale dans les pays du Maghreb. «Au Maroc, accueillir les enfants au préscolaire avec la darija ou l’amazigh avant de passer à l’arabe et le français, ne devrait pas poser de problème. Le plus important c’est que les enfants apprennent une langue durant les premières années de leur scolarité et qu’ils la maîtrisent. Il est regrettable de constater que la question puisse parfois être située à un niveau politique, alors qu’il s’agit d’un débat de techniciens et de pédagogues», poursuit-il.
Le modèle d’enseignement des langues doit changer. Une étude réalisée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) dans la région de Doukkala-Abda en 2012 avait révélé des résultats alarmants. En matière de compréhension écrite d’un texte en arabe classique, plus du tiers (36%) des élèves de 2e année du primaire et près du quart (23%) de ceux de 3e année n’y ont rien compris.

Ahlam NAZIH

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