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    Stratégie/Internet
    Ultra-connecté? Attention, danger!

    Par L'Economiste | Edition N°:4434 Le 06/01/2015 | Partager

    Vous êtes sur Facebook, Twitter, LinkedIn, Viadeo, Whatsapp, Viber, Instagram…

    Abdellatif Salhi, psychothérapeute, professeur de psychologie du travail à l’université de Barcelone: «L’homme orchestre capable de se concentrer sur une multitude de tâches à la fois n’existe pas! La loi qui régit notre cerveau est celle du tout ou du rien»

    vous êtes connecté 18h/24, pratiquement joignable à toute heure et par plusieurs canaux à la fois, y compris via appels téléphoniques, SMS et e-mails! Cela vous permet d’être en relation constante avec vos collaborateurs, clients, connaissances et proches, d’être hyper réactif, ultra informé et «IN». Fier de vous? Attention, vous ne vous rendez peut-être pas compte, mais vous vous exposez à de gros risques.
    Eh oui, être tout le temps en mode «actif» sur la toile vous empêche de lâcher prise, de décrocher de votre travail et d’accorder du repos à votre cerveau. In fine cela augmente votre stress et vous fait sombrer vers une vraie fatigue mentale. Petit à petit vous vous sentirez épuisé et vous commencerez à sentir un mal «diffus». «L’utilisation de tous ces gadgets augmente la vulnérabilité des individus vis-à-vis du burn out et aggrave leur instabilité émotionnelle. Ils deviennent  plus nerveux et plus sensibles», prévient Abdellatif Salhi, psychothérapeute, professeur de psychologie du travail à l’université de Barcelone.
    Côté efficacité, cela n’est pas bon non plus. D’abord, votre processus décisionnel s’en trouve biaisé, puisque les décisions sont souvent prises de manière hâtive. Par ailleurs, à moins que vous ne soyez un surhomme, il est prouvé de manière scientifique que le «multitâche» est contre-productif. Il vous permet peut-être de gagner du temps, mais vous fait perdre, à coup sûr, en efficacité. «L’homme orchestre capable de se concentrer sur une multitude de tâches à la fois n’existe pas! La loi qui régit notre cerveau est celle du tout ou du rien. Autrement, votre attention est éparpillée entre plusieurs actions, et au final, vous n’en réussissez aucune», explique Salhi. Selon le psychothérapeute, mieux vaut prévenir que guérir. L’usage des nouveaux moyens de communication doit être limité aux cas extrêmes. Rien ne vaut le contact humain, toujours plus enrichissant. Vous paraîtrez probablement un peu «old school», mais vous préserverez votre psychique. D’autant plus que d’autres problèmes peuvent se poser, à leur tête, le «Hiki Komori», c’est-à-dire l’isolement social.
    Les personnes sensibles, manquant de sécurité de base, peuvent se confiner dans leur bulle virtuelle, car c’est là qu’elles peuvent s’affirmer sans difficulté. D’autres développeront une addiction à internet et aux réseaux sociaux. Dans les deux cas, la vie sociale réelle en prend un coup.

     

    ■ Et si votre patron vous invitait sur Facebook?

    Ali Serhani, consultant associé au cabinet Gesper Services

    En personne ultra-connectée, vous êtes chaque soir devant votre écran en train de consulter Facebook, et soudain, vous recevez une invitation de… votre patron! Les idées se bousculent dans votre tête: Mon patron a-t-il de la sympathie pour moi? Souhaite-t-il disposer d’un moyen d’être en contact permanent avec ses collaborateurs? Ou biencherche-t-il à les surveiller? Que faire?… Est-il possible de décliner son invitation sans que cela ne soit mal pris?
    Pas de panique, dans l’absolu, vous n’êtes pas obligé de le rajouter à votre liste, qui reste du domaine privé, et il n’a pas à se sentir vexé. Mais attention, gardez-vous bien d’en parler avec lui ou d’aller le raconter partout. «Il n’y a cependant pas de mal à accepter l’invitation, cela peut même représenter un garde-fou vous obligeant à vous tenir droit sur les réseaux sociaux», pense Ali Serhani, consultant associé au cabinet Gesper Services. Selon l’expert RH, se connecter avec des contacts professionnels sur Facebook ne pose pas de problème, à condition de bien filtrer ce que vous y publiez. Certaines règles sont à observer. «Ne révélez jamais votre état d’esprit», conseille Serhani. En postant des avis sur différents sujets vous offrez à vos contacts (parmi lesquels des recruteurs potentiels pourraient se cacher) la possibilité de déceler des facettes de votre personnalité. Cela pourrait éventuellement nuire à votre image.
    Contrôlez aussi vos paramètres de confidentialité. Ne permettez pas, par exemple, à vos contacts de vous tagger, de vous identifier sur des photos ou de vous rajouter dans des groupes. Et pour finir, ne partagez pas de photos dévoilant votre vie privée.

    ■ Surveillez vos propos sur les réseaux sociaux!

    Rachid Diouri, avocat au barreau de Casablanca

    Les réseaux sociaux ne sont pas des espaces de totale liberté. Ce que vous y dites peut être utilisé contre vous. «Il n’y a pas à ce jour de législation spécifique, mais les réseaux sociaux s’apparentent à des médias publics», précise Rachid Diouri, avocat au barreau de Casablanca.  Par conséquent, toute diffamation, violation du secret professionnel ou de l’obligation de discrétion (vis-à-vis des collègues ou managers) sur ces espaces peut servir de base à des poursuites ou à des sanctions de l’employeur.
    Si jamais vous mentionnez le nom de la structure qui vous emploie ainsi que le poste que vous occupez sur votre profil, vos propos peuvent-ils engager la responsabilité de votre entreprise? «Il n’est pas interdit de divulguer le nom de la société ainsi que la fonction exercée. Cela n’engage aucunement la responsabilité juridique de cette société», rassure Diouri. Il suffit donc d’être prudent et d’éviter soigneusement d’évoquer ses activités. Certaines personnes (notamment détenant des postes sensibles)  précisent sur leur profil que leur compte et tout ce qu’il contient ne représente en aucun cas l’entité qui les emploie. Ce n’est pas obligatoire, mais le juriste le conseille tout de même. 
    En cas de piratage de votre compte, avertissez tout de suite la communauté web afin de vous dédouaner de toute responsabilité.

     

     Ahlam NAZIH

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