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    Société

    Forum mondial des droits de l’Homme
    Scène ouverte à tous les droits humains

    Par L'Economiste | Edition N°:4410 Le 01/12/2014 | Partager
    Annonces, débats, polémiques, reconnaissances…
    Le forum décliné en thématiques
    Et en animations festives

    Où ailleurs pouvons-nous voir une femme soulalyate défendre sa cause, aux côtés de l’ancien chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero? “Nous ne revendiquons rien d’étrange, juste notre droit !” Naima Ammar, porte voix de ces femmes marocaines spoliées de leurs terres, a été très applaudie, profitant de cette exceptionnelle tribune, hommes et femmes à la fois, qui, dans un stand-up, s’est alliée à son combat. Un moment fort de ce 2ème Forum mondial des droits de l’Homme, qui s’est tenu à Marrakech du 27 au 30 novembre 2014. Peu découragées par les intempéries, de nombreuses voix se sont élevées, revendiquant chacune leur identité et le respect de leur différence, avec comme enjeu, celui d’être écoutées. Un panorama complet, découpé en thématiques, de l’ensemble des droits humains.

    - Les professionnels de la santé face à la torture    
    “La torture est une véritable transformation de l’être”
    Apprendre la prise en charge de ces victimes n’est pas abordé dans le cursus d’un médecin. “Cette expérience sur le terrain nous plonge dans l’horreur”. C’est ainsi que des professionnels de la santé témoignent des longues consultations nécessaires à chaque victime. Pour autant, on ne guérit jamais de la torture, dont les séquelles psychologiques sont les plus difficiles à traiter. “Chaque victime est une histoire”. La palette des troubles consécutifs à la torture est infinie. Problématique soulevée et sans réponse : le médecin, qui est pourtant le témoin privilégié de la torture, est ligoté par le secret professionnel. Les pistes à suivre pour des pays comme le Maroc et la Tunisie : rendre l’expertise médicale obligatoire et non plus facultative, exiger la présence de l’avocat dès la première heure de détention et détacher les médecins des prisons de l’administration pénitentiaire.

    - Les mécanismes de lutte contre la violence de genre
    “Refuser les politiques symboliques, qui visent plus la communication que l’action”
    Les revendications des femmes marocaines, débutées publiquement dans les années 50, n’ont trouvé de réponses qu’en 2004. Les grandes mesures du pays, comme la Constitution de 2011, tentent de mettre fin au tabou de la violence dans une société patriarcale. “Mais la réalité n’est pas satisfaisante”. Des lois de genre sont attendues, incluant le viol ou la violence à l’encontre des femmes isolées. Une femme violée par son mari n’a par exemple aucune réponse immédiate concrète. Cette question a été abordée par des femmes venues d’Algérie, du Danemark, de France, d’Espagne, qui sont toutes d’accord pour dire que la collecte de données et statistiques permet la prise de conscience et motive l’adoption de politiques efficaces. Très applaudie, la démonstration que les mots “droits de l’Homme” rendent eux mêmes les femmes invisibles. “Car la langue véhicule la pensée”.

    - La liberté de conscience
    “Pas de créativité sans liberté”
    Compositeurs, poètes, professeurs, sociologues ou activistes, l’idée défendue était la même pour tous : l’ennemi de l’artiste est la contrainte imposée. Quelles soient politiques, religieuses ou sociales, toutes ces autorités imposent leurs dictas à la conscience personnelle jusqu’à la museler. “Dégagez vos mains de nos gorges” était leur slogan. Car l’objectif du poète, du créateur est l’amour. “Tant qu’il y aura des amoureux, il y aura de l’espoir”. Les artistes ont la responsabilité de rendre les peuples heureux et de leur apporter des espaces de contemplation de toutes les beautés du monde. Cette session a créé la polémique pendant les débats. Des échanges musclés se sont poursuivis à l’extérieur de la salle provoqués par les militants du Mouvement unicité et réforme (MUR).             

    En marge de l’événement, de la culture engagée avec en vedette deux expositions, l’une dédiée aux réfugiés palestiniens, l’autre baptisée “Insoumission” proposée par 27 artistes plasticiens autour du peintre Mahi Binebine. Mais aussi, des soirées hommage aux militants, des animations entre performance, théâtre et musique, un carnaval dans les grandes artères de la ville et bien sûr la ronde des manifestations, composaient un programme haut en couleurs. Malgré quelques ratages principalement dans l’organisation des hébergements, ce 2e forum mondial des droits de l’Homme est une vraie réussite et une porte ouverte sur les engagements post 2015.

    Les principaux engagements du Maroc

    LE Message Royal adressé aux participants du forum a été lu par le ministre de la Justice, Mustafa Ramid. Un discours, qui était à lui seul un événement, démontrant la volonté du pays de poursuivre ses engagements en faveur de tous les droits humains. 
    - Dépôt des instruments de ratification du protocole facultatif de la Convention internationale contre la torture et autres traitements inhumains, cruels ou dégradants, en vue de la mise en place dans les prochains mois d’un mécanisme national de prévention
    - Débat engagé autour de la peine de mort
    - Ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant et des deux protocoles facultatifs à cette Convention, concernant respectivement l’implication d’enfants dans les conflits armés et la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants
    - Loi en discussion au Parlement sur le travail domestique qui concerne principalement les jeunes filles
    - Loi en préparation sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes
    - Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, organe constitutionnel, prochainement installé.

    Stéphanie JACOB

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