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    Economie

    Renseignement financier
    Des indices pour détecter les malfrats

    Par L'Economiste | Edition N°:4339 Le 15/08/2014 | Partager
    «Un catalogue» d’opérations en guise de guide
    Fausse identité, escroquerie, fonds inconnus, profil douteux…

    L’Unité de traitement du renseignement financier (UTRF) traque le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les déclarations de soupçon reçues entre 2010 et 2013 ont donné lieu à 25 affaires judiciaires

    Dès qu’une déclaration de soupçon émane d’une banque notamment, l’Unité de traitement du renseignement financier (UTRF) passe à l’attaque (voir p. 12). La loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme lui accorde le droit de saisir le procureur du Roi près du tribunal de 1re instance de Rabat. L’intervention du parquet est requise lorsque les informations recueillies «mettent en évidence des faits susceptibles de constituer une infraction…». 
    De 2011 à 2013,  l’Unité que préside Hassan Alaoui Abdellaoui a transmis 25 affaires au parquet. Il y a eu deux années judiciairement «blanches». Et pour cause, 2009 coïncide avec la création de l’UTRF. L’année d’après pourtant, 70 signalements sont formulés uniquement par les banques et les sociétés de transfert de fonds.
    Globalement, l’Unité se doit d’être informée par les personnes assujetties (établissements de crédit, compagnies financières, casinos, assureurs, promoteurs immobiliers…), les partenaires internationaux et nationaux (Douane, Office des changes…).
    En 2013, les enquêteurs ont pu dresser le schéma de plusieurs opérations, que le milieu qualifie de «typologie». Il y a d’abord le recours à de faux documents d’identité en vue de retirer des mandats internationaux. L’escroquerie, le faux et usage de faux existent aussi. Dans le cas d’espèce, il est question d’utilisation de cartes prépayées pour la collecte de l’argent. L’on relève aussi le blanchiment de l’argent provenant de trafic de cigarettes ou de stupéfiants. Et que les gros trafiquants tentent d’introduire dans le système financier. Le recours à des hommes de paille sert également à dribbler la loi. L’UTRF relève ainsi le cas d’une personne au «profil financier douteux» et qui a  «utilisé des prête-noms».
    Qu’est-ce qui met la puce à l’oreille? A part le profil de la personne à qui par exemple un banquier a affaire, les techniques employées peuvent nourrir les soupçons: origine douteuse des fonds, manipulation de montants importants en liquide ou en devises…
    C’est le cas lorsque «plusieurs corridors et sociétés de transfert de fonds son utilisés pour les retraits ou les envois de capitaux». Parallèlement, le donneur d’ordre ou le bénéficiaire «n’a ni activité commerciale déclarée, ni compte bancaire»! Même «la désignation finale des fonds reçus est inconnue». Dans le cas des escroqueries par internet, l’argent est reçu à travers les recharges effectuées sur les cartes prépayées. Avec aussi de gros débits à quelques jours d’intervalle. Méfiez-vous des annonces publiées sur le Net où les escrocs recourent à des noms fictifs.
    Le parquet peut décider au cours de l’enquête le gel temporaire des fonds, leur mise sous contrôle… La loi lui impose de «notifier à l’Unité les décisions définitivement prononcées», allusion au verdict final. Son rapport d’activité 2013 n’en fait aucune mention. Regrettable!  Le rajout des décisions de justice s’impose. Il permettra de nous renseigner sur le degré de réactivité de la justice, sur la manière avec laquelle les juges s’approprient la traque de  l’argent sale et sur l’orientation générale de la jurisprudence.
    Faiçal FAQUIHI

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