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    Logistique
    Pourquoi l’externalisation n’accroche pas

    Par L'Economiste | Edition N°:4272 Le 09/05/2014 | Partager
    90% des usagers se recrutent parmi les multinationales
    Les entrepôts encombrent les centre-villes
    Les pouvoirs publics devraient légiférer

    A Casablanca, le quartier commercial Derb Omar, qui s’étale sur 50 ha, compte environ 60.000 m2 de surface de stockage. Ce qui est à l’origine de fortes nuisances.

    L’offre logistique est là, mais les clients ne se bousculent pas. Public et privé ont investi plusieurs centaines de millions de dirhams dans la construction de plateformes logistiques aux normes internationales. Les dépôts n’affichent toujours pas encore complet. Loin s’en faut. 90% de la clientèle est représentée par les multinationales car elles ont saisi l’intérêt d’externaliser tout ou partie de leur supply chain pour se concentrer sur leur cœur de métier.
    Pourquoi les entreprises nationales rechignent-elles toujours à se démettre de cette fonction très prenante et surtout très coûteuse? «Les freins et les dysfonctionnements sont nombreux. La structure atomisée du tissu économique national empêche l’émergence d’une demande d’une taille critique en prestations logistiques. Il est difficile de trouver une offre moderne qui se prête à l’externalisation. Il faut également se rendre à l’évidence. Le poids de l’informel et des pratiques anticoncurrentielles en matière de stockage, de transport et de main-d’œuvre empêche l’externalisation de la logistique», analyse Noureddine Dib, directeur des opérations et de la chaîne logistique à l’Agence marocaine pour le développement de la logistique.

    Une demande peu mature

    Confier la fonction logistique à un professionnel n’est pas toujours la solution idoine. «Il faut toujours comparer les deux scénarios avant d’externaliser. Si la logistique est très mal organisée chez un opérateur, cela équivaudra seulement à déplacer les problèmes chez un partenaire externe. L’on ne peut donc externaliser qu’une logistique qui marche», précise Mohamed El Hichou, directeur de la distribution au sein de North Africa Bottling Company (Coca Cola). Et d’ajouter que le marché de l’externalisation est encore très peu mature malgré l’existence d’une offre logistique performante.

    Malgré la diversité de l’offre, les entreprise continuent de stocker leurs marchandises dans des dépôts au

    L’offre logistique commence à se développer. Privé et public ont investi dans la construction de plateformes directement connectées au réseau autoroutier, ferroviaire et portuaire. Mais la demande reste timide.

    centre-ville. Le phénomène est généralisé à tous les pôles urbains. Bien qu’ils manipulent de gros volumes, la majorité des entreprises préfèrent toujours gérer directement leurs entrepôts, qui ne répondent à aucune norme. L’externalisation de la logistique a un effet structurant en termes de transparence. Ce qui décourage les opérateurs économiques, rompus à la sous-facturation, à la pratique du noir et autres pratiques déloyales telles que la triche sur l’emballage, le poids, etc. «Même des multinationales n’hésitent pas à recourir à l’informel et accepter le cash au-delà des montants prévus par la loi», accuse un logisticien. L’externalisation de la logistique touche des fonctions aussi variées que la facturation, la comptabilité, la gestion de stock ou la livraison. Elle instaure de facto de la transparence dans l’entreprise. L’argument des gains financiers n’est pas toujours convaincant. «Lorsque nous essayons de convaincre un client potentiel sur la possibilité de faire des économies de 15%, il vous rétorque qu’il peut gagner à lui seul 40% sans recourir aux services d’un logisticien», signale Laurent Majerus, directeur développement et supply chain chez Ipsen Logistics.
    Outre la prévalence de l’informel, la spéculation explique également les résistances au changement. Certains opérateurs préfèrent construire leurs propres entrepôts en ville en guise de placement à long terme. Ces dépôts sont maintenant devenus encombrants et source de nuisances. Pour la seule ville de Casablanca, par exemple, le parc automobile a été multiplié par quatre entre 2000 et 2010, passant de 300.000 unités à 1,2 million. D’où l’urgence d’adopter une réglementation interdisant l’exploitation d’entrepôts ainsi que la circulation de poids lourds au centre-ville. Le conseil de la ville compte adopter un arrêté municipal dans ce sens. Selon nos informations, l’idée est de n’autoriser la circulation des poids lourds que la nuit. Ce qui équivaut à déplacer les nuisances du jour à la nuit.
    En attendant, les pouvoirs publics pourraient déjà commencer par interdire les dépôts dans les quartiers résidentiels via des décisions réglementaires. Les incitations fiscales proposées par certaines logisticiens ne seront pas suffisantes.
    L’AMDL compte lancer dès cette année des ateliers de sensibilisation. Les experts de l’agence tenteront de convaincre les opérateurs économiques sur les avantages de l’externalisation de la logistique, notamment en faisant la promotion des success stories. L’une des pistes proposées par l’AMDL pour atteindre la taille critique réside dans l’agrégation de la demande. Cela passerait par la constitution de groupements d’intérêt économique ou de coopératives. Un programme d’appui financier sera d’ailleurs bientôt lancé par l’Anpme pour les entreprises qui souhaitent externaliser leur logistique.
    Les appels d’offres pourraient également constituer une piste pour encourager l’externalisation de la logistique. Une disposition pourrait être intégrée dans les cahiers des prescriptions spéciales des marchés publics. L’institution de normes obligatoires et de label. Les donneurs d’ordre devront ne traiter qu’avec des entreprises labellisées.
    Les pouvoirs publics pourraient également donner l’exemple. Le ministère de la Santé devrait être le premier département à sauter le pas en externalisant le stockage des médicaments. La gestion archaïque de l’entrepôt des médicaments de Berrechid lui a coûté en équivalent de produits périmés des centaines de millions de dirhams. Il doit maintenant trouver un budget pour détruire 200 tonnes de médicaments périmés.

    1re Bourse logistique

    L’autre facteur expliquant le peu d’entrain à externaliser la logistique concerne l’absence de visibilité du secteur. Pour l’heure, il n’existe pas de chiffres exhaustifs sur l’activité, ni la gamme des prestations offertes ni les tarifs. Il est donc impossible pour le moment d’évaluer l’état d’avancement de la stratégie logistique. Une mission qui devrait être remplie par l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique qui vient d’être mis en place. Un opérateur profite du créneau pour lancer la première Bourse logistique. Dans une première étape, les promoteurs de cette plateforme électronique ambitionnent de mettre en relation les clients avec les prestataires de logistique à travers l’ensemble du territoire. Les internautes sont dirigés vers les sites internet d’une vingtaine d’entreprises de logistique structurées. Dans une deuxième phase, la Bourse logistique devrait intégrer également les prestataires de transport.

    Hassan EL ARIF

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