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    Surprésentéisme: Attention au burn out!

    Par L'Economiste | Edition N°:4269 Le 06/05/2014 | Partager
    Le phénomène provoqué par la pression managériale et la solidarité entre collègues
    La catégorie des freelances particulièrement touchée
    Des conséquences néfastes sur la santé des salariés

    Le surprésentéisme touche de plus en plus de salariés qui évitent de s’absenter par peur de perdre leur emploi ou de créer des tensions avec leurs collègues. Pour lutter contre ce phénomène grandissant, les managers poussent les personnes concernées à rentrer chez eux se reposer au lieu de travailler en mauvaise forme.

    Suite à une crise économique qui semble s’éterniser, un nouveau phénomène méconnu fait son apparition: le surprésentéisme qui consiste à travailler malgré la maladie. En effet, entre rester chez soi pour se soigner et se rendre au bureau, de plus en plus de salariés optent pour la seconde solution  par peur du regard de leurs collègues ou de se voir refuser une prolongation de contrat ou encore une promotion. Une habitude qui peut avoir de sérieuses retombées sur l’entreprise mais également sur la santé des travailleurs.
    Plusieurs facteurs justifient un tel comportement. Tout d’abord, les salariés surprésentéistes craignent de nuire à l’activité de leur équipe et évitent de s’absenter par solidarité envers leurs collègues, redoutant en fait que leur charge de travail ne retombe sur ces derniers et que cela crée des tensions et amène à leur exclusion du groupe. Ensuite, nombre d’entre eux sont réticents à prendre des congés de maladie parce qu’ils sont soumis à d’importantes pressions managériales ou souhaitent impressionner leurs collègues ou leur supérieur. «Certaines personnes sont prisonnières de leur image dans l’entreprise et notamment auprès du patron. Aussi, prendre un arrêt maladie peut être perçu comme un signe de faiblesse. Il est alors préférable de se montrer fort et de venir travailler même en étant malade pour donner l’exemple», confie ainsi Nezha Hami Eddine Mazili, consultante coach au sein du cabinet Cap RH. Autres causes justifiant une telle attitude, la peur de perdre son emploi ou encore de voir son chiffre d’affaires reculer… Le phénomène touche également les dirigeants d’entreprises voulant à tout prix donner l’exemple devant leurs subordonnés. La catégorie des freelance est aussi concernée puisque ces derniers travaillent par projets. «Les freelances sont directement touchés par le surprésentéisme. En effet, ils doivent remettre leur travail à une date précise et doivent respecter le deadline à tout prix, et cela même sous la contrainte de la maladie», affirme dans ce sens  Nezha Hami Eddine Mazili. D’autre part, l’on constate que plus la structure est de petite taille, plus les salariés sont poussés à travailler.
    Le surprésentéisme peut avoir des conséquences néfastes chez le salarié, qui risque de mettre sa santé en danger. Les individus concernés peuvent par la suite tomber en dépression, atteindre un stade de «burn out» (syndrome d’épuisement professionnel), voire même développer des maladies cardiaques pouvant leur être fatal. «Une maladie est un signal que nous transmet notre corps pour attirer l’attention sur un déséquilibre à prendre en charge. Et parfois, cette prise en charge nécessite le repos. Or, quand le salarié ignore ce signal, il met sa santé en péril», affirme Nezha Hami Eddine Mazili. «Des études ont montré que les personnes atteintes de problèmes cardiaques ont deux fois plus de risques d’être victimes d’une attaque dans les trois ans si elles n’ont pas recours à des arrêts maladie», ajoute-t-elle. Enfin, les salariés surprésentéistes peuvent devenir rapidement irritables, ce qui peut créer des tensions et envenimer les relations au sein des équipes.  Pour lutter contre ce phénomène grandissant, certains managers encouragent les salariés à rentrer chez eux afin de se reposer au lieu de rester travailler en mauvaise forme. Mais beaucoup de patrons d’entreprises ne détectent pas encore le problème. Ceux qui sont conscients, craignent d’en parler et d’augmenter sensiblement l’absentéisme.

    Des retombées sur la productivité!

    Une dégradation de l’état de santé des salariés peut engendrer de sérieuses retombées sur l’entreprise. Le phénomène peut retarder la productivité des travailleurs et détériorer la qualité de leur travail. Les personnes malades peuvent en effet commettre des erreurs d’inattention plus fréquentes et entraîner des accidents du travail. «Lorsqu’une personne travaille tout en étant malade, elle est purement et simplement moins performante. Ses facultés intellectuelles et physiques sont réduites. Elle prendra plus de temps pour réaliser une tâche donnée avec en prime des risques d’erreurs et d’omissions élevés», explique ainsi la consultante Nezha Hami Eddine Mazili. 

    Karim AGOUMI

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