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    Economie

    Destruction massive d’emplois dans l’industrie

    Par L'Economiste | Edition N°:4269 Le 06/05/2014 | Partager
    45.000 postes perdus au premier trimestre
    114.000 chômeurs de plus
    Le taux de chômage se stitue à 10,2%

    Le chômage reste un phénomène urbain. Près de 60% des chômeurs sont à la recherche d’un emploi depuis plus d’un an.

    Source: HCP

    Comme nous l’annoncions dans notre édition du 5 mai, tous les secteurs ne réagissent pas de la même manière à la conjoncture.
    Les chiffres de l’emploi sont en tout cas mauvais et devraient pousser le gouvernement à retrousser ses manches et se mettre au travail sur des solutions urgentes. Sinon, l’on voit mal comment il  parviendra à ramener le taux de chômage à 8% en 2016 comme prévu dans la déclaration gouvernementale.
    Au premier trimestre, le nombre de chômeurs a augmenté de 114.000 personnes: 74.000 en milieu urbain et 40.000 dans les campagnes. Des chiffres qui portent le nombre de demandeurs d’emploi à 1,19 million de personnes. 
    Le taux de chômage s’est établi à 10,2% contre 9,4% au cours de la même période que l’année dernière.
    Etant surtout un phénomène urbain, le chômage dans les villes a grimpé de 0,9 point passant à 14,6%. Il a pris  0,7 point dans le rural  s’établissant à 5,1%.
    Les plus touchés restent les jeunes âgés de 15 à 24 ans et les diplômés: 20,2% pour les premiers et 17,5% pour les seconds.
    Par catégorie, le chômage des diplômés de  niveau supérieur est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les lauréats des facultés en particulier sont à un taux de 23,3%. Ceux de niveau moyen sont à un taux de chômage de 16,1% contre 20,9% pour les personnes qui détiennent une qualification professionnelle.
    Le Haut commissariat au plan, qui essuie les critiques à chaque publication de statistiques qui remettent en cause la politique du gouvernement, explique que «le chômage à 29% est le fait de licenciements ou de mises à l’arrêt de l’activité des établissements employeurs». Des arrêts dus en partie aux retards de paiement de l’Etat. La montée du chômage s’explique aussi par le recours massif aux importations pour couvrir la demande. Ce qui se traduit par la perte d’emploi au profit de l’extérieur.
    Une analyse du comportement des secteurs au cours de ce premier trimestre relève que les licenciements ou pertes d’emploi se poursuivent massivement dans l’industrie (voir infographie): 45.000 postes. Au cours des dernières années, l’industrie y compris l’artisanat créait en moyenne 29.000 emplois.
    Ces pertes ont été surtout enregistrées dans le textile (28.000 emplois), le «travail du bois et fabrication d’articles en bois» (27.000 postes) et l’industrie de l’habillement et des fourrures avec la suppression de 19.000 postes de travail.
    Ces chiffres confortent les statistiques de l’Office des changes qui montrent que la quasi-stagnation de l’export du textile cache des vulnérabilités au niveau des branches «vêtements de confection» et «les articles de bonneterie». Et la récente hausse du Smig pourrait compliquer la donne. Les opérateurs craignent une perte des commandes qui pourrait se traduire par des fermetures et des licenciements. 
    Dans le BTP, les pronostics du président de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics se confirment. L’emploi dans ce secteur poursuit sa tendance baissière entamée depuis deux ans: 12.000 emplois en moins sur un trimestre. En 2013, le BTP a perdu 56.000 postes contre 42.000 en 2012. Le faste des années précédentes est révolu dans cette activité. «Dans les travaux publics, il n’y a pas de nouveaux grands projets», avait souligné Bouchaib Benhamida, président de la FNBTP (voir aussi L’Economiste n° 4268 du 5/5/2014).
    Au cours de ce premier trimestre, les créations d’emplois émanent des services et de l’agriculture. Le premier a généré 93.000 postes représentant 2,3% du volume d’emploi du secteur. Les branches qui y ont contribué sont le «commerce de détail et réparation d’articles domestiques» avec 73.000 postes et les «services fournis principalement aux entreprises» avec 28.000 postes. Or ces branches sont connues pour être le fief de l’informel et du travail précaire.
    Le deuxième secteur, l’agriculture, forêts et pêche, a créé 53.000 nouveaux postes. Ce qui correspond à un accroissement de 1,4% du volume d’emploi du secteur. Sur la  période 2011-2013, une perte annuelle moyenne de 106.000 postes a été enregistrée par ce secteur.

    Khadija MASMOUDI

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