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Les Cahiers de l'Émergence

Marchés de gros: Qui bloque le projet?

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager
La distribution des fruits et légumes, cette étrange exclusivité
Producteurs et consommateurs trinquent

LES marchés de gros restent le talon d’Achille du plan Maroc Vert. Annoncée à plusieurs reprises, la réforme tarde à voir le jour. A qui profite le statu quo? Ce maillon de la distribution relève de deux départements ministériels : l’Intérieur, l’Industrie et le Commerce. Bien que directement concerné, le ministère de l’Agriculture n’a pas voix au chapitre dans la distribution des fruits et légumes. Ce qui est aberrant. Le rattachement au ministère de l’Intérieur est à l’origine de la situation anachronique dans laquelle se trouvent les marchés de gros. Un état de fait qui n’est pas sans rappeler la situation du transport urbain via les autobus et les taxis ou encore les abattoirs. Autant de secteurs sur lesquels le département de l’Intérieur est omniprésent. Parfois, directement et souvent à travers les collectivités locales.
«Dans leur configuration actuelle,  les marchés de gros ont toujours posé problème dans la commercialisation des fruits et légumes, principalement pour les agrumes», affirme Ahmed Derrab, secrétaire général de l’Aspam. Le premier problème est d’ordre réglementaire. En effet, de par la loi, les fruits et légumes doivent obligatoirement transiter par ces marchés. Ce qui constitue en soi une situation de blocage. Des tentatives ont déjà eu lieu pour court-circuiter ces relais et approvisionner directement les grandes surfaces, mais elles ont vite été avortées par l’Intérieur qui s’accroche à ses prérogatives. Le passage obligatoire par ces plateformes génère beaucoup de désagréments aux agriculteurs.
L’étude réalisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce dans le cadre du plan Rawaj indique que la couverture du réseau de marchés de gros n’est pas optimale. En effet, les zones de production des fruits et légumes ne sont pas entièrement couvertes tandis que des régions isolées en sont dépourvues.
Les marchés de gros se caractérisent par un modèle de gestion hérité d’une réglementation dépassée et inadaptée. Ce qui est pénalisant aussi bien pour l’attractivité que pour le bon fonctionnement des marchés. Par ailleurs, les marchés  de gros sont un fief de la sous-déclaration aussi bien en quantité qu’en valeur.
La situation peut être plus pénalisante pour certaines filières. C’est le cas, par exemple, des agrumiculteurs. «Nous  produisons plusieurs centaines de milliers d’agrumes. Or, les marchés de gros ne sont pas dimensionnés pour traiter  des volumes aussi importants. Dans le même temps, la loi impose le passage par les marchés de gros», précise Derrab.
L’étude réalisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, dans le cadre de la stratégie Rawaj, en a révélé d’autres. (Voir article en pages XVIII & XIX) Les producteurs agricoles souhaitent prendre en charge leur propre distribution. Le scénario proposé consisterait à créer des plateformes communes de commercialisation.
Ce qui pourrait se décliner à travers des consortiums, des coopératives ou des groupements. L’objectif étant de contourner la multiplicité des intermédiaires et d’approvisionner directement les points de vente. Un dispositif qui  permettra d’améliorer les revenus des producteurs.
Car dans le schéma actuel, le kilo d’oranges, par exemple, est vendu par le producteur entre 1,50 dirham et 1,80 dirham pour arriver chez le consommateur final à 6 dirhams et parfois plus.

Une taxe sans valeur ajoutée !

L’autre aberration dénoncée par les producteurs de fruits et légumes concerne le paiement d’une taxe de 7% de la valeur  du produit commercialisé. Or, cette redevance ne correspond à aucun service rendu. «Dans les pays avancés, les  producteurs reçoivent en contrepartie de cette taxe des services variés tels que des entrepôts frigorifiques, la sécurité, l’hygiène, une station de conditionnement…», explique un producteur. Or, les marchés de gros nationaux n’offrent  même pas un minimum de salubrité ou de sécurité. En cas de pluie, les produits sont souillés. Ce qui les rend peu attractifs. De plus, les agressions et les vols à la tire y sont fréquents. Par ailleurs, la taxe à laquelle sont soumis les  producteurs est considérée comme étant une «injustice sociale». En effet, les produits agricoles viennent de la campagne. En versant une taxe, qui sera reversée aux communes urbaines, le monde rural contribue à renflouer le budget des villes où se trouvent les marchés de gros. Or, c’est bien la campagne qui a besoin de ces fonds pour construire des infrastructures de base telles que des routes rurales et des pistes.

Hassan EL ARIF

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