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Les Cahiers de l'Émergence

Maroc Vert otage de la distribution

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager
Urgence de la réforme des marchés de gros, des céréales et des bestiaux
Une loi-cadre pour pérenniser la stratégie agricole

Le retard pris dans l’adoption des textes d’application de la loi sur l’agrégation pénalise fortement l’agriculture solidaire.

Ahmed Ouayach : «Le grand défi tient à la réussite d’une politique de valorisation des produits qui passe par la refonte de l’aval agricole»

Il en est de même des textes sur les interprofessions qui doivent prendre le relais de l’Etat en ce qui concerne l’encadrement des agriculteurs. S’ajoute aussi l’adaptation du code du travail aux spécificités de l’activité agricole. Aux yeux du président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement durable, Ahmed Ouayach, ces chantiers sont prioritaires et tout retard se solderait par un manque à gagner considérable, notamment pour la céréaliculture.
- L’Economiste: La stratégie agricole entame sa vitesse de croisière. Mais les professionnels veulent qu’elle soit adossée à une loi-cadre. Pourquoi?
- Ahmed Ouayach: Le plan Maroc Vert s'inscrit dans la durée. Après une première phase nécessaire à la mise en place des instruments, cette stratégie doit entamer sa vitesse de croisière. Les pouvoirs publics ont le devoir d'assurer à ce plan toutes les conditions de réussite et garantir aux investisseurs un environnement sain, stable avec plus de visibilité. Ceci, afin d’assurer plus d'attractivité en termes de fiscalité, de soutien et de paix sociale. Cette loi cadre que nous attendons peut constituer une charte d'orientation de  la politique agricole et rurale. Depuis l'indépendance, cette politique ciblait quatre axes. Il s’agit d’assurer la sécurité alimentaire, de développer l’offre exportable, d’améliorer le revenu de l’agriculteur et de moderniser nos campagnes. Aujourd’hui d’autres axes s’imposent, comme le développement durable, l’habitat rural et le désenclavement du monde rural. Cette loi-cadre est une garantie pour pérenniser la politique agricole quelle que soit l’équipe gouvernementale en place.
- Les textes d’application de la loi sur l’agrégation tardent à sortir. Quelle implication notamment sur la filière des céréales?
- En lançant le plan Maroc Vert les pouvoirs publics sont persuadés que la mise à niveau de  la petite agriculture est le principal indicateur de réussite de cette stratégie. Et l'agrégation est un levier pour améliorer les revenus de cette catégorie qui représente plus de 80% de nos exploitations. Le retard pris dans la promulgation des textes d'application va impacter de manière négative  l’agriculture solidaire. En effet l'agrégateur  est censé apporter à ses agrégés le financement, l'accès à la technologie et la garantie d’achat de leurs produits. La problématique devait monopoliser les débats des Assises de l’agriculture qui ont pour thème «l’agriculture familiale». Cependant, ce vide juridique n’a pas empêché certains secteurs d’adopter le concept. C’est le cas par exemple des filières sucrière et laitière.
Par contre  les  filières céréalière et oléagineuse tardent à prendre le chemin de la modernisation. L'absence de l'agrégation pour ces deux filières n'encourage pas l'investissement dans ces secteurs trop dépendants des aléas climatiques.         
- Le même constat est valable pour les interprofessions. Quel impact sur l’organisation et l’encadrement des filières?

L’agrégation est un levier pour améliorer le revenu des petits agriculteurs qui constituent 80% des exploitants. Or, le retard pris dans l’adoption des textes d’application de la loi sur l’agrégation pénalise avant tout cette catégorie

- Les interprofessions sont appelées à prendre le relais des pouvoirs publics pour les prochaines étapes du plan Maroc Vert. Pour le moment, une quinzaine d’interprofessions sont recensées et dont la majorité manque de moyens humains et matériels. Justement la mise en œuvre de  cette loi et ses textes d'application sera un tournant dans l'histoire de notre agriculture marocaine. Dotées de moyens elles auront pour missions d'organiser et d'assurer l'harmonie et la synergie des différentes composantes de la chaîne de valeur. Ces organisations fortes et représentatives constitueront une force de propositions. Leur feuille de route est déjà tracée: plus d'implication dans la R&D, création et gestion des centres techniques et élaboration des contrats interprofessionnels.
 - Les circuits de commercialisation pénalisent fortement les producteurs. Qui bloque la réforme?
- Pour la nouvelle politique agricole, réussir la valorisation de la  production attendue est l'un des grands défis. Cette valorisation se fera via l’agro-industrie et la refonte des circuits de commercialisation sur le marché local. A ce niveau, un début de réforme a été engagé en 2013 notamment en ce qui concerne la circulation des viandes rouges. Les réticences constatées actuellement interpellent les pouvoirs publics à élargir la concertation pour accélérer le rythme de la réforme. Surtout que celle des marchés de gros est devenue une urgence. Le chantier de la commercialisation des céréales a été engagé par le ministère de l'Agriculture, les mesures ne tarderont pas à voir le jour.

Paix sociale

LA fiscalisation progressive à partir de 2014 impose une accélération de la mise à niveau de l’agriculture pour assurer la compétitivité des produits. «La paix sociale dont a bénéficié le secteur depuis le début de l’indépendance a été un atout pour drainer les investissements», constate Ahmed Ouyach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural. Mais au cours des dernières années, des conflits sociaux, tournant parfois à des grèves sauvages, se sont multipliés dans les principales zones de production. Pour le secteur agricole tout arrêt de travail est porteur de gros dégâts car il s’agit avant tout de produits périssables. Or, les dispositions du code du travail se sont révélées inadaptées aux spécificités du secteur agricole, notamment son caractère saisonnier. D’où l’urgence d’une révision du texte.

Propos recueillis par Aziz GHOUIBI 

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