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Entreprises

Suez Environnement
Valorisation des déchets, un savoir-faire à développer

Par L'Economiste | Edition N°:4257 Le 17/04/2014 | Partager

«Nous considérons le Maroc comme une plateforme d’expertise pour aller vers de nouveaux marchés, notamment en Afrique subsaharienne», indique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement

Invité au Club de L’Economiste, Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, revient sur les performances des filiales de son groupe, notamment dans des secteurs-clés comme l’eau, l’assainissement et la gestion déléguée. Au Maroc, Lydec et Sita El Beida sont plus que jamais sur le devant de la scène face aux transformations de Casablanca et aux exigences des populations. Aujourd’hui, le groupe est présent dans une dizaine de villes marocaines  avec des projets notamment  à Meknès, Tanger et Casablanca.


- L’Economiste: Depuis quelques mois, la question de la gestion de l’eau, de l’assainissement et des déchets est au cœur des débats, notamment depuis les injonctions royales. Il en est de même pour les remarques de la Cour des comptes à l’égard des délégataires. Dans quelle mesure êtes-vous interpellé par ces débats? 
- Jean-Louis Chaussade: On ne peut qu’être interpellé quand le Roi du Maroc parle de Casablanca dans son discours et trace ses nouvelles exigences en termes de développement de la ville, d’accès aux services essentiels que sont l’eau, la propreté et l’assainissement.
Sur Lydec, je pense qu’il faut d’abord regarder la trajectoire de l’entreprise. Nous sommes arrivés en 1997, nous sommes à un peu plus de la moitié de la durée du contrat. Je pense que beaucoup de réalisations sont à mettre à notre compte: la qualité technique a beaucoup progressé, de nombreux ouvrages ont été réalisés, le service à la clientèle a été modernisé avec des engagements précis et respectés... Il reste encore des choses à faire évidemment. Car Casablanca n’est plus la même ville qu’au démarrage du contrat de gestion déléguée il y a 17 ans. La métropole a beaucoup évolué, sa population n’a cessé de croître, sa consommation d’eau et d’électricité aussi… Les besoins ne sont plus les mêmes. En outre, comme dans tous les pays où émergent des classes moyennes, vous avez des envies d’un environnement durable au sens large, raisonnable, supportable. Donc des problèmes se posent au niveau de l’assainissement, nettoyage, éclairage... En 2015/16, des investissements très importants devront  être opérés comme pour la protection contre les inondations, l’assainissement, protection des plages, traitement des déchets… Les investissements de la Lydec ont augmenté de 30% en 2013, alors que globalement les investissement du groupe Suez Environnement ont baissé sur la même année, passant de 1,2 milliard d’euros à près d’un milliard.

- Quel est votre secret de longévité sur le marché  très difficile de la gestion des déchets à Casablanca? Votre filiale a décroché un nouveau contrat de 7 ans …
- Il faudra peut être demander à nos clients. A mon avis, c’est d’abord grâce à la qualité de nos équipes, leur motivation et l’effort d’investissement que nous consentons sur le matériel, la formation, l’exigence de qualité. Nous allons investir dans des véhicules équipés de GPS. Nous allons également redimensionner nos véhicules par rapport à la ville, à l’étroitesse des rues. Nos conteneurs et nos véhicules seront conçus sur mesure. Sur Meknès, nous lançons un centre d’enfouissement conforme aux meilleurs standards existants, avec une décharge qui permettra la valorisation énergétique en produisant du gaz. Aucune décharge ne le fait aujourd’hui au Maroc. Nous travaillons également avec les communautés locales sur le recyclage.

- Justement, ce volet est-il pris en considération dans le nouveau contrat qui lie votre filiale Sita El Beida à la ville de Casablanca?
- Evidemment, nous sommes en train de réfléchir sur la mise en place du tri sélectif. Nous allons travailler sur des sites pilotes pour mettre en place des filières de collecte afin d’entamer ensuite un travail de recyclage et de valorisation.
A Casablanca, nous allons essayer d’utiliser une partie des déchets qui partent à la décharge pour en développer du fioul de substitution, qui sera utilisé dans des cimenteries. Nous travaillons aussi avec l’usine de Renault Tanger en récupérant les chutes de tôles dans les chaînes de montage. Nous avons une entreprise commune qui traite à peu près 1,5 million de tonnes /an pour toutes les usines de Renault. Nous sommes en train d’injecter au Maroc tout notre savoir-faire sur la gestion des déchets, soit sous forme énergétique, soit sous forme de matière première. Cela prendra du temps bien sûr, mais ce processus est déjà amorcé.

- Quel est le niveau de rentabilité de la partie déchets au Maroc?
- Je dirais très faible, car l’activité est encore en phase de démarrage. Mais c’est une activité à laquelle nous croyons beaucoup. Après la France et l’Espagne, le Maroc et la Chine sont  les deux pays où nous avons le plus grand nombre de salariés (8.000 collaborateurs). Nous considérons le Maroc comme une plateforme d’expertise pour aller vers de nouveaux marchés, notamment en Afrique subsaharienne. On veut continuer à cultiver cette expertise locale. Nous serons rentables progressivement sur ce secteur.
Le chiffre d’affaires en année pleine, c’est 62 millions d’euros dans les déchets, soit l’équivalent de 700 millions de DH environ.

- Est-ce que les revendications sur les politiques tarifaires des populations ne heurtent-elles pas les impératifs de rentabilité d’un opérateur privé, comment arriver à concilier ces deux côtés?
- Lydec est un excellent exemple. Pour la structure tarifaire, le choix a toujours relevé de la puissance publique. Ce n’est pas l’opérateur privé qui fixe les tarifs. En  Arabie Saoudite par exemple, l’eau est pratiquement gratuite pour les personnes physiques. Cela n’empêche pas que nous soyons rémunérés pour nos prestations. Nous connectons des gens à bas revenus à l’eau.
Généralement, l’eau courante chez soi coûte infiniment moins cher que si elle est achetée au porteur d’eau, dans des proportions allant de 1 à 10, voire à 100 parfois. Je pense qu’il ne faut pas se tromper de débat, les entreprises privées ramènent leur savoir-faire, leur expertise… elles demandent à être rémunérées pour cela. En aucune manière cela ne doit avoir un impact sur l’accès des populations à l’eau. Ce qui a toujours été chez Suez Environnement un sujet d’extrême vigilance.

 

Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

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