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    «Une assurance de survie!»

    Par L'Economiste | Edition N°:4240 Le 25/03/2014 | Partager

    «J’ai confiance que ce mouvement vers l’éthique est en marche, et souvent sous la pression des nouvelles générations qui n’acceptent plus les dérives»

    L’essentiel de la clientèle de L’Oréal durant la prochaine décennie se situera dans les pays émergents. Des régions où les valeurs d’éthique et de responsabilité sociale s’imposeront avec force. Le groupe aux 30 marques prend les devants dès aujourd’hui en intégrant ces valeurs dans sa stratégie de développement. Pour le DG de l’éthique du groupe, Emmanuel Lulin, l’éthique devient essentielle pour la pérennité des organisations.
    - L’Economiste: En l’absence de contraintes réglementaires, comment convaincre les entreprises d’investir le champ de l’éthique?
    - Emmanuel Lulin: Une bonne culture éthique contribue à assurer la pérennité des organisations, le risque ultime étant qu’une organisation perde le droit d’opérer. C’est ce qui s’est passé pour des géants comme Enron, Arthur Andersen, Lehman Brothers,… qui étaient considérés comme des leaders dans leurs domaines et qui aujourd’hui n’existent plus, malgré la grande intégrité de l’essentiel de leurs salariés.
    - Comment les managers peuvent-ils imposer leur vision face au «diktat» des actionnaires?
    - La plupart du temps, les actionnaires font heureusement confiance au management. Les conseils d’administration, qui représentent les actionnaires, s’intéressent à la démarche éthique et à la culture de l’entreprise car ils ont, à mon sens, conscience que la culture éthique des entreprises est à la fois un gage de pérennité de l’entreprise et de performance à long terme.
    - Il s’agit aussi de faire porter le message à tous les collaborateurs. Comment procéder?
    - La réputation de l’entreprise est un actif essentiel et sa valeur dépend du comportement individuel de ses membres. A L’Oréal, nous sommes plus dans une logique d’adhésion à des valeurs que dans une logique d’obéissance, une logique de confiance et non de défiance. Il faut d’abords dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit. Il faut développer une bonne justice organisationnelle, traiter les réclamations avec sincérité et avec un standard unique, quel que soit le niveau des personnes concernées. Enfin, communiquer, le cas échéant, sur les mesures correctives. L’éthique est l’un des leviers important de l’engagement des collaborateurs et les candidats sont sensibles à juste raison sur la culture des entreprises qu’ils souhaitent rejoindre.
    - L’éthique, a-t-elle un surcoût?
    - Pour vous répondre avec humour, vous pouvez mettre au passif les coûts de fonctionnement de mon activité et à l’actif le bilan des catastrophes évitées. La balance est très favorable. Nous n’avons aucun doute là-dessus, mais tout ce que nous entreprenons est fait dans une logique de conviction. Nous avons commencé à nous engager sur ce terrain à un moment où personne ne nous demandait rien. C’est pour nous une forme d’autorégulation responsable.
    - Quelles seraient les tendances qui se dessineraient les prochaines années?
    - Il y a des thèmes qui prendront plus d’importance. Le premier, c’est évidemment la corruption. Je n’ai pas de doute que tous les pays, sans exception, mettront en oeuvre des réformes. La transparence est aussi un thème qui connaîtra un grand développement. L’un des succédanés de la transparence, c’est la sincérité dans la publicité qui touche toute l’industrie des produits de consommation. La gouvernance aussi, de même que la bonne coordination entre pouvoir et responsabilité, un couple indissociable. La question de savoir s’il y a des principes éthiques universels risque également de se poser. Sans compter la qualité de la justice interne des organisations.


    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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