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    Transport/Formation
    Les objectifs ne seront pas atteints!

    Par L'Economiste | Edition N°:4173 Le 17/12/2013 | Partager
    Impossible de couvrir les 140.000 professionnels ciblés en 2016
    La formation initiale piétine toujours n Un million de personnes à former d’ici 2018

    Même s’il a du mal à former ses compétences, le secteur du transport et de la logistique dispose d’une cartographie bien claire de ses besoins en RH. Le secteur devrait produire, selon la stratégie pour la compétitivité logistique, 61.600 nouveaux postes dans 19 spécialités d’ici 2015, et 173.700 à l’horizon 2030

    EN matière de transport, la formation n’est pas uniquement un outil complémentaire de perfectionnement des ressources humaines. C’est aussi une condition sine qua non pour pouvoir exercer. Les conducteurs professionnels sont, en effet, tenus, depuis l’entrée en vigueur du nouveau code de la route (le 1er octobre 2010), de suivre une formation de qualification initiale au bout de laquelle ils reçoivent leur carte d’activité. Quelque 140 heures sont nécessaires pour le transport de marchandises et 210 heures pour celui des voyageurs. Une fois dans le secteur, les conducteurs sont soumis à des formations continues tous les 5 ans (3 jours pour le transport de marchandises et 5 jours pour celui des voyageurs). Sauf que jusqu’à aujourd’hui, il n’y a que très peu d’avancées dans le domaine. La formation initiale n’a tout simplement pas encore démarré. Selon certains professionnels, cela est d’abord lié au coût de l’opération. Un centre de formation aurait, par exemple, besoin de 2 à 3 véhicules dont la valeur avoisine les 6 millions de DH. Mais il faudrait entre 200 et 300 pour couvrir tout le territoire. Un important effort de financement doit donc être consenti. Mais il n'est pas évident vu la conjoncture actuelle. Sans compter que les formateurs font également défaut. 
    Ainsi, au regard de la législation, les conducteurs qui exercent depuis le 1er octobre 2010 sont hors la loi! Mais difficile de leur en tenir rigueur… La majorité de ceux en activité avant le nouveau code sont également en situation d’infraction, car ils n’ont pas obtenu leur carte professionnelle (voir interview ci-contre).
    La formation continue, pour sa part, vient à peine de démarrer, le 28 octobre dernier. Une convention a été signée entre l’OFPPT, le ministère de l’Equipement et celui des Finances à cet effet. Quelque 140.000 conducteurs professionnels devraient en bénéficier d’ici 2016. Un budget de près de 140 millions de DH a été accordé. «En termes d’effectifs, ce n’est pas à la hauteur de nos espérances. Mais cela reste un début», confie Abdelali Hifdi, président de la Fédération nationale du transport routier (FNTR) de la CGEM. Il existe actuellement 4 centres OFPPT dédiés, présidés par les professionnels du secteur, à Casablanca, Agadir, Tanger et Taourirt. «Chaque semaine, 70 personnes sont formées par centre. Ce qui représente 1.120 profils par mois et une capacité totale de 13.440 par an. Nous n’arriverons certainement pas aux 140.000 espérés d’ici 3 ans», précise Hifdi.       
    Mis à part le retard pris sur la mise à niveau des RH du secteur, le déficit de formation pose d’autres difficultés. «A titre d’exemple, en cas d’infraction nécessitant un retrait de permis pour 2 mois, le procureur demande au conducteur de suivre une formation. Mais quand ce dernier s’adresse à l’OFPPT, sa formation n’est programmée qu’après 6 mois. Ce qui lui fait 8 mois d’arrêt d’activité», relève un professionnel. Trop coûteux, à la fois pour le conducteur et l’entreprise qui l’emploie.
    D’ici 2018, ce sont 1 million de personnes qui doivent être formées, selon la FNTR. Mais le défi est difficile à relever, en l’état actuel des choses.

    Bientôt un laboratoire de recherche

    EN attendant que la formation obligatoire soit sur les rails, la FNTR essaie de prendre les choses en main. La Fédération s’active afin d’offrir à ses membres plus d’opportunités de formation continue et de se tailler des profils sur mesure. «Avec le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) nous disposons d’un cursus vertueux qui va du bac jusqu’au doctorat, dans deux filières, le transport et la logistique», précise Abdelilah Hifdi. Deux licences ont été développées, sur les unités opérationnelles et logistiques, ainsi que sur le transport multimodal international. Un master a également été monté sur le management de la chaîne logistique. Dernièrement, une convention a été signée en vue de lancer un cycle doctoral. Le partenariat prévoit aussi la mise en place d’un laboratoire de recherche en transport et logistique, qui comprendra une cellule de veille.

    Ahlam NAZIH

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