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    Economie

    Compensation: La recette de l’USFP

    Par L'Economiste | Edition N°:4167 Le 09/12/2013 | Partager
    Appel à une convergence progressive vers la réalité des prix
    L’économie d’énergie et le changement des modes de consommation également au menu
    Le poids des produits pétroliers dans la charge de compensation décrié

    L’USFP se greffe sur le débat relatif à la réforme de la Caisse de compensation. Le parti de Driss Lachgar entend jouer son rôle dans l’opposition, en tant que force de proposition. Ce qui constitue «une renaissance de la formation, qui va plancher sur différents sujets de politique publique, après avoir concentré ses efforts auparavant sur la restructuration interne», a souligné le premier secrétaire de l’USFP. Il intervenait lors de la table ronde consacrée à la problématique de la réforme de la Compensation, organisée par la commission administrative du parti, samedi dernier à Rabat. L’objectif était de «mettre en garde contre la gravité de la situation et proposer des pistes de réforme».
    Lachgar n’a pas fait dans la dentelle en critiquant la gestion des grandes réformes par le gouvernement, comme celle de la compensation, «en prenant des décisions, à l’instar de l’application de l’indexation, sans étude préalable». Pour Abdelhamid El Fatihi, secrétaire général adjoint de la FDT, «cette mesure a été dictée par la nécessité d’alléger la charge de la compensation pour réduire le déficit budgétaire, plutôt que par une vision globale de réforme».  Ce qui n’empêche pas les dirigeants de l’USFP de reconnaître l’utilité de cette mesure, qui «a eu un impact positif sur le budget de l’Etat, avec un recul de 10% du montant mensuel de la charge de compensation», comme l’a noté Tarik El Malki, membre du Centre marocain de conjoncture. Cependant, «cet effet est neutralisé par l’impact négatif sur le pouvoir d’achat des citoyens, et le repli de la compétitivité des entreprises, à cause de l’augmentation de l’indice des prix à la production», a-t-il ajouté.
    El Malki n’y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, «il s’agit d’une mesure anti-économique, anti-sociale, et une opération blanche, dans la mesure où les gains en termes d’allègement de la charge de compensation sont contrebalancés par la perte en termes de PIB et de création d’emplois». Les dysfonctionnements pointés par les économistes de l’USFP sont multiples. Il s’agit notamment des «problèmes de gouvernance de la Caisse de compensation». Ils considèrent également que ce système est «injuste et inéquitable». A titre d’exemple, «le prix du carburant à la pompe est l’un des plus bas au monde, qui n’est pas très éloigné de celui pratiqué dans certains pays producteurs de pétrole», de l’avis de Tarik El Malki.
    Plusieurs intervenants ont été unanimes: «Les personnes physiques profitent le moins de la compensation, mais participent le plus dans les charges publiques, contrairement aux entreprises», a avancé El Fatihi. Un constat confirmé par Driss Effina, économiste, professeur à l’Institut national des statistiques et de l’économie appliquée (INSEA). Il a fait savoir que «des calculs statistiques ont démontré que les entreprises profitent de 66% du budget de la compensation, contre seulement 34% pour les ménages, toutes catégories confondues». C’est dire la faiblesse du ciblage des populations vulnérables. Ce qui permet au SG adjoint de la FDT de dire que «le système actuel ne peut pas être considéré comme ayant une vocation sociale».
    L’impact de ce fardeau traîné par l’Etat est considérable. «La compensation contrebalance l’effort fiscal et commence à déstabiliser le modèle économique. Elle neutralise également les réformes structurelles de modernisation de l’économie», a noté Effina.
    Par ailleurs, si l’inscription de la réforme de la compensation dans le cadre d’une vision globale est l’une des revendications persistantes de l’USFP, le parti de la rose réclame aussi l’adoption d’une approche participative, dans la même logique qui a marqué la préparation de la Constitution.
    Le parti avance déjà quelques pistes de réforme. Celles-ci «devant d’abord commencer par un diagnostic stratégique, qui a montré que l’origine du mal se trouve dans les produits énergétiques», a souligné Effina. Il a considéré que «l’instauration de l’indexation ne mettrait pas le Maroc à l’abri de la volatilité des prix des matières premières sur le marché mondial». C’est pour cela qu’il est important, selon lui, «d’élargir l’indexation aux autres produits pétroliers comme le gaz et le fuel».
    Tous les intervenants lors de cette table ronde ont été unanimes pour dire qu’au-delà de l’indexation, il est plus sain de converger vers la réalité des prix. Il s’agit de l’une des mesures préconisées par le parti dans le cadre d’une réforme structurelle. «Elle permettra le transfert progressif de la charge de compensation vers l’économie», a expliqué Effina.
    D’autres mesures ont été également mises sur la table. Il s’agit notamment d’encourager l’optimisation de l’utilisation de l’énergie dans les systèmes de production. «Cela suppose un recadrage de toutes les stratégies sectorielles», a-t-il indiqué. Celui-ci a également appelé à pousser vers un changement des modes de consommation. Néanmoins, tout le monde reste d’accord sur la nécessité du maintien de la compensation, dans d’autres formes, comme le ciblage direct des populations vulnérables, à l’instar d’autres expériences réussies au niveau international.

    Benchmark

    En appelant à la mise en place d’un système de ciblage des populations pauvres, les économistes de l’USFP se sont inspirés des expériences réussies dans le monde. En tête, «la Bolsa familia» au Brésil qui «a permis d’améliorer l’efficacité des transferts, et de renforcer l’accès à l’éducation et à la santé», selon Oussama Tifani, membre de la commission économique de l’USFP. Bien entendu, ces transferts d’argent sont conditionnés par la scolarisation et l’accès à la santé. Ce qui a eu un impact positif sur les indicateurs sociaux. L’Iran présente également une expérience réussie, depuis qu’il a décidé de «subventionner les ménages à la place des produits», pour reprendre l’expression de Tifani. La réussite du modèle iranien tient surtout à la bonne préparation, avec «le transfert d’argent aux populations ciblées quelques mois avant le retour à la réalité des prix et le lancement de campagnes de communication pour expliquer les raisons de la réforme et ses conséquences», a-t-il noté.

    Mohamed Ali MRABI

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