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Economie

Parlement
Le coup de gueule de Benkirane

Par L'Economiste | Edition N°:4078 Le 19/07/2013 | Partager
Il a considéré que son gouvernement a été poignardé dans le dos
Et se dit fier des ministres istiqlaliens
Le chef du gouvernement rassure sur ses relations avec le patronat

Abdelilah Benkirane s’est enfin lâché, après avoir fait preuve de retenue depuis le début de la crise gouvernementale. Il a profité de son passage devant la Chambre des conseillers pour régler ses comptes avec ses adversaires politiques

Ça a chauffé mercredi dernier à la Chambre des conseillers. Abdelilah Benkirane a profité de la séance mensuelle pour régler ses comptes avec ses adversaires politiques. A la fin de sa prestation, le chef du gouvernement a transformé son passage devant la deuxième Chambre en une tribune pour défendre ses positions et celles du gouvernement qu’il conduit. Après la présentation des efforts du gouvernement en matière du développement des investissements, thème de la séance, Benkirane a détourné le débat vers d’autres sujets, suscitant ainsi l’ire du président de la Chambre. Il a fallut que celui-ci demande au Chef du gouvernement de se limiter au thème de la séance pour que celui-ci s’emporte, dans une plaidoirie de plusieurs minutes, avant d’exiger de remettre le compteur à zéro (voir encadré). Quoi qu’il en soit, Abdelilah Benkirane s’est enfin lâché, après des semaines où il avait fait preuve de beaucoup de retenue. Contrairement à son habitude, il a «opté pour le silence face aux insultes», a-t-il reconnu. Une manière de passer des messages à ses adversaires politiques, qu’il a pris soin de ne pas nommer. Benkirane a même considéré que son gouvernement a été «trahi». Car, «les réformes nécessitent des mesures douloureuses, afin d’éviter d’aboutir à la situation de pays comme la Grèce. Mais, pour cela, nous devons être soutenus politiquement et non pas poignardés dans le dos», a-t-il affirmé. Benkirane s’est dit également «surpris des critiques des conseillers istiqlaliens lors de cette séance». Ces derniers ayant joué leur rôle en tant que nouvelle force de l’opposition. Mais pour le chef du gouvernement, «la politique qu’ils critiquent a été élaborée par un ministre istiqlalien, dont nous sommes fiers, puisqu’il a permis de préserver les équilibres financiers du Maroc et a favorisé le maintien de la croissance». En effet, Benkirane ne semble pas lâcher ses ministres, qui «sont toujours membres du gouvernement, dans la mesure où je n’ai pas encore transmis les démissions au Souverain», a-t-il concédé. Il n’a pas mâché ses mots en s’adressant aux dirigeants de l’Istiqlal, qu’il a invités à «prendre leur temps pour préparer de nouvelles alternatives à défendre dans l’opposition». Il n’a pas non plus hésité à sortir la carte des élections anticipées, un épouvantail que les faucons du PJD brandissent face au risque de ne pas trouver de nouveaux alliés pour remplacer l’Istiqlal. Il a encore une fois accusé «des forces occultes de créer des problèmes au gouvernement», pour l’empêcher d’avancer. Mais «cela est normal, dans la mesure où la lutte contre la dépravation, “le fassad”, conduit toujours à des résistances des personnes dont les intérêts sont menacés», a-t-il estimé. Il a également déploré la polémique créée autour de sa relation tendue avec la CGEM, surtout après l’épisode du boycott par le patronat marocain de la rencontre avec les hommes d’affaires turcs. Benkirane a assuré que ses «relations sont bonnes avec la CGEM, qui a compris la position de ses dirigeants lors de la visite du chef du gouvernement turc». Néanmoins, Benkirane a reconnu que «certains membres du gouvernement peuvent avoir des compétences limitées. Nous ne sommes pas des supermen, mais nous faisons des efforts pour répondre aux attentes du peuple qui continue de nous soutenir». Il a avancé que son équipe s’attelle à la consécration de la transparence et de la bonne gouvernance, sans prendre en considération les intérêts partisans. Il en veut comme exemple «la nomination de 197 hauts fonctionnaires, dont seulement 3 ont des liens avec le PJD».

Guéguerre

Mais quelle mouche a piqué Abdelilah Benkirane, lors de la séance mensuelle des questions de politiques publiques, mercredi dernier. Le chef du gouvernement semblait avoir perdu son self-control en s’adressant de façon hystérique au président de la Chambre des conseillers. Il a suffit que Cheikh Mohamed Biadillah réclame à Benkirane de se limiter au thème de la séance pour que ce dernier s’emporte contre lui, en l’accusant de «vouloir s’ajouter à ceux qui parasitent l’action du gouvernement». Lorsque Biadillah a avancé que «son statut de président de la Chambre lui donne le droit de gérer la séance», Benkirane a rétorqué «qu’il n’a pas le droit de censurer la parole du chef du gouvernement, et qu’il pourrait recourir au silence face à ces manœuvres». Mais le président de la Chambre des conseillers a fait preuve de sagesse, en évitant d’entrer dans ce bras de fer.

Mohamed Ali MRABI

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