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Evénement

Juan Carlos au Maroc
«Il faut mettre à plat les sujets sensibles»

Par L'Economiste | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager

Pour Rosa Cañadas, présidente de la Fondation Tanja pour la promotion de la connaissance mutuelle entre l’Espagne et le Maroc: «Il faut savoir que les stéréotypes changent très lentement, nous avons encore tendance à nous regarder par-dessus l’épaule»

Rosa Cañadas est la présidente de la Fondation Tanja pour la promotion de la connaissance mutuelle entre l’Espagne et le Maroc. Elle nous livre dans cet entretien son analyse sur la situation actuelle des relations entre les deux pays et les mécanismes qu’il faut mettre en place pour aller de l’avant à l’occasion de la visite du Roi d’Espagne au Maroc.

- L’Economiste: Comment qualifier actuellement les relations entre le Maroc et l’Espagne à la lumière de la visite de Juan Carlos?
- Rosa Cañadas: Le déplacement du Roi Juan Carlos démontre l’importance qu’a le Maroc pour l’Espagne. C’est un effort important que le Roi fait et ce après avoir reporté son voyage suite à des problèmes de santé. Cette visite intervient alors que les relations se sont beaucoup améliorées dernièrement. Pour exemple, la participation d’entreprises espagnoles dans les appels d’offres publics marocains qui ont augmenté, un terrain jusque-là quasi exclusif des entreprises françaises. Je crois que cela a été le résultat de petites avancées stratégiques qui ont eu des effets sur l’économie.

- Mais les préjugés continuent d’avoir la peau dure?
- Il faut savoir que les stéréotypes changent très lentement, nous avons encore tendance à nous regarder par-dessus l’épaule. Malgré le fait que l’Espagne soit devenue le premier partenaire commercial du Maroc, les relations ne sont pas encore très fluides. Il manque, je crois, un peu de complicité, un rapprochement entre les sociétés civiles, les entreprises et les femmes et hommes d’affaires. Nous avons besoin de plus d’instruments de relation au niveau socio-culturel. Il est aussi vrai que la présence des hommes d’affaires marocains en Espagne reste assez faible, ou du moins leur visibilité est très limitée. Je crois que cela est dû au manque de mécanismes d’échange en matière de «know-how» entre hommes et femmes d’affaires des deux pays, un networking qui devrait être alimenté.

- Les thèmes politiques, Sahara, Sebta et Melilia, continuent de brouiller les relations, que faire pour dépasser ces blocages?
- Moi, je crois qu’actuellement ces thèmes brouillent moins qu’avant. Tous les rebondissements qu’il y a eu dernièrement dans l’affaire du Sahara, par exemple, n’ont pas entravé les relations malgré le fait que ce soit le Parti Populaire qui tienne le pouvoir en Espagne, avec lequel, par le passé, il y a eu quelques frottements. Je crois que ces sujets, il faut les mettre à plat, il faut en parler. Il y a une peur des deux côtés à les mettre sur la table des discussions et à en parler.

- Avec la crise actuelle que connaît l’Espagne, croyez-vous que le Maroc puisse jouer un rôle?
- Je crois que les deux pays peuvent aller ensemble de l’avant. On devrait tendre à faire des opérations du type win-win. Les possibilités d’exportation ont crû dans le sens Nord-Sud, mais les possibilités Sud-Nord, elles aussi, sont en croissance. Un autre point important reste l’Afrique. Les entreprises espagnoles devraient s’associer avec leurs homologues marocains pour travailler en Afrique, le Maroc en étant la porte. Les pays du Sud de l’Europe ont du mal à comprendre que leur espace de croissance naturel reste l’Afrique et ce à partir du Maroc et spécialement en temps de crise. Il faudrait aussi faciliter et multiplier les échanges d’étudiants entre les deux pays, ceux-là mêmes qui dans quelques années seront les futurs dirigeants et hommes d’affaires des deux pays afin de commencer à mettre ce tissu relationnel qu’il reste à tisser.


Propos recueillis par Ali ABJIOU

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