Evénement

Juan Carlos au Maroc
Caixa: 300 entreprises déjà clientes

Par | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager

Ali Kadiri, Managing director de la succursale de Caixa au Maroc: «Nous travaillons, bien évidemment, quasi exclusivement avec la clientèle de notre maison mère»

Implantée au Maroc depuis 2009, La Caixa au Maroc poursuit son bonhomme de chemin. La succursale de la première banque «retail» d’Espagne qui a pour mission première d’accompagner l’entreprise espagnole et de financer ces activités au Maroc se développe petit à petit. Avec un portefeuille avoisinant les 300 entreprises, Caixa occupe la première place sur ce créneau. Ali Kadiri, Managing director de la succursale, revient sur les activités de la banque au Maroc ainsi que sur ces perspectives de développement.     

- L’Economiste: Quel est votre éventail de produits et services?
- Ali Kadiri: Il s’agit de financements, de gestion de compte, de distribution de crédit, de collecte de dépôts… l’éventail classique de services bancaires. Nous n’avons pas de produits sophistiqués. Ce qui pourrait nous distinguer par rapport à la concurrence c’est notre proximité et notre qualité de service. Incontestablement, il y a beaucoup plus de diligence dans notre manière d’opérer. Nous disposons d’une plateforme informatique qui nous permet d’intervenir avec rapidité et fiabilité. Comme nous sommes dans une stratégie de niche, il est bien plus facile pour nous de consacrer l’essentiel de nos efforts aux types de prestations que nous offrons. Etant donné que notre plateforme est intégrée à celle de la maison mère, les opérations à partir du Maroc sont quasi automatiquement traitées également en Espagne. D’où une grande rapidité et surtout une grande sécurité dans l’exécution des opérations. Par ailleurs, nous disposons d’un système de ebanking qui nous distingue du marché. 

- Comment faites-vous pour recruter vos clients?
- Nous travaillons, bien évidemment, quasi exclusivement avec la clientèle de notre maison mère. Dans l’éventail des 800 entreprises espagnoles installées au Maroc, il y a un grand nombre qui est déjà client de la Caixa en Espagne. Il est donc plus facile pour nous d’aller vers cette catégorie d’entreprises. Ceci étant, nous travaillons également avec des entreprises qui ne sont pas forcément clientes de la Caixa et avec des entreprises marocaines qui ne sont pas rattachées à un capital espagnol, mais qui sont en relation d’affaires avec l’Espagne.
Nous avons, de façon prédominante, un noyau dur d’entreprises espagnoles dans notre portefeuille client équivalent à 90% en nombre.

- A quel degré la crise a-t-elle précipité l’afflux d’entreprises espagnoles au Maroc?
- La crise en Espagne a effectivement joué un rôle positif pour les entreprises ibériques. C’est curieux comme les PME espagnoles ont réussi à trouver des ressources. Ce que je trouve remarquable depuis le démarrage de nos activités il y a 4 années, c’est le dynamisme des entreprises espagnoles qui, face à une crise très sérieuse et profonde en Espagne, ont trouvé les moyens et les ressources pour se diversifier et aller vers l’extérieur. Je trouve également remarquable qu’en 4 ans l’Espagne a pu dépasser la France en tant que premier partenaire commercial du Maroc. Il y a aujourd’hui 20.000 entreprises espagnoles qui exportent vers le Maroc. Ce chiffre atteste d’une capacité de réaction et de rebond face à une conjoncture en Espagne. 

- Avez-vous pu capter quelques entreprises sur les 20.000 qui exportent au Maroc?
- Sur ces entreprises, beaucoup travaillent avec la Caixa en Espagne. Nous nous sommes sur le créneau des entreprises espagnoles installées au Maroc. Nous avons un portefeuille qui avoisine les 300 entreprises. Nous ne pouvons bien évidemment pas atteindre tout le gisement d’entreprises espagnoles au Maroc en une seule fois, c’est petit à petit que nous élargissons notre portefeuille. De plus, nous avons des critères de rentabilité et de risque que nous devons scrupuleusement respecter. Ceci dit, notre portefeuille est déjà assez conséquent.

- Justement, quels sont les moyens dont vous disposer pour la distribution de crédits?
- Nous disposons d’un capital de 420 millions de DH qui nous permet d’opérer de façon relativement confortable. Nous avons un portefeuille d’engagement en ligne avec ce capital et des dépôts raisonnables. Nous intervenons régulièrement sur le marché interbancaire.   

- La montée du risque vous a-t-elle impacté?
- La dégradation du risque nous empêche d’aller un peu plus vite dans le développement. Dans ces conditions, nous avançons avec beaucoup de précaution. Ce qui nous préoccupe avant tout, c’est de maintenir le cap avec beaucoup de prudence et d’attention à ne pas dégrader nos comptes et à ne pas avoir de situation compromettante avec un client en particulier.
Ceci étant, la montée du risque s’est légèrement reflétée sur les entreprises avec lesquelles nous opérons. Nous avons quand même senti quelques tensions sur les trésoreries chez les uns et les autres notamment chez une certaine catégorie qui travaille avec des administrations publiques. Ceci dit, nous n’avons vu jusque là pas de situation difficile.


Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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