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Evénement

Juan Carlos au Maroc
Le rush d’Espagnols, plus un mythe…

Par L'Economiste | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager
Ceux en quête d’émigration préfèrent l’Amérique latine et quelques pays d’Europe
Seule une minorité choisit de s’installer au Maroc malgré la proximité géographique
Le nombre d’expatriés a augmenté, dopé par les projets d’investissement que mène le pays

Depuis quelques mois, le buzz concernant une entrée massive d’Espagnols au Maroc continue de se répandre. Ces derniers fuiraient leur pays chassés par la crise. Mais la réalité semble être tout autre. S’il est certes vrai qu’un nombre important d’Espagnols a fait ses valises et pris la route de l’émigration, ce n’est pas vers le Maroc qu’ils se sont dirigés en masse. «Certes, des Espagnols sont bien là, mais leur nombre est loin d’atteindre le volumes qu’on leur prête» explique Said Lamani, expert en droit du travail et relations professionnelles. En effet, le phénomène, s’il existe, reste très limité, même si aucune étude sérieuse n’a encore été menée côté marocain. A défaut, c’est vers l’Espagne qu’il faut se tourner. Selon les dernières statistiques publiées de l’autre côté du Détroit, on remarque que le volume d’Espagnols installés au Maroc est resté assez timide lors des deux dernières années. Selon des statistiques officielles ibériques, le nombre d’Espagnols inscrits dans les sept consulats du Maroc est passé de 7.740 à 8.115, entre 2010 et 2012, soit une hausse de moins de 5%. Le nombre d’expatriés pour sa part s’élèverait à 2.660, un bon millier de plus qu’en 2010, alors que le nombre d’inscrits dans la CNSS est de 3.140, une situation due au développement de l’économie marocaine et aux projets d’investissement attirés par le Maroc.
Mais selon la presse espagnole, citant des sources diplomatiques, le nombre d’Espagnols non inscrits installés au Maroc et traversant la frontière tous les trois mois atteindrait les 5.000. Ce sont ces personnes qui viennent travailler sur des chantiers, ou tenter l’aventure de la restauration et autres petits métiers du genre, pour fuir une situation critique dans leur pays.
Toutefois, ce chiffre est en chute depuis quelques mois. En effet, les meilleures opportunités de travail se profilent actuellement en Allemagne, qui redevient l’Eldorado des Espagnols, comme dans les années 50, et en Amérique latine. Cela est conditionné par la proximité linguistique et culturelle qui permet des intégrations plus faciles qu’au Maroc, selon certains Espagnols installés dans le Royaume de longue date. En dépit des idées reçues, «il serait très difficile pour quelqu’un sans famille ni ressources de s’installer sur le long terme dans un pays étranger et dont on ne maîtrise pas la langue», explique cet homme venu tenter sa chance dans la plomberie mais qui a vite déchanté. Même dans des villes comme Tanger ou Tétouan qui sont hispanophones, la plupart de ceux qui tentent l’aventure sont déçus et repartent une fois leur visa touriste épuisé.
Il y a quelques années, le bon plan était de prendre l’argent des subsides chômage et de s’installer dans le nord du Maroc. L’Etat espagnol a depuis verrouillé ce système et oblige les bénéficiaires de ces aides à rester en Espagne pour y dépenser cet argent. Les 450 euros de moyenne d’aide permettaient à certains Espagnols de vivre de manière digne, mais depuis 2012, le système n’est plus acceptable.
Le voyage au Maroc n’est donc plus intéressant que pour ceux n’ayant pas ou plus droit aux aides de l’Etat espagnol. Mais dans ce cas, comment vivre? Subvenir aux besoins suppose un travail rémunéré, or à l’exception de certains profils demandés comme des enseignants ou des chefs de cuisine expérimentés, il est difficile d’obtenir le sésame du ministère du Travail qui doit autoriser le contrat des expatriés. Ce qui ne décourage pas certains Espagnols en quête d’emploi.
Selon plusieurs responsables des Ressources humaines à Tanger, le nombre de demandes de cadres ou même d’employés espagnols cherchant du travail a augmenté. On y retrouve de tout, ingénieurs, architectes, spécialistes des énergies renouvelables, etc.

L’Espagne se vide

Bonnes nouvelles pour l’économie espagnole. Le nombre de chômeurs a enregistré en juin son quatrième mois consécutif de baisses avec 127.000 personnes en moins. C’est l’effet de l’été et des boulots saisonniers en restauration hôtellerie habituels de cette saison touristique. Mais le volume total des chômeurs, avec un peu plus de 4,8 millions, continue de représenter un réel boulet pour l’économie espagnole. En effet, le taux de chômage continue de flirter avec les 27%, soit le taux le plus élevé de toute l’UE. Un autre fait non moins intéressant concerne les récentes statistiques sur la population en Espagne. Ces dernières laissent apparaître une baisse de la population de l’Espagne pour la première fois depuis 1971. La population résidant dans ce pays s’est établie en 2012 à hauteur de 46,7 millions d’habitants, soit une baisse de 0,2% par rapport à l’année d’avant. Une baisse qui se traduit par près de 114.000 personnes en moins. Selon ces chiffres, près de 60.000 Espagnols de souche ont quitté le pays vers l’Equateur, l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Suivent d’autres pays de l’Amérique latine tels que l’Argentine et le Venezuela.

Malgré la crise en Espagne, les investisseurs de ce pays ne manquent pas de s’intéresser au Maroc. Outre les grands groupes, on remarque aussi de petits investisseurs préférant l’économie du Maroc pour rentabiliser leur pécule. Mais pour l’instant, peu concrétisent car ils butent sur la cherté des locaux et la rareté des terrains industriels surtout de petite superficie.

Ali ABJIOU

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