×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 192.132 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 240.532 articles (chiffres relevés le 3/6 sur google analytics)
Evénement

Juan Carlos au Maroc
Encore de nombreuses pistes à explorer

Par L'Economiste | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager

Alberto Navarro, ambassadeur d’Espagne au Maroc, estime qu’il faudrait renforcer l’enseignement de l’espagnol dans les écoles marocaines. La solution serait, selon lui, le développement de partenariats privés-publics. Comme ce qui se fait déjà à Sao Paulo

En 2012, l’Espagne devient le premier partenaire commercial du Maroc, devant la France, partenaire privilégié jusque-là. Une revanche pour notre voisin du Nord qui entend renforcer sa présence économique et culturelle au Maroc. La visite du Roi Juan Carlos, accompagné de 26 chefs d’entreprise annoncés, contribuera certainement à ce renforcement. L’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Alberto Navarro, dresse le bilan des échanges entre les deux pays.

- L’Economiste: Comment évaluez-vous les échanges économiques entre le Maroc et l’Espagne en ce contexte de crise?
- Alberto Navarro: Nos échanges sont très bons. L’an dernier, nous avons dépassé la France et nous sommes désormais le premier partenaire commercial du Maroc. L’Espagne est alors le pays qui achète le plus et qui vend le plus au Maroc. Bien sûr, le premier partenaire économique du Maroc reste la France. Il suffit de voir autour de nous, les enseignes françaises sont omniprésentes (banques, supermarchés, hôtels…). Le premier produit que nous vendons au Maroc, c’est l’énergie: entre 15 et 18% de l’énergie consommée vient d’Espagne. Dans l’économie marocaine, la consommation d’énergie a une croissance de 7% par an, ce qui est plus important que l’évolution du PIB. Les autres secteurs prisés par les entreprises espagnoles au Maroc sont les énergies renouvelables (centrale thermo-solaire de Ouarzazate, le traitement de l’eau à Rabat et Casablanca…), l’agriculture, la pêche et le tourisme.

- Mais la plupart des entreprises espagnoles installées au Maroc sont des PME…
- Justement, ce sont les représentants des grandes entreprises qui viennent aujourd’hui avec le Roi Juan Carlos. Mais il faut avouer qu’en ce qui concerne les grands accords, le marché marocain est jusque-là assez fermé. Par exemple, en ce qui concerne la téléphonie mobile, il y a 3 opérateurs au Maroc: Inwi, Méditel et Maroc Telecom. Nous aurions aimé pouvoir installer Telefonica qui est la plus grande compagnie de téléphonie en Europe. C’est dommage, cette compagnie est présente en Chine, au Brésil…
Plus de 800 entreprises espagnoles sont installées sur le sol marocain et près de 19.000 exportent au Maroc. Et il y a de plus en plus d’entreprises marocaines qui s’installent en Espagne, notamment, Attirariwafa bank, BMCE... J’espère que cette tendance va se confirmer. D’habitude, lorsque l’on met en place des échanges commerciaux, on commence par les voisins.

- Justement, en tant que voisins, une longue histoire nous lie. Où en sont nos relations culturelles?
- C’est au Maroc que nous comptons le plus grand nombre d’écoles espagnoles dans le monde: 11 écoles avec près de 5.000 élèves chaque année. Nous aimerions augmenter le nombre d’écoles marocaines où l’on enseigne l’arabe. D’ailleurs, ce mercredi en fin de matinée, un rapport sur l’état des lieux de l’espagnol au Maroc sera présenté en présence de Roi Juan Carlos.
Le réseau Cervantès compte aussi le plus grand nombre de centres au Maroc juste après le Brésil (six centres: à Tanger, Tétouan, Fès, Marrakech, Casablanca et Rabat). Dans ces instituts, il y a entre 18.000 et 20.000 Marocains qui apprennent l’espagnol chaque année. Des accords ont été signés avec les universités marocaines. A Rabat, par exemple, l’institut est en accord avec l’Université internationale de Rabat. Pareil au Parlement et dans certaines entreprises (comme l’OCP, Attijariwafa bank…).
Nous avons également ouvert des antennes qui dépendent des différents centres Cervantès. Ce sont de petits centres où l’on enseigne l’espagnol. On vient d’en ouvrir à Essaouira, Nador, Agadir, en plus de ceux présents à Chaouen, Meknès et Marrakech.

- Quel est le coût de cette présence culturelle au Maroc?
- Pour vous donner une idée loin d’être exhaustive, les salaires des professeurs, à eux seuls, des onze écoles espagnoles présentes au Maroc représentent à peu près 20 millions d’euros par an, sachant qu’il y a 400 professeurs sur tout le pays.

- Qu’en est-il de la présence marocaine en Espagne?
- La communauté marocaine avoisine le million de personnes dont près de 160.000 sont prises en charge par le système éducatif espagnol. De plus, les élèves sortant des écoles espagnoles au Maroc dépendent tous de l’université de Grenade. Ils passent l’examen de la Selectividad, qui a un taux de réussite de 98% cette année. C’est alors qu’ils choisissent l’université où ils souhaitent étudier. Il y a entre 3.000 et 5.000 étudiants marocains dans les universités espagnoles. La majorité va à l’université de Grenade (plus de 1.000 étudiants) et celle de Malaga (600). Mais ce qui est le plus prisé aujourd’hui, ce sont les masters après le premier cycle en université. Les MBA espagnols sont à la pointe au niveau mondial. Aujourd’hui, il y a de plus en plus d’étudiants qui peuvent choisir tous les MBA du monde mais qui vont soit à Madrid, soit à Barcelone.


Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc