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    Enquête HEM/Argos: Les grandes écoles gardent la cote

    Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
    Ces établissements ont une meilleure perception auprès des parents et des bacheliers
    L’apparition du chômage chez les ingénieurs n’est pas encore intégrée
    Décriée, l’université serait presque un choix par défaut

    L’université est de loin le système d’enseignement supérieur le moins bien perçu. La plus grande partie des bacheliers le perçoive entre moyen et insuffisant. Confrontés aux difficultés d’accès au premier emploi, les lauréats sont encore plus sévères dans leur jugement

    Qui du public ou du privé gagne le match? Reconnaissance du diplôme, qualité de la formation, coût du cursus…les critères sont multiples. Le groupe HEM avec le cabinet Argos sont sortis avec des conclusions qui, dans l’ensemble, sont sans surprise sur la perception de l’enseignement supérieur auprès des ménages et des bacheliers. Une étude qui a eu recours à plus de 1.155 questionnaires en face à face avec une marge d’erreur de
    ± 3% et à 25 réunions de groupes. 22 entretiens individuels approfondis ont été conduits auprès des DRH, cabinets de recrutement et des leaders d’opinion.
    L’offre de l’enseignement supérieur au Maroc est jugée majoritairement de qualité moyenne. Cependant, elle tend significativement vers les valeurs positives, surtout chez les parents de bacheliers qui restent confiants par rapport à des structures de formation. L’étude établit un distinguo entre système privé et public dans son analyse. Pour l’échantillon, le système public permet avant tout de disposer de diplômes au label national ouvrant les portes d’une éventuelle carrière dans l’administration. Ce critère est davantage mis en avant par les bacheliers et les parents.
    Ce sont les écoles publiques type ENCG, ISCAE, Ecole Hassania et l’Ecole Mohammadia des ingénieurs qui sont largement plébiscitées. Elles bénéficient d’une perception positive chez les bacheliers et les parents. A des niveaux plus inférieurs, les étudiants de ces écoles et leurs lauréats sont pour le moins satisfaits du cursus. Ces derniers ont  une opinion plus nuancée intégrant les avantages et inconvénients de ces établissements. A l’unanimité, la difficulté d’accès est le grief qui revient le plus au sujet de ces grandes écoles. Cela est perçu comme  une forme d’injustice à l’égard d’une large partie des bacheliers justifiant de moyennes élevées, en mesure de poursuivre leurs études dans les établissements les plus exigeants. «La difficulté d’accès traduit une forme de marginalisation d’élèves potentiellement performants mais acculés à intégrer d’autres systèmes d’enseignement qui ne leur garantissent pas forcément une bonne formation», souligne l’étude. Un constat également partagé par les leaders d’opinion. 
    En revanche, là où le bât blesse, c’est du côté de l’université. Celle-ci devient en quelque sorte un choix forcé lorsque les portes des grandes écoles se ferment. Globalement, l’université est perçue négativement. Le caractère négatif de cette perception se dégrade au fur et à mesure que la personne intègre le système.  L’appréciation insuffisante à très insuffisante passe de 38,57% chez les bacheliers à 49,14% chez les étudiants. Trois éléments sont pointés du doigt: le sureffectif, les grèves récurrentes et l’absentéisme des professeurs. Le chômage des diplômés à l’issue de la formation occupe quant à lui une position relativement importante parmi les reproches adressés. De leur côté, les leaders d’opinion perçoivent l’université comme une entité enfermée sur elle-même et coupée du monde des affaires. Résultat: une absence d’adéquation entre les contenus pédagogiques et les besoins du marché, peu considérés en amont de la formation.
    L’enseignement privé jouit globalement d’une image assez bonne auprès des parents et même des bacheliers. Contrairement aux idées perçues à propos du laxisme dans les écoles privées, l’obligation d’assiduité est le premier avantage qu’apprécient les personnes sondées.  A contrario, la non-reconnaissance du diplôme par l’Etat est décriée. S’y ajoute, surtout, le coût élevé de la formation. Cela pousse une bonne partie des familles à avoir recours à un prêt bancaire pour financer les études de leur enfant. Difficile de commencer une vie professionnelle avec un crédit à charge! Les lauréats, en revanche, mettent l’accent sur le manque de sérieux d’une grande partie des établissements privés. Pour leur part, les leaders d’opinion parlent «d’un enseignement supérieur privé à deux vitesses. Les établissements privés sérieux demeurent très coûteux, tout en étant minoritaires parmi une offre pléthorique, certes plus accessible, mais qui ne permet pas à ses lauréats d’accéder à de véritables responsabilités». Le système d’enseignement supérieur reste largement perfectible et largement en deçà des besoins du marché de l’emploi.

    Ilham BOUMNADE

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