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    Sous pression, Cadi Ayyad se met au «système D»

    Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
    Des lycées transformés en amphis pour absorber les sureffectifs
    Un nouveau campus de 165 hectares sera aménagé à Tamansourt

    Abdelatif Miraoui, président de Cadi Ayyad: «L’université n’a pas le choix, elle doit trouver de façon créative et efficace des solutions liées aux défis de surcapacité tout en contribuant à l’amélioration de la qualité d’apprentissage»

    C’EST une des universités des plus dynamiques en matière de recherche scientifique. Les chercheurs de l’Université Cadi Ayyad (UCA) sont cités dans des revues prestigieuses au niveau international. Ce qui lui a valu d’ailleurs d’être classée parmi les 5 premières au niveau du Maghreb et première à l’échelle nationale en termes de recherche. «Ces classements nous challengent à chaque fois pour innover, car il est nécessaire de confirmer l’identité de l’Université Cadi Ayyad en recherche scientifique, de consolider sa place de leader dans la production scientifique et de s’adapter aux situations particulières de l’université marocaine», indique Abdelatif Miraoui, président de Cadi Ayyad.
    C’est aux universités de trouver de façon créative et efficace des solutions liées aux défis de surcapacité tout en contribuant à l’amélioration de la qualité d’apprentissage. Et justement Cadi Ayyad mène, depuis le début de l’année, un projet pédagogique pilote inédit au Maroc en aménageant un Centre d’innovations pédagogiques et expérimentales (CIPE). Concrètement, cette expérience consiste en la production de ressources numériques et audiovisuelles à destination des étudiants des filières les plus fréquentées. L’idée est simple: les cours sont filmés et mixés à un support pédagogique (transparents) et mis sur la toile. Les étudiants peuvent ainsi les voir avant le cours ou les revoir après. « Cela permettra, j’espère, de donner un peu plus de chance aux jeunes qui ne maitrisent pas la langue française ». Et bien que ce projet ne soit qu’à sa phase pilote, le CIPE dispose aujourd’hui d’un ensemble de cours, TD et TP audio vidéos déjà enregistrés dans plusieurs disciplines. «La diffusion de ces supports d’aide pédagogique devrait contribuer à réduire l’impact de l’augmentation des effectifs sur le rendement interne et faciliter la prise en charge et l’intégration des nouveaux inscrits », espère le président de l’université. Car l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, comme ses consoeurs, affronte la gestion des sureffectifs. L’année universitaire qui se termine était déjà sous pression avec un encombrement dans les salles et les amphis avec près de 20.000 nouveaux étudiants portant le nombre des effectifs à 63.000 alors que les capacités de l’université ne sont que de 38.000.
    A court terme et pour affronter les flux de 2012-2013, des solutions de «dépannage» ont été trouvées. L’université a entamé une extension locale de près de 5.000 autres places en transformant des lycées vides en annexe de la Faculté des sciences juridiques. Autre mesure adoptée, la mutualisation des salles et amphis entre les établissements, ainsi que l’élargissement des plages horaires. Ces dernières sont passées de 4 à 7 créneaux avec un fonctionnement non-stop des établissements de 8 h à 19h. A moyen terme, des solutions définitives devront être identifiées. Car chaque année, les effectifs des établissements à accès ouvert (Faculté des sciences juridiques et des lettres) augmentent de 30%. A ce rythme, l’effectif devra atteindre les 80.000 étudiants en 2016.
    De fait, ces évolutions devaient être en principe planifiées en adaptant la capacité de l’Université à ces flux, estime Miraoui. Cadi Ayyad a d’urgence besoin de 3 à 4 amphis pour la rentrée prochaine.

    Elle est aussi en train de finaliser les études pour un nouveau campus intégré et aussi des financements qui permettront à l’université d’acquérir et de construire cette infrastructure. C’est à Tamansourt que sera installé ce nouveau site sur 165 hectares. Il devra abriter des annexes des facultés existantes à Marrakech qui accueilleront probablement les premières années qui arrivent ainsi que les nouveaux masters. Objectif : dégager 10.000 à 15.000 places chaque année jusqu’à 2018 de telle sorte que l’université puisse absorber les nouveaux flux.
    Les capacités d’accueil ne sont pas les seuls défis pour l’université Cadi Ayyad. Il s’agit aussi d’accompagner ces extensions avec un encadrement. L’UCA compte actuellement 1.300 enseignants et, à titre de comparaison, des universités tunisiennes dont les capacités sont proches de celles de Cadi Ayyad fonctionnent avec 2.600 enseignants. «Pour combler les déficits, une injection de 100 postes par an serait idéale», estime le président de l’université. L’autre réalisation cette année est la redéfinition de la carte pédagogique qui va être à l’identité de la région et de ses besoins. Désormais, toute formation doit respecter un cahier des charges avec un besoin défini au préalable et certaines filières vont subir quelques changements avec une optimisation des moyens humains et matériels. Pour rappel, Cadi Ayyad offre 112 filières accréditées dans les établissements à accès ouvert et 52 dans les établissements à accès régulé.

    5.000 diplômés attendus

    L’UNIVERSITÉ Cadi Ayyad rayonne sur 4 villes et provinces (Marrakech, Safi, Essaouira et Kelaa). Elle regroupe 13 établissements dont 8 dans la ville de Marrakech. Pour la rentrée 2012-2013, elle comptait 63.000 étudiants dont 53.649 inscrits dans les établissements à accès ouvert.
    9.118 poursuivent leurs études dans les facultés et les écoles à accès régulé (Faculté de médecine, écoles d’ingénieurs… Comme dans la plupart des universités marocaines, le taux d’échec est encore important. « Il faut distinguer l’échec pédagogique et l’échec d’orientation et d’abandon et les difficultés de vie des étudiants qui viennent du rural», précise Miraoui. En 2011, l’UCA a délivré 4.600 diplômés. Les prévisions du nombre de lauréats pour cette année en cours dépasseront les 5.000 lauréats. Grâce aux nouvelles méthodes pédagogiques qui sont mis en place, les responsables de l’université espèrent augmenter le flux de diplômes pour approcher les 10.000.

    B. B.

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