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Economie

Protection de l’environnement
Comment freiner l’injustice climatique

Par L'Economiste | Edition N°:4050 Le 11/06/2013 | Partager
100.000 substances chimiques sont en circulation
Sans une politique globale, les dégâts continueront crescendo
Changement climatique, pollution et sécurité alimentaire, les urgences

Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations Unies sur l’environnement (PNUE), s’inquiète pour l’avenir de l’agriculture qui évolue dans un système inquiétant. Il utilise les ressources naturelles sous une forme d’exploitation qui ne peut être durable

- L’Economiste: La transition passe-t-elle par l’éducation ou est-ce une question de volonté politique?
- Achim Steiner: Le progrès de l’humanité a été toujours basé sur le savoir et la compréhension des sciences tout en identifiant des technologies et des solutions. Aujourd’hui, nous sommes tous conscient des limites de la planète. Et le changement a besoin d’être associé à une éducation, au sens le plus large du terme, portée par toute la politique d’un pays. C’est pour cela qu’un congrès sur l’écologie, l’environnement et l’éducation est un élément fondamental d’une stratégie pour le développement durable dans le contexte aussi de la conférence de Rio.
- Quelles sont les urgences aujourd’hui en termes de préservation de l’environnement?
- Il y en a beaucoup. Le défi dans le processus de développement durable n’est pas de prioriser. On ne peut pas décréter que l’écologie est plus prioritaire que le défi de créer des emplois et absorber le chômage, surtout dans un contexte de crise économique. La complexité de la question est justement de construire une stratégie de développement dans laquelle les facteurs écologique et social ont la même priorité. Maintenant, sur le volet purement écologique, le changement climatique est le plus grand défi. C’est en effet une réalité absolue qui va changer notre économie et notre société. Deuxième priorité, la pollution de l’air. Nous avons plus de 100.000 substances chimiques qui sont en circulation dans notre économie avec autant d’impact sur la santé humaine, l’environnement, l’écologie et les espèces. Et les conséquences sont parfois plus chères que les bénéficies tirés de ces industries. C’est pour cela que dans le Programme des Nations Unies pour l’environnement, nous avons établi des conventions (Stockholm et Rotterdam) pour contrôler l’utilisation des éléments chimiques. La 3e priorité est à mon avis liée à l’agriculture. Le secteur est dans un système d’évolution inquiétant. Il utilise les ressources naturelles sous une forme d’exploitation qui ne peut être durable. Cette exploitation menace à terme la sécurité alimentaire alors que nous serons 9 milliards d’habitants d’ici 2050.
 - Le Pnue vient de publier un rapport sur le commerce vert où les pays en développement sont bien placés pour aider à promouvoir cette transition, avec quels préalables?
- L’idée du commerce vert est d’opter pour des solutions plus adéquates avec la préservation de l’environnement. Par exemple, dans un continent comme l’Afrique, pourquoi dépendre d’une énergie fossile alors qu’il existe un potentiel énorme pour les énergies photovoltaïque ou éolienne. Il y a quelques années, le Kenya a ancré sa politique énergétique nationale dans sa législation: le pays poursuit l’extension de son approvisionnement en électricité avec des énergies renouvelables et cela a complètement changé la politique kenyane d’investissement. Les projets de développement en cours prévoient de porter la capacité des énergies renouvelables de 1.200 MW à 2.000 l’an prochain. Le gouvernement saoudien a aussi annoncé qu’il allait investir 100 milliards de dollars dans les énergies photovoltaïques. Le Maroc prône également une politique très active autour de l’utilisation des énergies renouvelables. Et ce sont des décisions dictées également par des enjeux qui prouvent qu’une politique d’énergie verte peut être un véritable levier économique. Et à mon avis, je crois que la transition a bel et bien commencé dans le secteur des énergies renouvelables.
- Pourquoi la fiscalité écologique a du mal à se concrétiser. Des incitations fiscales pourraient-elles déclencher des tendances novatrices?
- Il y a d’abord des résistances naturelles. Une économie a besoin de temps pour se reconvertir et les investisseurs qui ont déjà mis de l’argent dans des technologies moins innovantes ne vont pas lâcher prise. Le problème est beaucoup plus compliqué que cela. Il y a des distorsions au niveau des incitations à l’utilisation des énergies. Elles sont statistiquement 8 fois plus importantes pour les énergies fossiles. Le problème réside aussi dans les évaluations économiques des systèmes. Il faut désormais intégrer les facteurs de durabilité et de sécurité alimentaire et énergétique dans les calculs. Cela ne demande pas un effort insurmontable puisque c’est déjà fait par secteur.
- Et que reste-t-il pour généraliser l’expérience?
- Je crois que certains pays attendaient de voir d’abord les résultats de ces expériences avant de s’engager. C’est pour cela que nous travaillons au niveau des Nations Unies sur une politique globale du changement climatique qui ne pourra se réaliser à travers des politiques isolées. Sans cela, l’injustice climatique va aller crescendo.


 Propos recueillis par  Badra BERRISSOULE

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