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Politique

Sahel: Les raisons de l’enlisement de la crise

Par L'Economiste | Edition N°:4000 Le 01/04/2013 | Partager
Des Etats en faillite et des richesses qui suscitent l’intérêt des grandes puissances
La France acculée à rester au Mali pour plusieurs années
«Le Maroc et l’Algérie seuls capables de participer à une force africaine crédible»

Pour l’ancien ministre français de la Défense, Hervé Morin, «la France a décidé d’intervenir au Mali à cause de l’absence des Africains, qui sont dans l’incapacité de mettre en place une force en mesure d’assurer une opération de maintien de la paix»

Le bourbier sahélien constitue de plus en plus une menace pour la stabilité de toute la région, mais aussi de l’Europe. Ce constat a été confirmé par Hervé Morin, ex-ministre français de la Défense, lors de la conférence organisée par l’Ecole de gouvernance et d’Economie et le Lycée Descartes, jeudi dernier à Rabat. Une situation compliquée davantage par la présence d’une série de facteurs qui favorisent l’installation du chaos qui risque de se propager vers d’autres zones. En effet, il s’agit de l’une des régions les plus fragiles au monde. Cela est dû en premier lieu «au non règlement d’un certain nombre de problématiques politiques, comme la question des Touaregs», a noté Morin. Pour lui, «le Mali a fait l’objet d’attaques de groupes terroristes, parce qu’il s’agit d’un Etat effondré institutionnellement». De plus, ce pays ainsi que plusieurs de ses voisins sont aussi faibles en termes de développement. En effet, le Mali est classé 175e sur l’indice de développement de l’ONU, au moment où la Mauritanie est à la 159e position, et le Niger à la 186e. Cependant, «même si ces pays arrivent à réaliser une croissance, il y a une démographie galopante qui absorbe ce développement», a-t-il ajouté. Par ailleurs, d’autres facteurs viennent compliquer davantage la situation. En tête, les richesses du sous-sol de ces pays «qui peuvent alimenter l’appétit d’un certain nombre de grandes puissances», a estimé l’ex-ministre de la Défense. Ensuite, c’est une zone qui est devenue un véritable hub pour les réseaux de trafic de drogues. La chute du régime de Mouammar Kaddhafi n’a pas arrangé les choses. En effet, «d’une part, cela a libéré des forces qui soutenaient Kaddhafi et qui se sont retrouvées au chômage. Ensuite, en dépit de tous ses défauts, l’ancien président libyen était en capacité d’être partie prenante au règlement de plusieurs crises», a expliqué Morin.
A cela s’ajoute un autre élément déterminant: les Etats-Uni refusent de continuer à jouer le rôle du gendarme du monde. Car, «Barak Obama considère qu’il a pour mission de réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde», a souligné le député français. C’est dans ce contexte que Paris a décidé d’intervenir, principalement «à cause de l’absence des Africains, qui sont dans l’incapacité de mettre en place une force en mesure d’assurer une opération de maintien de la paix». Néanmoins, Morin regrette que la France soit acculée à «rester au Mali pour plusieurs années, au moment où elle devait agir en urgence pour seulement quelques semaines». Car, «même à moyen terme, nous ne pouvons pas compter sur une force africaine qui peut prendre le relais», a-t-il ajouté. Il a rappelé que, dans son intervention devant l’ONU lors du dernier trimestre de 2012, François Hollande avait appelé à la mise en place d’une force internationale, de préférence africaine, dans laquelle le Maroc et l’Algérie peuvent jouer un rôle de premier plan. Pour l’ex-ministre de la Défense, «ce sont ces deux pays qui disposent de véritables armées et qui peuvent participer à une force crédible». Néanmoins, «l’Algérie est ce qu’elle est avec la complexité de son régime», a-t-il noté. D’ailleurs, «le fait qu’elle ait permis aux forces aériennes françaises de survoler le territoire algérien n’était pas une décision facile», a estimé Morin. Le Maroc, de son côté, «a toute sa place dans ce dispositif. Mais il s’agit d’un Etat souverain, qui doit décider du contenu et des moyens d’intervention qu’il serait prêt à mettre en place», a-t-il affirmé.

Mission de la France

Pour Hervé Morin, «la France ne s’est pas engagée au Mali pour lutter contre le terrorisme, car cela sera perdu d’avance, vu que les conditions de son émergence continuent d’exister». Néanmoins, Paris doit remplir une mission qui s’articule autour de plusieurs objectifs. En tête, faire en sorte que «le Mali et les pays voisins soient en situation de pouvoir construire leurs propres forces». Ensuite, il s’agit également «de favoriser un dialogue entre Etats africains n’appartenant pas aux mêmes organisations sous-régionales». Surtout que des instances comme «le Dialogue 5+5 sont sans intérêt», a estimé Morin. Parallèlement, l’ancien ministre de la Défense a considéré que le France doit «être l’avocat de cette région au sein de l’Union européenne». L’objectif est de renforcer la prise de conscience de l’importance d’agir dans le cadre de la politique de sécurité européenne, mais aussi d’augmenter l’aide au développement de ces pays, qui «en ont plus besoin que d’autres», a-t-il ajouté.

Mohamed Ali MRABI

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