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Crise maritime: Karia tire la sonnette d’alarme

Par L'Economiste | Edition N°:3985 Le 11/03/2013 | Partager
Si le Maroc ne fait rien, il n’y aura plus de bateaux marocains dans cinq ans, avertit le PDG d’IMTC
Tous les armateurs sont touchés
Contrecoup de la crise sur la trésorerie d’ IMTC

Le commandant Mohamed Karia, PDG d’IMTC rappelle que l’Etat avait déjà aidé le secteur lors des années 1970 en octroyant une aide de 30% pour l’achat de navires avec une ristourne des intérêts, via un dahir… qui existe encore

- L’Economiste: Après les remous enregistrés en février dernier, comment qualifier la situation sociale au sein de l’IMTC?
- Commandant Karia: La situation est actuellement normale et les bateaux ont repris la mer. Il faut savoir que le maritime, c’était le fief de l’UMT depuis plus de cinquante ans. Mais d’autres syndicats s’y sont infiltrés. Le retard dans les salaires existe depuis quatre ans avec le démarrage de la crise et tout le monde faisait avec. Nous réglons les salaires avec du retard, mais nous les réglons. Malheureusement, c’est devenu un sujet de surenchère pour les syndicats qui promettent de réduire les délais de retard. C’est ce qui a été à l’origine de la grève début février. Il faut savoir que IMTC paie en salaires l’équivalent de 4 millions de DH par mois. Nous avons douze navires et la flotte est composée exclusivement d’équipages marocains.
- Cette grève a aussi posé la question de la santé financière de la société? Qu’en est-il réellement?
- Le groupe IMTC agit dans plusieurs secteurs dont l’armement de navires, l’affrètement, la consignation, le transport terrestre, etc. Il possède une flotte diversifiée comprenant des navires de transport conteneurisé, des navires rouliers et des car-ferries pour le transport de passagers et voitures. L’équilibre de ces activités nous a permis de réduire les risques dans la situation actuelle.Nous avons un problème de trésorerie, certes, conséquence des effets de la crise économique comme la plupart des armateurs du monde. Si nous payons nos fournisseurs rubis sur l’ongle, le recouvrement, lui, ne se fait que 60 jours après la prestation. Avant, nous bénéficions de plus de flexibilité de la part des fournisseurs, l’encours consenti pour le combustible atteignait les 8 millions de dollars US. Aujourd’hui, ce n’est plus admissible, il faut payer cash. Il en est de même dans certains ports marocains. D’un autre côté, l’affluence n’est plus la même. Auparavant, nous chargions entre 1.300 et 1.400 passagers et 400 voitures. Actuellement, nous avons une moyenne de 400 passagers et 150 à 200 voitures. D’où une offre plus importante que la demande et, par conséquent, une réduction du coût du fret. Il ne faut pas négliger aussi la concurrence de l’aérien low-cost qui a réduit le nombre de passagers, surtout les MRE.
- A cela s’ajoute l’amende du tribunal de concurrence…
- Oui, malheureusement. Les conclusions des autorités espagnoles sont contestables, contradictoires et abusives, si l’on se réfère aux lois en vigueur au sein de l’Union européenne.
Nous nous attendons à une annulation pure et simple de la résolution, car cette autorité n’est pas habilitée à juger les activités commerciales des armements marocains sur un trafic qui n’est pas intra-communautaire. Raison pour laquelle nous avons demandé un recours. En plus, la sentence a été jugée sur des éléments peu solides, sur la base de la dénonciation d’un membre desservant la même ligne. Il n’y a aucune preuve tangible qui nous incrimine en fait.
- Que devrait faire l’Etat pour sortir de la crise actuelle?
- Tout simplement se conformer à ce qu’il a décidé lors de l’annonce de la libéralisation du secteur. En 2007, le Maroc a annoncé la réforme, mais avec une mise à niveau de l’armement marocain. La libéralisation a été menée à terme, mais sans mise à niveau. Le Maroc fait actuellement 3 à 4% du marché du transport maritime, alors qu’on était à 25% avant.
La facture du fret maritime du Maroc est de 3 milliards de dollars qui part en devises, une somme énorme. L’Etat avait déjà aidé le secteur lors des années 70 en octroyant une aide de 30% pour l’achat des navire avec une ristourne des intérêts, via un dahir.
La flotte est alors passée en quelques années de 8 à 66 navires et la capacité de transport de 60.000 à 660.000 tonnes. Ce texte de loi n’a pas été abrogé à ma connaissance. Mais soyez sûr, si le Maroc ne fait rien, il n’ y aura plus de bateaux battant pavillon marocain d’ici cinq ans.


 Propos recueillis par Ali ABJIOU

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