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    Société

    Driss Benali, libre jusqu’au bout...

    Par L'Economiste | Edition N°:3961 Le 05/02/2013 | Partager
    Décédé ce dimanche 3 février
    Professeur universitaire et excellent orateur
    Il impute les maux de la société à la défaillance du système éducatif

    «L’arabisation du système a été néfaste!  J’ai tendance à être méchant, mais nous avons un système éducatif médiocre qui a pour conséquence de produire de jeunes «barbus», de jeunes «harragas» et de jeunes «star-académiciens»»:  Driss Benali ne cache son mécontentement du système éducatif

    «L’ASCENSEUR social est en panne puisque l’un de ses maillons essentiels a été détruit, à savoir l’enseignement». Une phrase célèbre du Pr  Driss Benali décédé dimanche 3 février à l’âge de 69 ans.
    Cette formule résume parfaitement la pensée de cet économiste qui a toujours défendu ses convictions et ses idées. Avant d’être un brillant penseur, Benali était un professeur qui a marqué plusieurs générations. La nouvelle de son décès a fortement touché tous ceux qui ont appris à comprendre les différents courants de la pensée économique avec lui. Pour Benali, tout passe par l’éducation. Ce Rbati «pur jus», assimilait le baccalauréat à l’achèvement du processus d’alphabétisation. En cause, une véritable défaillance du système éducatif. Benali a toujours été proche des médias qui le lui rendaient bien. L’Economiste perd  aussi l’un de ses chroniqueurs qui était souvent sollicité pour son expertise sur les questions maghrébines. Connu pour son franc-parler, il a été très demandé pour analyser les dimensions économiques du printemps arabe  par les médias étrangers, dès le début des soulèvements  en Tunisie.  Il écarte, alors, tout effet de contagion vers l’Algérie et le Maroc. Benali s’est également illustré dans son analyse de la portée du Programme d’ajustement structurel (PAS) appliqué par le Maroc en septembre 1983. Pour l’économiste, le FMI n’est pas le seul en cause. «L’obligation pour le Maroc d’opter pour le PAS découle d’une mauvaise gestion des finances de l’Etat». Profondément nationaliste, Benali ne mâchait pas ses mots pour défendre les intérêts du pays: «Il convient de relever qu’une certaine catégorie de Marocains a pris l’habitude de considérer le pays comme une vache à lait qu’on trait à satiété». Lors de l’un de ses derniers entretiens, Benali a été très critique vis-à-vis de la politique du gouvernement actuel. Sa fibre nationaliste, Benali la tient de son éducation. C’est à l’âge de 2 ans qu’il perd son père pour être élevé par sa mère et ses grands-parents paternels. Il a grandi à Rabat entre les quartiers Diour Jamaâ et Akkari qui, historiquement, ont été à l’origine du mouvement national sous le protectorat français. Benali avait comme voisin Allal Ben Abdellah et d’autres leaders politiques charismatiques.  Il côtoya également Mehdi Benbarka, Aziz Blal. Il a 18 ans quand il assiste à la constitution du premier Parlement marocain en 1964. Driss Benali intègre le lycée Moulay Youssef à Rabat, puis une année au lycée Belkhatib à Tanger avant de partir en France pour poursuivre ses études. Il commence par des études commerciales puis d’expertise comptable sans grande conviction. Son dada c’était l’économie. Ainsi, il choisit de  faire des études universitaires en économie à Grenoble. En 1976, son diplôme en poche, il retourne au Maroc en laissant derrière lui un poste de maître assistant. Même en vivant en France, il reste proche de l’actualité marocaine. En effet, il devient un militant actif de l’Union nationale des étudiants du Maroc (Unem). Militant pendant des années au Parti du progrès et du socialisme (PPS) avant de le quitter avec fracas en 1981. Ses obsèques se dérouleront aujourd’hui, mardi 5 février, au cimetière Chouhada à Rabat. Benali nous quitte dans un contexte où le Maroc a besoin d’économistes capables de repenser les fondements de l’Etat. Une réflexion à laquelle il aurait tant aimé participer.

    Sa formule pour le Maroc

     

    L’économiste débute sa carrière au Maroc à la faculté des sciences économiques à l’Université Hassan II à Casablanca avant de rejoindre l’Université Mohammed V à Rabat. Driss Benali a aussi enseigné à l’Institut des hautes études de management (HEM). Père d’un fils unique, le défunt était consultant et président de la commission d’aide à la production cinématographique. Il est aussi l’un des fondateurs de l’Association Maghreb Plus. Driss Benali a également été à la tête du «think-tank» politique, Alternatives. Il est l’auteur d’une série de livres et de chroniques. Les plus connus sont «Développement et transition vers l’économie de marché», «Commerce Nord-Sud», «Analyser les relations Nord-Sud» et «Economie du développement». Il avait une vision claire sur les ajustements nécessaires à un essor économique pour le Maroc. Pour lui, dans un tel contexte de crise mondiale, le Royaume doit repenser la construction de ses fondamentaux économiques. Cela implique une plus grande industrialisation et une réduction de la dépendance vis-à-vis de secteurs volatiles comme le tourisme ou l’offshoring.

     

    Ilham BOUMNADE

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