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La ruée vers l’or de retour

Par L'Economiste | Edition N°:3942 Le 04/01/2013 | Partager
Un nouveau concept fait son entrée au Maroc
Achat de métaux précieux directement chez le particulier
Un peu de transparence dans un marché opaque?

Que ce soit pour l’achat d’un appartement ou d’un lot de terrain, pour financer les études des enfants ou encore pour des soins de santé beaucoup se tournent vers les bijoux de famille

C’est connu. Les femmes marocaines raffolent de l’or considéré à la fois comme bijou d’apparat et valeur refuge. Nos grands-mères ont depuis toujours converti leurs économies en Louis d’or pour faire face aux aléas de la vie.
D’ailleurs, au Maroc, l’or possédé par des particuliers est estimé à plus de 1.200 tonnes, selon des professionnels, contre 1.000 tonnes environ en France à titre d’exemple.
Mais aujourd’hui, la tendance semble se renverser. Les Marocains ne thésaurisent plus l’or, mais l’utilisent quand un besoin en liquidités se fait sentir. Et si certains vendent pour le profit, beaucoup le font plutôt par nécessité. En effet, en ces temps de crise, il est de plus en plus difficile de dégager du cash. Que ce soit pour l’achat d’un appartement ou d’un lot de terrain, pour financer les études des enfants ou encore pour des soins de santé, beaucoup se tournent vers les bijoux de famille.
Mais comment tirer le meilleur profit de la transaction? Sachant que les tarifs pratiqués varient d’une bijouterie à l’autre, sans compter l’écart énorme entre le prix de vente et celui de l’achat. «J’ai fait le tour d’une vingtaine de bijouteries sur l’axe Rabat/Salé/Témara pour vendre des bijoux en or, on m’a proposé des tarifs autour de 300 DH, alors que le prix de vente du gramme est à 500 DH. Je trouve qu’un tel écart est énorme!» témoigne un cadre originaire de Rabat qui souhaitait financer l’achat d’un terrain en vendant les bijoux de sa femme. Il a d’ailleurs abandonné l’idée face à l’opacité qui caractérise ce marché. Certes les bijoutiers expliquent cet écart par le coût de la façon ainsi que leur propre marge, mais les prix pratiqués varient du simple au double, selon l’enseigne à laquelle on s’adresse. Certaines bijouteries de luxe vont même jusqu’à vendre le gramme à plus de 1.000 DH. Conséquence: à la revente, le client est toujours perdant.
Repérant ce filon, un nouvel entrant, Or Cash, vient d’investir le marché marocain. Son concept, qui a fait ses preuves en Europe, est simple. Il s’agit de racheter, en toute transparence, à des particuliers leurs bijoux en or, diamants et pierres précieuses. Or cassé ou neuf, or dentaire, argent, montres de luxe… Tout bijou est le bienvenu dans ces échoppes qui proposent «un paiement cash immédiat aux meilleurs prix». «Notre force est de permettre aux particuliers de débloquer rapidement de l’argent en toute légalité et en prenant les mesures de sécurité qui s’imposent», affirme Guy Hazout, gérant d’Or Cash. En effet, le reçu est exigé à chaque opération d’achat, le cas échéant le client doit remplir une «déclaration sur l’honneur», avec copie d’une pièce d’identité et empreintes digitales. Cette traçabilité permet d’éviter les «opérations douteuses» ou des démêlés avec la justice. Quant au prix pratiqué, il est calculé sur les cours actuels de l’or (24 carats), avec une décote de 25% correspondant au 18 carats (le plus courant au Maroc).
Pour l’heure, Or Cash est implantée principalement à Casablanca, mais aussi à Marrakech, Salé et Rabat, grâce à un partenariat avec le réseau Carrefour.
«Nous souhaitons également établir un partenariat avec Marjane pour renforcer notre présence sur le territoire marocain», indique Hazout. L’enseigne compte ouvrir 25 nouveaux magasins dans les mois à venir. Et pour davantage de proximité, Or Cash lance deux camions mobiles qui vont sillonner le Maroc à la recherche des métaux précieux.
Mais que devient le produit de cette collecte? «Il est réinjecté dans le circuit de l’or, ce qui contribue à soutenir l’économie nationale et à créer de nouveaux postes d’emploi», expliquent les promoteurs du projet. Selon eux, un bijoutier se contente de retaper et revendre le bijou acheté à son client pour empocher sa plus-value, alors que les bijoux vendus à Or Cash sont fondus et revendus aux usines qui travaillent le métal jaune.
En tout cas, les promoteurs de ce projet, dont l’investissement de départ est de 80.000 euros (plus de 800.000 DH) avec 3 millions de DH de cash-flow, ne comptent pas en rester là. Des pourparlers seraient en cours actuellement avec le géant américain NTR, qui raffine 30 millions de livres de métal annuellement, afin de l’introduire au Maroc. «Ce partenariat avec un opérateur de renommée international, nous permettra de raffiner l’or actuellement sur le marché marocain pour le ramener à 24 carats et le remettre sur les cours internationaux», confie Hazout. Ce dernier a pour ambition non seulement de moderniser un secteur resté traditionnel, mais aussi faire du Maroc une place internationale en matière de commerce de l’or, à l’instar de la Suisse. «Le Royaume peut devenir une plaque tournante de ce commerce en Afrique, sachant que ce continent recèle de nombreuses mines d’or», insiste le management.


Aziza EL AFFAS

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