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Analyse

Pourquoi Fès peine à raser ses bidonvilles

Par L'Economiste | Edition N°:3687 Le 28/12/2011 | Partager
Résistance des habitants de ces quartiers
La location de baraques, une manne intarissable
L’opération accuse 4 ans de retard

Les familles qui acceptent la proposition du relogement sont recasées dans des appartements flambant neuf. Toutefois, la démolition des baraques est la condition sine qua non pour la livraison des maisons

Epineux, complexe, et difficile… le programme Ville sans bidonvilles (VSB) accuse un retard de 4 ans à Fès. Pourtant, c’est d’ici que la lutte contre l’habitat insalubre avait commencé (en 2004) pour toucher plus tard l’ensemble du territoire national. Au total, 7.420 ménages ont été recensés. Fès devait être déclarée ville sans bidonvilles depuis… 2007. Cette déclaration est reportée à fin 2012.
En attendant, les responsables de la ville veulent accélérer «la résorption des bidonvilles». A en juger par l’opération coup de poing menée la semaine dernière à quelques pas du quartier El-Massira où des centaines de familles voulaient squatter un terrain appartenant à l’ONCF (cf. www.leconomiste.com). De fait, il semble que l’interdiction de la création de nouvelles poches de l’habitat insalubre est à la tête des priorités. «Fès a bénéficié d’une subvention du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace (MHUAE) d’un montant de 164 millions de DH pour un coût global de 667 millions», indique un responsable à l’inspection régionale de l’Habitat. «A ce jour, près de 5.300 ménages ont été traités sur les 7.420 contractualisés, soit 70%», ajoute-t-il.
A signaler que 70% du reliquat des ménages non encore traités à ce jour demeurent concernés par l’opération Dhar Mahraz, qui piétine depuis 4 ans. Ceci est dû essentiellement à l’occupation du site d’accueil par des familles démunies. Mais le problème commence à se dénouer. Il y a quelques mois, 70 ménages habitant le bidonville Dhar El Mehraz (ou Douar El Asker) ont été relogés dans de nouveaux appartements. C’est la société Al Omrane qui gère l’opération de recasement. Composé de cinq îlots d’habitats insalubres, ce quartier regroupe pas moins de 3.000 ménages. Sur ce total, près de 1.100 familles ont profité d’une première opération de restructuration et de relogement. Le reste est concerné par une opération de recasement en cours de réalisation qui consiste à offrir aux ménages ciblés des lots de 200 m² pour 3 ménages. Ces derniers devront payer une somme de 30.000 DH par ménage, soit dix fois moins cher que le prix réel du marché.
Outre le suivi du recasement des familles, les autorités sensibilisent la population et l’invitent à améliorer son cadre de vie. Seulement, dans certains cas, le caractère socioéconomique prime. Sur le plan social, les familles qui y demeurent ont, généralement, de très faibles revenus: à Douar El Asker, ils sont près de 60% de foyers dans ce cas. Le reste, ce sont des militaires à la retraite qui louent les baraques aux étudiants de la faculté de Dhar El Mehraz. Ils gagnent ainsi, grâce à ce commerce, entre 1.000 et 7.000 DH par mois. Les recaser, c’est donc les priver d’un revenu important. C’est pourquoi ils résistent à l’opération de relogement (cf. www.leconomiste.com). D’où l’ampleur de cette opération et son impact réel sur le retard enregistré entravant la déclaration de la ville de Fès en 2007 comme convenu au niveau du programme initial. Ainsi, une nouvelle approche a été adoptée et mise en œuvre depuis le 16 août 2010, laquelle consiste en la réalisation d’un lotissement comprenant près de 540 lots en R+3 d’une superficie moyenne de 200 m² destinés au recasement en trifamilial des ménages ciblés. Et ce, en vue d’activer le processus de résorption de la plus importante poche bidonvilloise au niveau de la ville de Fès dont le traitement définitif permettrait la déclaration de la ville dans les délais impartis.
Quant au reliquat des poches bidonvilloises ainsi que les poches nouvellement intégrées au périmètre urbain, un avenant au contrat 2004 est en cours de validation par les services centraux du MHUAE, fixant les nouvelles opportunités foncières mobilisables et le mode de traitement de l’ensemble des ménages concernés. Pour les responsables de l’Habitat, le contrat VSB de Fès est à mi-chemin: 96% de recasement à Aïn Smen et près de 40% de recasement et relogement à Dhar El Mehraz où une nouvelle offre a été proposée aux habitants. L’objectif est de dépasser le statu quo qu’a connu cette opération pendant des années. Une situation qui est due essentiellement à l’occupation du site d’accueil par des baraques habitées par des familles composées et démunies. Alors que les familles qui acceptent la proposition du relogement sont recasées dans des appartements flambant neuf. Toutefois, la démolition des baraques est la condition sine qua non pour la livraison des maisons. «C’est une population à problèmes qu’il faut reloger», reconnaît plus d’un responsable. Son recasement est une «opération chirurgicale inévitable». Pour accéder à un nouveau logement, les ménages devront payer une participation fixée à 70.000 DH pour un appartement de 68 m2, soit trois fois moins cher que le prix réel du marché.
En 2005, l’on avait recensé plus de 2.800 baraques prenant la taille d’un arrondissement où sévissent drogue, prostitution et l’extrémisme. La solution inévitable est donc d’éradiquer ce «quartier» qui demeure la plus importante poche bidonvilloise de la ville.

 

Démolition

Depuis 2004, plusieurs centaines de baraques ont été démolies. L’opération est de taille. Elle constitue une avancée dans le cadre du programme «VSB». Opération qui concerne plus de 5.300 familles. Et afin de reloger tout ce «beau monde», la construction de 4.000 unités de logement à Fès a été menée dans le cadre de plusieurs conventions. Liant le MHUAE et des promoteurs immobiliers privés, ces conventions offrent aux professionnels un foncier public assaini et valorisé, et prévoient un investissement de l’ordre d’un milliard de DH. Par ailleurs, pour assurer la réussite globale de l’opération, des mesures complémentaires ont été mises en œuvre, notamment l’accès au logement de faible VIT (140.000 DH). Concernant les zones non traitées, et en particulier les sites intégrés au périmètre urbain, les autorités et les services concernés ont procédé à la mobilisation de toutes les opportunités foncières disponibles pour l’accueil des ménages recensés, dans le cadre d’une approche urbanistique cohérente et équilibrée.

Youness SAAD ALAMI

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