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Economie

Comment le Maroc manage ses routes

Par L'Economiste | Edition N°:3549 Le 10/06/2011 | Partager
57.000 km de voies et un trafic qui double tous les 10 ans
Une caisse et un fonds pour le réseau routier

«Le patrimoine routier». Il regroupe, selon le ministère de l’Equipement et du Transport, l’ensemble des routes nationales, provinciales ou rurales, voies expresses, autoroutes et même les pistes. Ce réseau s’étale sur 57.000 km, dont plus de la moitié est en bitume. Les statistiques les plus récents, ceux de 2008, indiquent que l’indice national de circulation est de 66 millions de véhicules par km/jour. L’une des missions du ministère chapeauté par Karim Ghellab est d’adapter le réseau à l’évolution du trafic: «il double tous les 10 ans», précise Abdelhamid Idrissi Janati, chef de division entretien, exploitation et sécurité routière. Et pour qui la route est un service basé sur les trois «C»: un usager est à la fois un consommateur, un contribuable et un client.
Construction, entretien et élargissement des voies s’appuient sur deux organismes.
D’abord le Fonds spécial routier, créé en 1989, il dispose d’un budget de 2 milliards par an. Ce fonds, le 1er à être créé en Afrique, est financé par la taxe sur le carburant, la taxe sur l’enregistrement des véhicules et la taxe sur les essieux, payée par les poids lourds surtout. Puis il y a la Caisse pour le financement routier. La création de cet établissement public date de 2005. «C’est une banque créée au sein du ministère et dont le rôle est de décrocher des financements auprès des bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement. Cette caisse est également alimentée par le péage en autoroute ou encore les partenariats avec les collectivités locales.
Actuellement plusieurs programmes routiers sont en cours de réalisation: autoroutes, voies expresses, routes nationales… (voir illustration). Ce qui fait que des grands cabinets de conseil, tels que l’espagnol Eurogeotecnica, s’intéressent de près à tous ces chantiers. Rien que pour les autoroutes, l’investissement annuel moyen a atteint 4 milliards de DH entre 2006 et 2010.
L’un des projets les plus emblématiques, politiquement et socialement, est le Programme national des routes rurales (PNRR). L’enjeu du PNRR est d’attendre un taux de désenclavement de 80% en 2012 contre 54% en 2006. Manière aussi d’en finir avec cette ségrégation spatiale cristallisée historiquement par le «Maroc inutile» et plus récemment Angfou village du Moyen Atlas où des bébés mourraient de froid (L’Economiste du 6 mai 2008).
Le réseau routier continue à souffrir de quelques problèmes. D’abord d’insécurité routière qui fait que l’on compte 10 morts par jour dont 7 en rase campagne. Le nouveau code de la route, applicable depuis début octobre 2010, «sauve trois vies par jour» (L’Economiste du 25 avril 2011).
Ensuite, il faut composer avec 1.000 km de routes ensablées -dans la région de Zagoura notamment- et 5.000 km de voies enneigées. Les crues exceptionnelles (2008-2010) ont causé 3 milliards de perte. Sans omettre de citer aussi le glissement de terrain, particulièrement au Rif. Et lorsqu’on parle de route, «c’est tout un savoir-faire en géotechnique qui a été développé depuis 1995 par le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE)», affirme Houssine Ejjaaouni, lors d’une intervention, mardi 7 juin, sur «les enjeux de la géotechnique dans les projets d’infrastructures au Maroc»(1) . Le directeur technique et scientifique du LPEE insiste aussi sur «un changement de contexte de notre environnement: choix limité du couloir, terrain accidenté, géologie difficile, rareté de matériaux pour le remblai comme c’est le cas au nord….». Il cite ainsi le cas de la rocade méditerranéenne reliant Tanger à Saïdia ou encore celui de l’autoroute Marrakech-Agadir. Sachant qu’une autoroute comme celle liant Tétouan à Fnidek ou la corniche d’Al Hoceima ont dû connaître des glissements. Les problèmes de reconnaissances ou de déplacement de montagne ont fait que «le remblai a été transformé en ouvrage d’art». L’insuffisance des études géotechniques fait que des strates d’argile ne sont pas détectées.


Faiçal FAQUIHI

                                                                                                

(1) Le Cabinet de conseil, Eurogeotecnica, spécialisé dans les grands projets d’infrastructures, a organisé un séminaire sur ce sujet.

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