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Economie

Climat des affaires : Des réformes… et une usine à gaz

Par L'Economiste | Edition N°:3549 Le 10/06/2011 | Partager
Investissements : AMDI, CRI, Commission se marchent dessus
Absence d’évaluation des réformes et de communication

La diversification économique a nécessité des investissements considérables qui ont stimulé la croissance. En 2009, l’investissement a continué de croître malgré la contraction des IDE

Le Maroc a enregistré des avancées sur la voie de l’amélioration du climat des affaires mais beaucoup de chemin reste à faire. Tel est le constat qui se dégage du rapport de l’OCDE. Elaboré dans le cadre du programme Mena, la stratégie du développement du climat des affaires (Sdca) comporte trois phases. Le travail d’évaluation a été réalisé sur la base de 240 indicateurs et de 12 dimensions ayant un impact direct sur l’environnement des affaires. «C’est le résultat d’efforts collectifs. Il s’appuie sur des informations et une auto-évaluation fournies par le gouvernement du Maroc», peut-on lire en préambule. Il a aussi été enrichi par des rapports de consultants marocains indépendants, des entretiens avec les représentants du secteur privé et d’ONG marocaine et internationale. Mieux encore, le contenu a fait l’objet de 2 séminaires thématiques tenus en novembre 2009 et juin 2010. In fine, le rapport a été soumis au ministère délégué chargé des Affaires économiques et générales pour appréciation. Ce département ayant à la fois assuré la coordination et la participation au financement. Le rapport ne fournit qu’un résumé de l’évaluation des 12 dimensions retenues. Le détail est toutefois, disponible sur le site internet du programme Mena-Ocde (www.oecd.org/mena/investment).
Mais au-delà, les conclusions transversales donnent le ton des réformes à poursuivre ou à réajuster. Celles-ci se rattachent aux dysfonctionnements relevés au niveau de l’ensemble des dimensions analysées. De prime abord, les rédacteurs du rapport pointent du doigt, le manque de coordination institutionnelle. Un nombre relativement élevé d’intervenants est impliqué dans la mise en œuvre de la politique d’amélioration du climat des affaires. Leur rôle est souvent bien défini par les textes fondateurs. «Mais dans la pratique, les champs de responsabilité et la coordination manquent parfois de clarté», est-il relevé. La représentativité est souvent concentrée entre les mêmes institutions, voire e les mêmes personnes.
Par ailleurs, la multiplicité d’intervenants risque de freiner les efforts de ceux qui sont en première ligne pour faire aboutir les changements. De même, le déficit constaté en matière de mécanismes d’évaluation des performances empêche tout réajustement des mesures. Le point positif, tient en la création en 2009 du comité national de l’environnement des affaires. ( www.leconomiste.com). Cependant, son action reste limitée à l’identification et à l’accompagnement d’une douzaine d’actions prioritaires définies sur une base annuelle. L’illustration du manque de coordination est fournie, par la politique du commerce extérieur, celle des investissements étrangers et de la promotion des PME. A titre d’exemple, la promotion des exportations implique Maroc Export, la Société marocaine d’assurances à l’exportation, l’Association des exportateurs, la Maison de l’artisan et l’Etablissement de contrôle sans toutefois, que les mécanismes de coordination soient définis. En ce qui concerne, les investissements) extérieurs, l’articulation du rôle de l’Amdi (Agence marocaine de développement des investissements vis-à-vis des autres intervenants reste aussi à définir. En particulier, par rapport aux Centre régionaux des investissements placés sous tutelle de l’Intérieur. L’Amdi a également pour tâche de gérer les zones économiques spécialisées. De ce fait, elle doit s’imposer comme une institution centrale au service des investisseurs tout en s’ancrant dans la politique de régionalisation avancée. La politique de promotion des PME n’est pas non plus exempte de l’impact généré par la pléthore des intervenants. Le cadre institutionnel implique, les ministères de l’Industrie, des Affaires économiques et générales, deux agences et les CRI. «Une telle diversité au niveau central et régional nécessite une culture de coopération basée sur des mécanismes efficaces de coordination», commente le rapport. Ce qui n’est pas le cas dans la mesure où c’est l’Intérieur qui pilote les projets à l’échelon régional.
Le déficit de communication et de consultation constitue le second volet des conclusions transversales du rapport. L’examen des différentes réformes et stratégies lancées par le gouvernement donne à penser que leur impact aurait été renforcé, si elles étaient accompagnées par une plus large consultation des différents acteurs économiques et sociaux. «Au Maroc, les stratégies sont généralement accompagnés par un effet d’annonce sans un suivi pour offrir la visibilité requise», constatent les experts de l’Ocde. Le constat est aussi transposé pour ce qui est de l’ouverture du marché à la concurrence. Certes, le Maroc se rapproche des standards internationaux en ce qui concerne le respect des engagements pris et se trouve lié par de multiples accords mais le monde des affaires exige plus d’ouverture. Surtout, en termes du renforcement de la concurrence. Selon le rapport, les hommes d’affaires font souvent état de barrières liées au fonctionnement du marché. Ils relèvent aussi l’absence de transparence et appellent à l’accès à plus d’informations. «Le manque de transparence (pénurie d’information) côtoie parfois l’aléatoire (application inégale des règles).
La justice troisième entrave qui entache le climat des affaires tient à la justice. Elle est considérée comme le nœud fondamental pour toutes les dimensions de la chaîne de valeur. La lenteur et le manque de transparence sont des facteurs qui pèsent en effet sur le développement des entreprises. Délais de procédures, report des audiences, manque de qualifications des magistrats, conflits de juridictions et difficulté à obtenir l’exécution des décisions, les griefs souvent évoqués par les entrepreneurs. S’y ajoutent aussi, la corruption et le manque de diffusion de la jurisprudence. De plus, la justice semble tourner le dos au monde des affaires.

 

Financement: Déficit de concurrence

Une des mesures clés de l’efficacité du système bancaire est la concurrence. Ses bases sont bien évidement établies dans les textes mais elle mérite d’être améliorée dans la pratique. Trois banques contrôlent en effet, plus de 50 % des actifs. Et, les garanties exigées pour l’octroi de crédits restent très élevées. Ce qui s’explique par un manque d’offres et donc de concurrence entre les banques de la place mais aussi par une frilosité à l’égard des PME. Le nantissement immobilier est en général exigé comme garantie tangible. Or, la complexité du système foncier fait que dans la majorité des cas les actifs immobiliers ne sont pas enregistrés. Ce qui écarte de nombreuses PME du circuit de financement bancaire.

A.G.

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