×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Jamaâ El Fna, plus que jamais patrimoine du dialogue

Par L'Economiste | Edition N°:3542 Le 01/06/2011 | Partager
10e anniversaire du classement de la place au patrimoine oral et immatériel de l’Unesco
De nombreuses personnalités venues rendre un nouvel hommage aux victimes de l’attentat
L’authenticité de la place menacée?

Conteurs, acrobates, dresseurs de singes, ainsi qu’une foule de Marrakechis ont offert un théâtre mythique au 10e anniversaire du classement de la place Jemaâ El Fna au patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco

Ce lundi plus que jamais, la place Jamaâ El Fna a montré toute la force de sa puissance créatrice et de son attractivité. Conteurs, acrobates, dresseurs de singes, mais également une foule de Marrakchis, ont offert un théâtre mythique à la commémoration du 10e anniversaire du classement de la place Jamaâ El Fna au patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco. Pour l’occasion, les artistes marrakchis avaient également dressé sur la place une œuvre artistique collective «conçue telle une vigie dressée face aux extrémismes de tout bord»
L’événement a pris une dimension encore plus symbolique, alors qu’il se déroulait un mois après le triste attentat du 28 avril dernier. Plusieurs personnalités, dont Frédéric Mitterrand, ministre français de la Culture, Yasser Zenagui, ministre du Tourisme, et Bensalem Himmich, ministre de la Culture, ainsi que Francesco Bandarin, DG adjoint pour la culture à l’Unesco, sont venues rendre un nouvel hommage aux victimes de l’attentat et à leurs familles. Les professionnels du tourisme français, dont les dirigeants des principaux tour-opérateurs et agences de voyages, s’étaient également mobilisés.
«Cette célébration doit montrer que la violence ne pourra jamais faire taire la mémoire du dialogue et de l’interculturalité», a indiqué Frédéric Mitterrand. Ces valeurs humanistes véhiculées par la place ont été plusieurs fois mises en avant. «C’est un patrimoine du dialogue. La place Jamaâ El Fna incarne le foisonnement des cultures», a souligné Francesco Bandarin, rappelant qu’elle est un cas unique de double inscription au patrimoine de l’Unesco (patrimoine mondial et patrimoine oral et immatériel).
La cérémonie a également été l’occasion de rappeler qu’une attention particulière et urgente doit être portée à la préservation de ce patrimoine. «Il y a péril en la demeure, quand on voit l’authenticité de la place disparaître», a affirmé avec force un habitant de Marrakech. L’un des problèmes majeurs tourne autour de la relève de ceux qui créent l’ambiance de la place (notamment les conteurs). 80% de cette population a aujourd’hui plus de 70 ans et pour des raisons principalement financières et de statut, ces métiers sont de moins en moins attractifs auprès des jeunes. «Nous avons envie de lancer un appel. Il faut donner aux gens qui font vivre la place le statut qu’ils méritent», a confirmé Ouidad Tebaa, doyenne de la faculté des sciences et représentante de la société civile.
Ce problème de préservation de la place focalise désormais l’attention des autorités locales et régionales de Marrakech. Tout un travail a été lancé pour la mise en place d’un centre d’interprétation du patrimoine. «Il est important d’avoir un lieu qui puisse valoriser cette mémoire. La chance fait que nous avons pour cela l’ancien siège de Bank Al- Maghrib, qui date des années trente», explique Fatima Zahra Mansouri, maire de Marrakech. Par ailleurs, le conseil de la ville est en train de réfléchir à la mise en place de structures, notamment une couverture de santé et un accompagnement social pour rendre le métier de conteur encore plus attractif. Au niveau central, le ministre de la Culture, Bensalem Himmich, a rappelé que plusieurs projets sont en cours, telles la création d’une police du patrimoine et la mise en place d’un tourisme culturel.


«Pas plus de 10% d’annulations»


Un mois après l’attentat, son impact sur le tourisme à Marrakech est toujours difficile à évaluer. «Il est laborieux de faire des projections chiffrées sur un événement comme celui-là, mais nous suivons jour après jour ce qui se passe sur le terrain. Il y a eu des annulations, mais nous n’avons pas encore dépassé les 10%», indique Yasser Znagui, ministre du Tourisme. Un plan d’action va être mis en place, comprenant une série d’événements, une campagne média, des actions dans les aéroports, sur Internet et les nouveaux médias pour renforcer l’attractivité de la place Jamaâ El Fna et la ville de Marrakech. «Ce qui s’est passé rendra Marrakech beaucoup plus forte. Elle va en sortir grandie et évoluer encore plus vite que par la passé», conclut Zenagui.


Marie-Noëlle RASSON

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc