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    Economie

    Transport en commun à Casablanca
    Les privés crient à la concurrence déloyale

    Par L'Economiste | Edition N°:1911 Le 07/12/2004 | Partager

    . Ils appellent les autorités de la ville à respecter leurs engagements. Le transport doit être examiné dans une problématique globale de développement “Le transport urbain à Casablanca traverse une période de mal vie malgré l’intervention du tout dernier délégataire de la gestion de la Régie autonome de transport en commun” (RATC). Les propos sont de Saâd Raissi, président de la section transport en commun de la Fédération nationale du transport routier (FNTR). “Aujourd’hui, nous sommes devant une situation où il y a des confrontations inégales qui sont dues à la remise en exploitation de l’ancienne RATC sur un mode qui n’a pas tenu compte de l’ensemble des données du transport urbain à Casablanca”, estime Raissi. On ne peut être plus clair: les transporteurs privés, qui ont fait le bonheur des Casablancais depuis le début des années quatre-vingt, se sentent lésés. Frustrés, ils n’ont pas manqué de réagir notamment en “rappelant aux premières autorités de la ville leurs engagements, pris lors des travaux de la commission mixte sur le transport en commun dans la métropole”.Le “nouvel opérateur ne respecte nullement les lois de la concurrence. Il est venu exploiter les lignes qui étaient auparavant réservées aux transporteurs privés”, indique Raissi. Il faut y ajouter que “les tarifs qu’il pratique ne lui permettront pas de faire de vieux os, car il est mathématiquement perdant sur toute la ligné ”, ajoute-t-il. “Si l’on fait une marche arrière sur la tarification, il est certain qu’il sera fait également marche arrière sur la qualité de service”, estime Saâd Raissi. “Le délégataire de gestion n’intervient d’ailleurs que sur les lignes les plus rentables et donc l’intérêt est plus la recherche des bénéfices que le service et la qualité de service”, s’insurge-t-il. D’autant plus que, contrairement aux stipulations du cahier des charges, tous les bus sont des bus usagés”, ajoute-t-il. “Cette situation a donné naissance à un déséquilibre qui porte directement atteinte aux entreprises qui ont assuré le service de transport en commun privé pendant des années”, ajoute Saâd Raissi. Ce dernier estime que “le même déséquilibre portera atteinte également à l’ensemble du secteur des transports urbains à Casablanca si l’on n’y remédie pas, et dans les plus brefs délais”. Ceci est d’autant plus vrai que la mise à niveau d’un secteur ne peut être jamais que totale. “De ce fait, il est souhaitable que toutes les parties concernées se mettent autour d’une même table pour penser le transport urbain à Casablanca dans sa globalité avec tous les éléments qui sont aujourd’hui avérés ou qui le seront avec le temps”, explique Raissi. Cela à la lumière de l’étude sur les déplacements urbains et qui est largement entamée et dont les premiers résultats seront connus prochainement. L’approche du problème doit être faite sur deux plans: une mise à niveau du secteur qui préserverait, du moins dans l’immédiat, les acquis, à savoir les différents intervenants (privés et aussi délégataire). Et pour qu’il n’y ait pas trop de “casse” chez eux, il faudrait structurer notamment en mettant sur pied une commission ad hoc composée de toutes les parties concernées (administration de tutelle, autorité “concédante” et intervenants). De telle sorte que toutes les décisions de cette commission soient respectées et exécutées par toutes les parties. “La réalisation de ce premier vecteur permettra une optimisation des ressources en fonction des besoins en transport de la ville”, indique Raissi. L’autre plan serait de repenser l’ensemble des textes régissant le secteur, notamment ceux ayant trait à l’exploitation des réseaux urbains. Cette approche aurait, selon Raissi, “l’avantage de proposer une première réponse à la problématique des transports urbains à Casablanca”. Toutefois, elle resterait elle-même très problématique si “elle n’est pas suivie d’une réflexion en profondeur sur tout le secteur et sur les besoins futurs de la ville”.. Apport non négligeableDans ce cadre, des solutions seraient envisageables, notamment en “améliorant et en développant le réseau Al Bidadoui par la création de stations et non de gares”. Idée que Raissi estime “séduisante pour la ville aussi bien en termes d’aménagement du territoire qu’en termes de déplacements urbains”. “Il y a à Casablanca deux millions de mètres carrés d’emprise de voies de chemin de fer qui ne demandent qu’à être utilisées”, indique Saâd Raissi. Il est vrai que l’existence de peu de stations au niveau du parcours d’Al Bidadoui a amoindri de son efficacité. L’on devrait, comme tient à le défendre Raissi, “penser à l’enfouissement des voies et à la création de zones marchandes souterraines”. Une approche ambitieuse et futuriste, certes, mais qui a le mérite, il faut le reconnaître, de se situer dans une vision globale et durable.En tout état de cause, le problème des transports en commun n’est pas prêt de trouver une solution définitive. C’est le cas de le dire, quoique l’apport des “privés” et même du délégataire de gestion ne soit pas négligeable. La situation de concurrence entre les deux entités pourrait être résolue notamment par le dialogue. Certes, ce n’est pas encore le bras de fer, mais une course à “une pollution tarifaire” ne pourrait avoir comme aboutissement que d’enfoncer le problème encore plus comme dans un champ de sables mouvants où tout mouvement irréfléchi ou incontrôlé risque d’être fatal. Le transport en commun étant une des priorités du Conseil de la ville, il serait certainement judicieux et profitable à tous les Casablancais que les autorités concernées acceptent la main qui leur est tendue de la part des transporteurs privés qui ont toujours et continuent d’ailleurs à assurer un service de transport régulier et dense.Jamal Eddine HERRADI

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