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International

Davos: L’Afrique en vedette
De notre envoyée spéciale, Nadia SALAH

Par L'Economiste | Edition N°:1947 Le 28/01/2005 | Partager

. La vraie question africaine, c’est aussi l’autogouvernance. Les programmes mondiaux d’aide au développement critiquésIl ne fallait pas sortir de la session sur «Afrique et G8, action ou rhétorique», car il aurait été impossible d’y retrouver sa place. Des hôtesses (femmes et hommes, comment appelle-t-on les hôtesses quand elles sont hommes?) faisaient sévèrement la police devant la grande salle de congrès. Trop de participants: décidément, l’Afrique a été mise à la mode. Pour la bonne cause? Qui peut savoir? En tout cas, la formulation de cette session à succès le dit clairement qu’il y a beaucoup de paroles et peu d’actes. C’est d’ailleurs ce qui a été dit et redit dans l’atelier hier matin, jeudi 27 janvier 2005, au World Economic Forum, plus connu sous le nom de Forum de Davos. Environ 2.800 personnes participent à cette manifestation.. Trops grands désordresEn fait, la vraie question africaine, c’est aussi la gouvernance, ou plus exactement l’autogouvernance, comme le dit le patron d’une multinationale, qui a fermé plusieurs de ses implantations sur le continent, au cours de ces dix dernières années: pas de rentabilité quand les désordres sont trop grands ou quand la «corruption officielle» ronge toutes les décisions publiques. Il y a peut-être 2 à 3 millions d’enfants soldats dans le monde, la plupart se trouvent en Afrique, à cause de l’effondrement des Etats. Est-il alors possible, est-il censé de parler de gouvernance?Pourtant, si l’actualité africaine est souvent faite de ces désordres, un mouvement de fond se dessine peut-être. Derrière ce qui fait la Une des journaux télévisés, des sociétés, des pays se redressent, comme cela est clairement indiqué dans notre publication spéciale 2005 (réalisée en collaboration avec Courrier International et The Economist, qui est encore disponible pour quelques jours en kiosque). Ces pays qui ont vécu le pire recommencent doucement à vivre, souvent après un processus électoral, mais pas toujours.Lors de l’ouverture du Forum, mercredi 26 janvier, les organisateurs ont été très critiques à l’endroit des programmes mondiaux d’aide au développement. «Le monde est en train de renoncer aux engagements pris en l’an 2000 au sein de l’ONU», dit le WEF, qui en rajoute en écrivant que ceci est «inexcusable». Si on reste sur ce rythme, il faudrait 150 ans pour réaliser ce qui a été promis pour 2015. L’extraordinaire mobilisation des sociétés civiles pour les victimes du tsunami montre pourtant que les habitants de la planète sont prêts pour des actions concrètes, d’envergure en faveur des plus démunis. Le Forum de Davos se propose de monter un groupe spécial pour pousser à la roue. «Nous ne sommes pas l’ONU ni un gouvernement, nous n’avons pas de pouvoir réel, sauf celui de convaincre», selon le fondateur du WEF, Klaus Schwab. «Notre mission est de faire en sorte que le monde soit meilleur», indique-t-il. . Altermondialistes contre «Davosiens»En tout état de cause, son forum a beaucoup changé en quelques années. Aujourd’hui, on dirait qu’il veut faire concurrence avec la rencontre de Porto Alegre, au Brésil, et qui se veut le point de jonction de toutes les tendances antimondialisation. Il y a beaucoup plus de participants au Brésil qu’il n’y en a en Suisse: 100 à 120.000 altermondialistes contre 2.800 «Davosiens». Mais si Porto Alegre n’arrive pas à trouver de voie efficace pour proposer un autre monde, Davos est en train de s’y essayer.Pourtant, il n’y a guère d’Africains dans la station suisse, enneigée depuis huit jours: tout y est vraiment très cher!


L’agenda de Chirac

Chirac n’est pas venu à Davos, mais la grande salle du Forum etait archi-pleine pour sa vision-conférence, pleine, attentive et séduite, même le président de la Confédération suisse, Samuel Schmid, dont le titre exact est Conseiller fédéral. Pourtant, son pays, hôte du Forum de Davos, était visé par les propositions du président francais: taxer, très peu (au maximum de l’ordre du millième), les transactions financières, mais pas n’importe lesquelles, seulement celles qui cherchent à bénéficier du secret bancaire. Le produit de cette taxe irait au développement, particulièrement au développement subsaharien. L’information est sans doute allée un peu vite, lorsque l’idée s’est répandue que Jacques Chirac voulait promouvoir la «taxe Tobin». Il ne s’agit pas de cela, mais d’entrer dans la mouvance de la lutte contre les paradis fiscaux, déjà bien critiqués par les dernières conventions internationales, qu’elles soient le fait des Etats comme la convention contre le blanchiment, ou le fait des entreprises financières elles-mêmes.Le président français a pris d’infinies précautions pour aborder le sujet des taxations. En effet, il relève à la fois de la souveraineté des Etats (ou, plus démocratiquement, de la souveraineté populaire) et de la liberté individuelle de placer discrètement son argent où l’on veut. En réalité, si elle est très connue pour son secret bancaire, la Suisse est moins secrète que certains Etats américains, qui se cachent derrière la liberté individuelle, ou quelques iles anglo-normandes, qui sont eux de vrais paradis fiscaux et sont fortement soupçonnés d’alimenter les fuites de capitaux ou le blanchiment.Chirac propose une deuxième série de taxes: un dollar sur chaque billet d’avion (d’après lui, il s’en est vendu pour 3 milliards de dollars l’année dernière) et des taxes sur les carburants maritimes et aériens. Le Maroc en sait quelque chose: tout au long des années 90, de féroces batailles de groupes de pression se sont livrées de manière a détaxer ces carburants, parce qu’ils étaient détaxés ailleurs. Chirac propose donc de revenir sur ce phénomène de contagion antifiscale. Ce ne serait pas les Etats qui en bénéficieraient, mais un fonds pour le développement. Un moment plus tard, c’est Tony Blair, le Premier ministre britannique qui est monté au créneau de la lutte contre la pauvreté, particulièrement en Afrique. Il a annoncé qu’il reviendrait à la charge lors du sommet du G8, dont il est le président pour cette année. Apparemment, il y a une forte alliance entre Londres et Paris sur cette affaire de développement. Histoire de reprendre la main à Bush, qui patauge dans sa politique unilatérale d’interventions armées.

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