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    Economie

    Casablanca: «Joutiya lakdima» raccordée au réseau Lydec

    Par L'Economiste | Edition N°:2082 Le 09/08/2005 | Partager

    . 168 commerces étaient reliés à un seul compteur . Des branchements individuels en cours «Nous sommes dans cette situation depuis plus de quatre-vingts ans. Ce marché date de l’époque du Protectorat. C’est le makhzen qui l’a construit et jamais il n’a connu d’entretien, ni de réaménagement. Et l’électrification nous pose toujours un grand problème», affirme sur un ton amer un commerçant de Joutiya lakdima, marché situé dans l’ancienne médina, place Bab Jdid. En fait, les 168 locaux commerciaux qui composent le marché sont alimentés en électricité de façon anarchique. Un seul branchement raccorde tous les commerces. Le compteur est installé à la mosquée et de là un câble serpente les murs de la joutiya et alimente les magasins. Les règles de sécurité en prennent un grand coup. D’ailleurs, les locataires ne cessent de se plaindre: «Nous sommes toujours hantés par le risque d’incendie. A tout court-circuit, ou surtension, il y a coupure de courant et tout le marché plonge dans l’obscurité. Si nous avions des branchements individuels, nous pourrions éviter ce genre de désagréments», explique un tailleur de jellaba pour hommes, installé au marché de la Joutiya. Chaque fin de mois, tout le marché reçoit une seule facture. Bien salée, il faut dire. Et pour cause, les 168 commerçants ont un compteur collectif. Du coup, ils dépassent toutes les tranches. «Nous payons l’électricité très cher, en moyenne 3.000 DH par mois, à cause de ce système d’approvisionnement dont nous disposons», indique un commerçant. Sans parler d’un autre casse-tête: collecter les quotes-parts auprès des locataires. Ces derniers se dérobent, payent avec du retard et certains disent même ne pas vouloir de cette électricité. «Si Lydec n’est pas payée à temps, c’est la majoration et les pénalités», indique l’adjoint du responsable de la Joutiya. Et c’est toujours la même chose, à tel point que des animosités se créent entre certains commerçants. Les locataires n’ont cessé de frapper aux portes des élus pour remédier à cette situation. «Nous avons sollicité à maintes reprises Mutapha Ridaoui, le président de l’ex-commune Moulay Youssef. Mais en vain. A chaque fois, il disait qu’il avait donné ses instructions au service concerné. De fausses promesses. Situation qui dure depuis le début des années 80», affirme l’adjoint du responsable du marché. Aujourd’hui, avec l’unité de la ville, le marché est la propriété de la commune urbaine de Casablanca. Abdellatif Adib, vice-président à l’arrondissement Sidi Belyout et membre du Comité technique du suivi de Lydec, a pris en charge ce dossier d’électrification de la Joutiya. Ses relations avec les responsables du concessionnaire lui ont facilité la tâche. Avec l’aval de Mohammed Sajid, maire de Casablanca, Adib et l’ingénieur des travaux, à la mairie, se sont enquis de l’état des lieux. Et tout de suite, le financement a été trouvé. «Ce n’est pas l’argent qui manque, mais les initiatives», explique Adib. En fait, la ville dispose d’un plan et d’un budget de restructuration des marchés. Il suffit juste que les élus soumettent des propositions dans ce sens au bureau du Conseil de la ville. Une fois ces démarches accomplies, Lydec se met au travail. Déjà, le réseau en câble torsadé et l’installation électrique centrale ont été mis en place. Cette opération a coûté près de 600.000 DH. Et c’est la mairie qui a payé. Il ne reste plus qu’à raccorder les locaux au réseau électrique. Raccordement qui dépend de la signature des contrats d’abonnement avec Lydec. Pour le moment, une trentaine de commerçants ont déjà pris l’initiative. Les autres vont suivre certainement. Les frais du branchement, estimés à 2.650 DH par local, en dissuadent plus d’un. Heureusement, après accord avec le concessionnaire, les commerçants peuvent s’en acquitter par traite. Après l’électricité, viendra le réaménagement de tout le marché. C’est ce qu’a promis la commune. A commencer par la mise en place d’un réseau pour évacuer les eaux de pluie. «Pendant l’hiver, le marché se transforme en un véritable étang. Nombre de marchandises et articles se détériorent», souligne un commerçant. A noter que le marché est spécialisé dans la fabrication de sacs. Quelques magasins vendent de vieux vêtements.


    Améliorer les recettes de la ville

    C'est un véritable deal qu’a conclu Abdellatif Adib avec les locataires du marché: la commune électrifie et les commerçants payent ce qu’ils doivent à la commune. A voir l’état des créances établi par le service de la Régie, la dette des locataires envers la commune est évaluée à 600.000 DH car ils avaient arrêté le payement depuis 2002. C’est l’équivalent de 660 DH de loyer par local par an. «Avec cette transaction, la ville améliore ses recettes en recouvrant ses créances», affirme Adib en sa qualité de président de la Commission des ressources financières à la mairie.Ali JAFRY

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