Economie

«L'option nucléaire est incontournable«
Entretien avec Moulay Abdellah Alaoui, président de la fédération de l’énergie

Par L'Economiste | Edition N°:2378 Le 09/10/2006 | Partager

. Une révision à la hausse des prix peut intervenir à tout moment. La solution est dans la diversification- L’Economiste: Qu’est-ce qui explique à votre avis la décision du gouvernement de baisser les prix des carburants? Et dans quelle mesure le consommateur doit-il se réjouir? - Moulay Abdellah Alaoui: Le gouvernement, en mettant en place le système d’indexation, se devait de répercuter toute baisse ou hausse des prix du pétrole. Mais il ne faut pas trop se réjouir. A la faveur d’une crise quelconque, ces prix seraient revus à la hausse. Aujourd’hui, le pétrole n’est pas une production chiffrée mais un enjeu géopolitique très sensible aux aléas de l’actualité internationale. Et aucun expert ne peut prédire ce qui va arriver demain.- Certaines analyses lient cette baisse à des considérations politiques et électoralistes. Qu’en pensez-vous?- Il est clair que sur le plan politique, le choix du moment pour décider cette baisse est on ne peut plus opportun. Cette révision intervient à la veille des négociations avec les syndicats dans le cadre du dialogue social. Elle ne manquera pas de calmer les esprits. Les élections législatives 2007 sont également pour beaucoup dans ce type de mesures. Cela prouve que la préoccupation politique a prévalu dans la décision de cette baisse. - Les effets de conjoncture mis à part, la dépendance énergétique du pays continue de se creuser…- Si le Maroc ne développe pas d’autres niches et ne diversifie pas ses sources d’énergie, il restera dépendant de la sainte trinité pétrole-gaz-charbon. L’option nucléaire est incontournable pour un pays comme le nôtre. Elle nous permettra de produire une énergie bon marché et nous introduira dans les pays compétitifs. Cette option gagnerait donc à être concrétisée le plus tôt possible. En matière d’approvisionnement, et au lieu de procéder à des investissements coûteux, les entreprises marocaines devraient plutôt réfléchir à prendre des participations dans des multinationales spécialisées dans l’énergie ou mettre en place des participations croisées. Le patriotisme énergétique n’est plus valable dans un secteur où le mot d’ordre est la mondialisation. Le Maroc seul ne peut rien faire. Propos recueillis par Tariq Qattab

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