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    «Le grand lancement de la réforme est prévu pour 2002»

    Moulay Ismaïl Alaoui, ministre de l'Education Nationale

    Par L'Economiste | Edition N°:756 Le 27/04/2000 | Partager

    Rationalisation et modernisation de l'Administration, formation, recyclage, renforcement des langues et ouverture sur l'environnement de l'école, tels sont les grands chantiers du Département de l'Education.


    - L'Economiste: Quelles sont les mesures concrètes prévues pour la rentrée prochaine?
    - M. Moulay Ismaïl Alaoui:
    Au niveau du Ministère de l'Education Nationale, nous avons engagé la réforme avant même qu'elle ne soit ébauchée et élaborée. Nous avons entamé une opération forte visant la généralisation de l'enseignement à partir de l'âge de six ans.
    Nous avons également oeuvré pour combler le fossé, hélas très large, entre le rural et l'urbain et aussi commencé à réfléchir aux problèmes de la qualité de notre enseignement. A ce niveau, nous avons pris une série de dispositions que nous avons appelé les 12 plans qualité, pour essayer d'enclencher un mouvement de refonte de l'ensemble de notre système éducatif. Cependant, l'Administration du MEN n'a pas suivi. Tout simplement parce que la routine était bien installée et nos projets n'ont donc pas été réalisés à 100%.
    Concernant la rentrée prochaine, un grand nombre d'échéances nous attendent. Nous devons continuer sur la lancée de la généralisation de la scolarisation dans le laps de temps que nous nous sommes imposé. Pour ce qui est des modifications apportées au niveau des curriculas et des programmes, rien de nouveau ne verra le jour l'an prochain, si ce n'est un travail de rationalisation et d'allégement de certains contenus. La réforme profonde est prévue pour 2002. En effet, la Charte introduit des innovations, entre autres, l'enseignement de la langue étrangère dès la deuxième année. Il faudra alors préparer les enseignants à communiquer avec des élèves plus jeunes (sept-huit ans) et prévoir les manuels adaptés.

    - Outre les langues et la généralisation de la scolarisation, quels sont les autres chantiers priori- taires?
    - Le problème essentiel est celui de la refonte des curriculas. Aussi faudra-t-il revoir les programmes de fond en comble et les adapter à nos besoins comme il faudra également recycler les enseignants. Cette année, 40.000 de ces derniers suivront des formations complémentaires. Cela nous coûte excessivement cher et malgré tout, nous allons maintenir le cap. Nous allons aussi utiliser d'autres méthodes comme la télévision interactive. Celle-ci est prévue à partir de la rentrée prochaine. Elle permettra un gain de temps et facilitera le travail de recyclage.

    - Le projet de budget transitoire satisfait-il vos besoins?
    - Il l'est au niveau de l'investissement et des dépenses de fonctionnement. Pour ce qui est de la création d'emplois, nous avons eu cette année 9.000 nouveaux postes alors que nous en aurions souhaité 11.000 pour faire face aux départs à la retraite qui n'ont pas été compensés et à l'accroissement démographique au niveau de la généralisation de l'enseignement. Nous sommes contraints alors de nous tourner vers les suppléants dont le nombre commence à prendre de l'ampleur. Le projet de budget répond, grosso modo, à nos besoins d'autant plus que l'enveloppe a été augmentée de 14% par rapport à l'an dernier. Mais nous essayons aussi de trouver d'autres sources de financement.
    Ainsi, nous avons signé une convention avec le FEC (Fond d'Equipement Communal) qui nous permet de disposer de certaines sommes d'argent rapidement, dont le remboursement est étalé sur une quinzaine d'années. Nous sollicitons aussi l'action de la société civile, tous niveaux confondus. Il s'agit par exemple de l'expérience de la BMCE qui démarre, ainsi que du soutien de l'association Al-Jisr à travers le projet «une entreprise, une école».

    - Les parents auront-ils à participer au financement de l'école?
    - Je pense qu'à ce niveau le problème est résolu. Il n'est pas question de demander aux parents de mettre la main à la poche de manière excessive. Ils sont sollicités au niveau des frais d'assurance de leurs enfants et à participer dans le cadre de leur propre association à une meilleure gestion de l'établissement. En dehors de ces cotisations, les parents ne sont pas tenus de participer au financement, en tout cas pour l'enseignement obligatoire.

    - Quelle est votre position par rapport à l'enseignement privé?
    - Je suis pour l'extension de cet enseignement dans notre pays avec les garde-fous prévus par la loi. Un texte récent vient d'être voté par le Parlement. Il introduit beaucoup d'avantages et promet une aide financière publique à ce secteur. Le texte prévoit que la Loi de Finances aborde cet aspect. Cependant, il ne figure pas dans le budget de cette année. La Loi de Finances de 2000-2001 devra prendre en considération le soutien étatique. Ce dernier est potentiel mais jusqu'à aujourd'hui, nous constatons que le secteur privé reste relativement timoré.

    - Comment se déroule la communication de la réforme sur le terrain, particulièrement auprès des agents appelés à exécuter les recommandations de la Cosef?
    - Nous tenons depuis plus d'un mois des sessions dans les différentes régions du Maroc. Sont convoqués à ces rencontres les directeurs d'académie, les délégués du Ministère, les inspecteurs et représentants des enseignants. L'objectif est de leur expliquer le contenu de ces réformes et de prendre en considération leur avis sur les points les plus importants.


    L'arabe, le berbère et les langues étrangères

    L'enseignement du berbère n'est pas prévu pour la rentrée prochaine, du moins en ce qui concerne les élèves du primaire. Par contre, il le sera dans le cursus de formation des instituteurs. Parallèlement, quatre chaires universitaires seront créées. "Ceci permettra de mieux connaître la langue et d'examiner les procédures à suivre pour son futur enseignement, s'il y a lieu, dans nos écoles", indique M. Moulay Ismaïl Alaoui. Par ailleurs, le Ministère a démarré une enquête auprès de l'ensemble du corps enseignant du primaire dont l'objectif est d'évaluer son niveau d'appréhension des langues (l'arabe, le berbère et les langues étrangères). Les résultats sont attendus pour le mois de juin prochain et permettront de définir les actions à entreprendre en matière de recyclage des enseignants.
    S'agissant de l'arabe, le ministre rappelle que c'est la langue officielle mais ne cache pas son penchant pour l'introduction de l'arabe dialectal. "Personnellement, je suis contre l'utilisation d'un arabe châtié dans les petites classes et que les enfants ne comprennent pas". Pour lui, la dichotomie arabe classique et arabe dialectal doit disparaître et il faut donc trouver un raccord entre les deux.
    Par ailleurs, M. Alaoui estime qu'il faut introduire d'autre langues étrangères que le français et «enseigner dans certaines régions l'espagnol et peut-être aussi l'anglais dans certaines villes», indique-t-il. Et d'ajouter que «malheureusement, en raison des contraintes financières, cette proposition ne pourra pas voir le jour dans un temps relativement proche. Mais nous y travaillerons et nous ferons en sorte que cela puisse se concrétiser».


    Les textes de loi au Parlement

    Jusqu'à aujourd'hui, les Départements de l'Education Nationale et de l'Enseignement Technique ont présenté au Parlement quatre textes qui ont été votés. Il s'agit de ceux relatifs aux académies, à l'enseignement préscolaire et privé et à l'obligation scolaire. Le MEN prépare d'autres textes pour la session parlementaire en cours. Sont ainsi cités les lois sur l'Agence d'évaluation de l'instance de lutte contre l'analphabétisme et sur l'Académie de la langue arabe, entre autres. Le ministre rappelle toutefois que «la phase la plus importante maintenant n'est plus celle des textes de loi mais celle des décrets et arrêtés qui ne seront pas abordés devant le Parlement».

    Propos recueillis par
    Aniss MAGHRI

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