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16 mai, un an après
Les réponses à la haine

Par L'Economiste | Edition N°:1768 Le 14/05/2004 | Partager

. Le pays, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, veut barrer la route à la barbarie et à l’obscurantisme. Aujourd’hui, le Maroc fondamentalement différentLes attentats du 16 mai 2003 auront été incontestablement la plus terrible des épreuves qu’a connues le Maroc. Une tragédie sans précédent qui a tout bouleversé et qui a été le catalyseur à un énorme mouvement sociétal. Un catalyseur qui a poussé à réfléchir sur les véritables enjeux de la société marocaine.Quelques heures seulement après les explosions survenues à Casablanca, cette nuit du 16 mai, les télévisions du monde entier relayaient l’information. Le Maroc, tête de pont du continent africain, terre d’ouverture et de multiculturalisme, n’avait pas été épargné par des actes de barbarie. Cinq explosions dans divers endroits de la capitale économique du Royaume avaient causé la mort d’innocents. Et ce, quelques jours après les attentats de Riyad en Arabie saoudite, qui avaient aussi fait des dizaines de morts. La stupeur est grande et l’étonnement sans limites. Le Maroc pays arabo-musulman, où les trois religions monothéistes cohabitent depuis des siècles, qui revendique son intégration à l’Europe, n’avait pas été habitué à vivre ce genre d’événement. Pour la première fois de son histoire, il assiste à des actes terroristes sur son territoire. La mondialisation est en marche, plus personne n’est épargnée. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Aussi bien du côté gouvernemental que de celui de la société civile, la mobilisation est sans précédent. La communication postattentats est qualifiée de remarquable. La transparence est totale et c’est le Souverain en personne qui l’exige. “Nous sommes fiers et heureux de voir comment le peuple marocain tout entier s’est dressé comme un seul homme, dans un élan spontané, contre ceux qui ont trahi leur patrie et tué perfidement et de façon préméditée des personnes innocentes”, a tenu à souligner le Souverain dans son discours du 29 mai 2003. . Touche pas à mon paysTrès attendu après les événements tragiques, ce discours a rassuré les millions de Marocains et réitéré la volonté de mener à bien “…la marche engagée pour concrétiser notre projet sociétal, démocratique et moderniste”. Le pays, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, veut barrer la route à la barbarie et à l’obscurantisme et accélérer le processus de son développement déjà entamé. A partir de là, les événements se sont accélérés et ont touché différents domaines. Sur le volet politique et sécuritaire, figure en bonne place la loi sur la lutte antiterrorisme, adoptée fin mai à une vitesse record. Cette loi sera inaugurée par les procès-marathon des attentats qui s’achèveront à la fin de l’été sur un lourd verdict qui fera date. Les partis qui avaient fermement rejeté le projet ont fini par l’accepter. Toujours dans ce domaine, des remaniements ont été effectués au niveau de la Direction générale de la Sûreté nationale ainsi qu’au sein du ministère de l’Intérieur. Autre département touché, le ministère des Affaires religieuses et des Habous, dont la réforme est à l’ordre du jour.“Il était important de transmettre de la façon la plus claire et transparente possible à l’opinion publique les faits tels qu’ils avaient été commis”, déclare Adil Douiri, ministre marocain du Tourisme. “Cela a d’ailleurs été apprécié par l’ensemble des partenaires étrangers de notre pays”. Aussi bien le PDG du géant Fram, un des plus importants tour-opérateurs de l’Hexagone, que de hauts responsables de Accor ou de TUI déclaraient que “le Maroc était touché avant tout parce qu’il s’agissait d’un pays ouvert et multiculturel”. “Le gouvernement marocain n’a, à aucun moment, tergiversé sur les événements. Ils ont été expliqués à l’opinion publique de la façon la plus fidèle possible”, ajoute Douiri.Associations de tous bords, organisations des droits de l’homme, représentants de partis politiques, toutes tendances confondues, ont fustigé les actions commises, “non représentatives du Maroc profond”. “Le Maroc ne tolérera jamais que des individus qui commettent des actes isolés perturbent le modèle sociétal ancestral”, ont clamé en force l’ensemble de ces représentants de la société civile. C’est sous l’emblème “Touche pas à mon Pays” que des dizaines de milliers de citoyens participent à la marche de protestation contre la haine et l’intolérance. Celle-là même qui avait conduit ces jeunes Marocains à devenir des kamikazes. La société civile n’ignore pourtant pas que ce sont avant tout la pauvreté et les mauvaises conditions de vie de ces jeunes qui avaient facilité leur manipulation. A Sidi Moumen, leur quartier de résidence, il ne fait pas bon vivre. Au manque d’activité, faute d’emploi, vient se greffer le désespoir. Au coeur même de ces quartiers, et depuis les tragiques événements, des actions sont entreprises par diverses associations marocaines. “Le Maroc a été un pays victime d’une agression, tout comme l’Italie à l’époque des brigades rouges ou l’Europe au sein de laquelle des groupes terroristes recrutent”, estime Adil Douiri.Une année après, les images des explosions et des corps déchiquetés sont toujours présentes. Une année à peine s’est écoulée, et à travers tout le pays, la société civile appelle à nouveau à la mobilisation. Spontanément, des écoliers, collégiens et universitaires marcheront ce dimanche 16 mai dans les différentes villes du pays. Ils seront probablement nombreux à manifester leur attachement aux valeurs de tolérance prônées et enseignées depuis des siècles. L’après-16 mai est capital et les enseignements à tirer sont d’une grande importance. Ce n’est pas un hasard si des jeunes, et moins jeunes, en arrivent à se sacrifier pour des valeurs qui ne sont pas toujours les leurs. Ce n’est pas par hasard non plus si les ordonnateurs de tels actes recrutent au sein de ces franges démunies de la population. Les maux sont profonds et les remèdes à prodiguer urgents. Réformes du contenu des manuels scolaires, amélioration des conditions de vie des populations vivant en périphérie, développement économique, éducation civique, enseignement d’un islam tolérant et moderne ne sont que quelques-uns d’entre ceux que l’on a mis en marche.


La Turquie, la Tunisie, l’Egypte et les autres

Le Maroc n’est pas le seul pays à avoir été victime d’attentats terroristes. Mais ceux-là prennent une toute autre ampleur dès qu’il s’agit d’un pays musulman, de surcroît arabo-musulman. L’Egypte et la Tunisie avaient été parmi les premiers à être victimes de tels actes. L’Arabie saoudite en a elle aussi été victime avec la Turquie. Le 11 septembre aux Etats-Unis a changé la conception des choses. Les pays développés étaient également sujets au terrorisme. L’Espagne n’a pas été épargnée. Ce 11 mars 2004 a fait des morts à Madrid. Faut-il pour autant banaliser le terrorisme? “La banalisation s’impose d’elle-même”, explique le ministre du Tourisme. “Un premier attentat à Louxor n’est pas banal. Un deuxième, puis un troisième, et d’autres encore ne confèrent plus la même ampleur au phénomène, ajoute-t-il, même si tous ces actes sont malheureux”. “C’est un fléau du XXIe siècle qui n’est pas propre à notre pays”, renchérit-il. Beaucoup en ont fait la malencontreuse expérience.Amale DAOUD

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