×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

16 mai, un an après
Mosquées: Les nouveaux relais de la proximité

Par L'Economiste | Edition N°:1768 Le 14/05/2004 | Partager

. Vers un nouveau concept de la gestion des affaires religieuses. Le Maroc compte exporter sa démarche en EspagneLongtemps relégués au second plan, les lieux de culte ont été livrés à un véritable désordre et aussi à beaucoup d’improvisation. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. La compétence religieuse a été squattée par différents intrus et les prêches prêtaient souvent, par inadvertance ou délibérément, à équivoque. L’absence d’interprétation claire des textes a souvent contribué à la pluralité de la pratique de l’islam. Résultat: les lieux de culte ont été déviés de leur mission initiale et ont servi de fief à des groupuscules fanatiques et à la prolifération de courants religieux qui recrutent tous azimuts. Une sorte de colonisation secrète et rampante a investi les lieux de culte et s’est livrée à l’embrigadement surtout dans les quartiers défavorisés, les banlieues de grandes villes et autres petites villes de province, qui sombrent dans la précarité. Face à cette situation, l’Etat ne savait plus à quel saint se vouer et les autorités sont restées pendant longtemps devant un véritable dilemme: ne pas interférer et ménager les susceptibilités des religieux, ou prendre en main la gestion des lieux de culte. Les tergiversations de l’Etat, relayées par la montée en puissance de pensées extrémistes et de l’exclusion, ont cédé le pas aux événements sanglants du 16 mai 2003 (cf. www.leconomiste.com). Dès lors, la riposte des autorités s’est immédiatement déployée. Des réformes ont été enclenchées afin de réorganiser les lieux de culte. Initiée par le ministère des Habous, une véritable «mise à niveau» des imams a été entamée. Objectif: mettre de l’ordre dans des structures sensibles. Du coup, plusieurs mosquées dites “non officielles, non conventionnelles ou encore informelles”, ont été fermées, comme c’est le cas de la mosquée de Carrière Thomas à Sidi Moumen. Une reprise en main a été effectuée avec l’exercice de compétences clairement définies. Elle a permis d’éviter que des mosquées ne soient prises en otage par des incultes ou des fanatiques qui s’autoproclament, du jour au lendemain, exégètes. Ce qui a été suivi d’un recyclage des imams afin de mieux ancrer les principes du fiqh et de la chariaâ. Des formations ont été dispensées et ont eu pour effet d’orienter les prêches et éviter, ou du moins, atténuer les éventuels dérapages. La nouvelle stratégie adoptée s’articule autour du contenu des textes de prêches, le contrôle des lieux de culte, le choix et la sélection rigoureuse des imams. In fine, unifier la source de la fatwa et contrer l’extrémisme. Dans le même esprit, une restructuration a été entamée auprès des Conseils des ouléma avec de nouvelles formules de communication religieuse. Autre aspect non moins important de cette réforme, le contrôle et la gestion des mosquées. Ce volet étant l’épine dorsale du plan de réaménagement. Entre ménager la susceptibilité des uns et prendre en main la gestion et le contrôle des mosquées, un dilemme était posé. Finalement, la riposte s’est manifestée par l’activation du rôle des mosquées et la lutte contre l’analphabétisme. L’enjeu est de permettre à la société d’assumer sa modernité mais sans pour autant renier sa religion et ses valeurs.Aujourd’hui, eu égard au contexte mondial qui témoigne du recul des idéologies et de la montée de la surenchère extrémiste et du terrorisme, la nouvelle approche consiste à décrypter les messages de prêche. Après les événements du 11 mars, l’Espagne a également adopté la même approche. Dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme, le gouvernement espagnol a décidé récemment de surveiller les mosquées et les propos des imams y officiant. Le Maroc a même proposé une coopération dans ce sens à Madrid. Une cellule sera créée afin de distinguer les imams extrémistes des modérés. Cette nouvelle formule de coopération devra mettre fin aux approximations et aux interprétations fallacieuses. Le discours royal du 30 avril 2004 devant les membres du Conseil supérieur et des Conseils provinciaux des ouléma au Palais royal de Casablanca est venu mettre en oeuvre une stratégie afin d’impulser le champ religieux et le prémunir de l’extrémisme. “Nous entamons aujourd’hui la finalisation et la mise en oeuvre d’une stratégie intégrée, globale et multidimensionnelle (...) visant à prémunir le Maroc contre les velléités d’extrémismes et de terrorisme”, a annoncé le Souverain. Il s’agit de “redresser l’image de l’islam”, aujourd’hui mise à mal. Dans une logique de proximité, des délégués régionaux du ministère des Habous et des Affaires islamiques viennent d’être nommés. Afin d’immuniser le champ religieux, la nouvelle mission des Conseils des ouléma sera assortie d’une force de proposition. «Nous tenons à ce que les Conseils soient des espaces de rencontre pour tous les ouléma éclairés”, avait ajouté le Souverain. La réforme annoncée intéresse directement la Ligue des ouléma du Maroc “qu’il faudra sortir de sa léthargie et qu’il convient de régénérer pour en faire un organe dynamique agissant en synergie avec les Conseils des ouléma”. Sa Majesté a également donné ses instructions pour que des mesures soient prises pour assurer “la rationalisation, la modernisation et l’unification de l’éducation islamique”.


33.000 imams pour 30 millions d’habitants

Le Maroc dépense quelque 72 millions de DH dans la construction de mosquées. Ce qui représente près de “54% du budget du ministère des Habous et des Affaires islamiques”, avait indiqué au Parlement Ahmed Taoufik, ministre chargé de ce département. Pour ce qui est des imams, les officiels correspondent à 33.000 personnes, soit des indemnités de l’ordre de 7 millions de DH.A. R.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc