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Economie

Transport maritime: Tanger Med solide face à la tempête

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5885 Le 16/11/2020 | Partager
Il figure parmi trois ports africains ayant bien résisté à la pandémie grâce aux niveaux de connectivité
Et ce, malgré l’annulation d’escale ou de navire
Ce que recommande la Cnuced

Les tendances en termes d’impact de la pandémie Covid-19 sur la connectivité des ports africains étaient mitigées. Dans trois ports africains (Lagos, Durban, Tanger Med), par exemple, les niveaux de connectivité ont bien résisté à la pandémie par rapport aux autres ports de la région, malgré les «blank sailings» (ou annulation d’escale ou de navire) ayant un impact négatif sur la fréquence de service.

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Dans trois ports africains (Lagos, Durban, Tanger Med), par exemple, les niveaux de connectivité ont bien résisté à la pandémie par rapport aux autres ports de la région. Ceci malgré les «blank sailings» (ou annulation d’escale ou de navire) ayant un impact négatif sur la fréquence de service  (Ph. L’Economiste)

Tanger Med accumule de bons points notamment grâce à la simplification des démarches et la dématérialisation des processus du commerce extérieur et notamment ceux relatifs au transit portuaire et au transport de marchandises.

Comme les grands secteurs, celui du transport maritime en Afrique a subi également les conséquences de la crise sanitaire. Au deuxième trimestre 2020, la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) a estimé dans son étude sur les transports maritimes (novembre 2020), la baisse des exportations sur le continent africain à -35% et celle de ses importations à -25%. Malgré les quelques améliorations observées en juillet 2020, les chiffres indiquent toujours des baisses significatives estimées à -17% pour les importations et -21% pour les exportations.
Les restrictions affectant le transport terrestre ont posé quelques problèmes affectant les passages transfrontaliers. Par exemple, dans certains pays africains, le temps de ramassage des marchandises après dédouanement a augmenté en 2020 par rapport à la même période en 2019. Les camions ont mis plus de temps à regagner leurs points de départ en raison des restrictions imposées pour contenir la pandémie. De telles perturbations ont également entraîné des retards dans le retour des conteneurs vides vers les ports (par exemple le port de Mombasa). Ce qui a souvent conduit à des frais supplémentaires imposés par les compagnies maritimes.
Comme dans d’autres régions, la numérisation est reconnue comme un instrument clé pour traverser la crise de la Covid-19, la Cnuced soulignant la nécessité de renforcer les capacités dans ce domaine. Cependant, il reste des lacunes importantes en matière d’automatisation et de technologie dans le secteur maritime qui pénalisent les pays africains.L’Afrique ne représente qu’une petite part du commerce international de marchandises en valeur: environ 2,5% des exportations et 3% des importations en 2019. En termes de volumes, cependant, et sur la base des estimations de la Cnuced, le continent contribue pour une part relativement plus importante au commerce maritime international. En 2019, les ports africains ont chargé près de 7% du commerce maritime mondial (exporté) et déchargé 4,6% de ce commerce (importé). Ces pourcentages restent cependant inférieurs à ceux relevés dans les régions en développement d’Asie et d’Amérique.

Relever les défis

Pour les experts de la Cnuced, le transport maritime en Afrique doit relever les défis dans plusieurs domaines: innovation et technologie, qualité des infrastructures, réglementation et gouvernance, ressources humaines et compétences et dans le domaine des affaires et l’investissement. Relever le défi de la durabilité est un point important de l’ordre du jour international. Pour ce faire, le secteur maritime africain devrait améliorer sa capacité à aligner ses activités sur les objectifs et principes de durabilité et à renforcer la résilience de ses infrastructures, services et opérations.
Réaliser les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre pour 2050 tels que fixés par l’Organisation maritime internationale (OMI) est essentiel. Les pays, y compris en Afrique, ont un rôle important à jouer dans l’application de ces règles afin de minimiser les impacts du changement climatique sur le secteur.

                                                                

Produits pétroliers, cargaisons sèches…

La contribution marginale relative de l’Afrique au commerce maritime est également observable dans sa participation à celui des pays en développement. En 2019, le continent représentait environ 12% des volumes chargés dans les pays en développement et 7% des volumes déchargés. Les plus fortes contributions sont détenues par l’Asie en développement, suivie par l’Amérique latine et les Caraïbes. Le profil du commerce maritime en Afrique continue d’être façonné par la concentration commerciale du continent et par sa faible diversification. Ainsi, environ la moitié des marchandises exportées par voie maritime l’année dernière étaient constituées de produits pétroliers, tandis que plus des deux tiers des importations étaient des cargaisons sèches (vracs secs et marchandises conteneurisées). Pour cette même année, les ports à conteneurs d’Afrique représentent une part modeste d’environ 4% du volume du commerce mondial conteneurisé, dont une grande partie comprenait des importations de produits manufacturés. Les politiques commerciales et industrielles ciblées et les initiatives d’intégration régionale telles que l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECAf) ont le potentiel d’améliorer les flux commerciaux conteneurisés en Afrique. La connectivité maritime des pays africains est fortement influencée par la géographie du continent. Les pays les mieux connectés sont ceux qui se trouvent aux points cardinaux extrêmes (Est, Ouest, Sud) du continent, où les routes maritimes internationales sont reliées à de grandes plateformes portuaires (Hubs) notamment au Maroc, en Egypte et en Afrique du Sud. Après viennent les centres de transbordement sous-régionaux, notamment à Djibouti, au Togo et à Maurice.

F.Z. T.

 

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