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Economie

Aviculture: La filière perd des plumes

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5830 Le 27/08/2020 | Partager
Une baisse de la demande estimée à 50%
Surproduction, reforme des reproducteurs…

L’aviculture accuse une baisse de la demande estimée à 50%. Le prix du poulet à la ferme est en chute libre…Les temps sont durs chez les aviculteurs qui pâtissent de l’impact de la crise sanitaire sur l’activité des restaurateurs, traiteurs, snacks, hôtels, cuisines collectives… Les fermes ne désemplissent pas de volailles prêtes à être écoulées, mais trouvent difficilement preneur.

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Au total 625.000 tonnes de viandes de poulet de chair ont été produites en 2019, contre 570.000 en 2018 (en hausse de 9,6%). Le Marocain consomme en moyenne 22,1 kg par an. La consommation par habitant est en hausse de 7,8% entre 2018 et 2019 (Ph. Fisa)

Selon la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), l’atonie est pour beaucoup due à la baisse de pouvoir d’achat due au ralentissement ou la baisse d’activité ou encore les licenciements, l’annulation des fêtes familiales, mais «surtout pas à un désintérêt des Marocains pour la viande blanche», précise Chaouki Jerrari, directeur exécutif de la Fisa.

Le dérèglement entre l’offre relativement élevée et la demande qui reste faible tire le prix du poulet à la ferme vers le bas. En avril dernier, le prix au kg oscillait entre 7 et 7,5 DH, contre 6,5 et 7 DH ce mois-ci. Paradoxalement, l’on observe une flambée des prix du poulet sur certains marchés, qui dépassent parfois les 15 DH/kg. «Cela dénote d’un problème dans la transmission des prix de la ferme au consommateur», explique Jerrari.

Logiquement, la production devrait s’aligner. Mais elle est difficilement ajustable dans la mesure où il faut compter 17 mois entre la programmation d’un poulet et sa commercialisation. Evidemment, il y a un an, personne n’aurait prévu une pandémie de cette ampleur.

«Pour réduire leur production, certains éleveurs couvent plus longtemps, d’autres reforment de manière précoce leurs reproducteurs, à 50-53 semaines au lieu des 64-65 semaines», explique Jerrari. Mais cela n’est pas suffisant puisque cette alternative ne peut pas se faire à grande échelle. En effet, s’ils détruisent les reproducteurs et que dans 2-3 mois la demande revient à son niveau normal, le manque à gagner sera important. Il faudra attendre 17 mois supplémentaires pour retrouver le niveau habituel de la demande. A noter que ces mesures sont prises de manière individuelle. Toute coordination serait anticoncurrentielle.

Le marché marocain compte plus de 45 couvoirs. Avant la pandémie, la filière avicole produisait environ 9,5 millions de poussins (poulets de chair) par semaine. Aujourd’hui, la production varie entre 6 et 7 millions de têtes. Une fois arrivées à maturité, les volailles transitent par les abattoirs industriels (27 au total) et des milliers de tueries traditionnelles réparties un peu partout dans le pays. Avec la crise Covid, toute la chaîne de valeur est impactée. Les abattoirs industriels fonctionnent à 30 voire 40% de leur capacité de production. D’autres ont fermé, ou encore travaillent de manière intermittente.

                                                            

L’amont du secteur

Le contexte actuel de crise sanitaire amène les consommateurs à être plus regardants sur les conditions d’abattage et d’alimentation des volailles. Pour mettre à niveau l’amont du secteur (abattage, distribution, commercialisation), un programme a été élaboré en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et celui de l’Intérieur. Il devait démarrer en mars, au tout début de la pandémie. «Aujourd’hui, tout est à l’arrêt. Nous attendons que l’environnement soit plus favorable. Selon ce plan, un nouveau marché de gros dédié aux volailles doit être construit en remplacement de celui de Roches Noires. Une prime de mise à niveau de 30.000 DH est prévue pour inciter les propriétaires de tueries à améliorer les conditions d’abattage. A cet effet, un cahier des charges à été mis en place. Des campagnes de sensibilisation ont eu lieu pour expliquer le cahier des charges ainsi que les modalités d’obtention des subventions», explique Chaouki Jerrari. Dans un premier temps, 2.300 tueries traditionnelles sont concernées.

Modeste KOUAME

 

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