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Economie

Industrie automobile: Le plus dur reste à venir

Par Amin RBOUB | Edition N°:5824 Le 17/08/2020 | Partager
Des analystes redoutent des manifestations plus virulentes du Covid
Dans ce cas, le manque à gagner dépassera les 33 milliards de DH fin 2020

La crise Covid remet en cause plein de certitudes sur la résilience de l'industrie automobile. Arrêts d'usines, destructions d'emplois, ruptures dans les chaînes d'approvisionnement et des matières premières, baisses des commandes de véhicules et de composants... C'est une tendance mondiale qui a démarré auprès des constructeurs sud-asiatiques (Chine, Corée du Sud...) et qui s'est ensuite déplacée aux Etats-Unis et en Europe.

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Le nombre d'immatriculations de voitures neuves dans le continent européen est annonciateur voire révélateur des dommages subis et ceux à venir dans les bases de production et de l'industrie automobile. Sur les cinq premiers mois de l'année, ce nombre a reculé de 40% en moyenne par rapport à 2019 et d'environ 50% dans les pays les plus touchés par la pandémie, notamment l'Espagne, le Royaume uni...

«Au Maroc, le secteur n'est pas à l'abri de ce contexte mouvementé et les performances à l'exportation dénotent d'un recul de près de 40% du chiffre d'affaires sur la première moitié de l'année», relève une analyse récente du Policy Center for the New South. En effet, la vague de la Covid n'a épargné aucun secteur d'activité. Pire, elle a infligé des dégâts massifs à l'appareil productif mondial et national, résume Abdelaziz Aït Ali, économiste et senior résident du groupe de réflexion du Policy Center.

Des secteurs entiers ont subi les mesures de distanciation sociale, tandis que d'autres ont dû faire face à une conjoncture économique mondiale particulièrement anémique, si ce n'est à des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement qui ont contraint les opérateurs à suspendre provisoirement leurs activités, tout simplement par rupture d'intrants, résume l'auteur de cette analyse.

Du coup, les branches d'activité fortement intégrées dans les chaînes de valeurs mondiales ont été les premières à subir les contrecoups de la crise. Aujourd'hui, la situation est tellement préoccupante que les experts redoutent la résurgence d'une seconde vague Covid pendant l'hiver prochain et qui risque d'emporter dans son sillage des pans entiers de l'industrie locale.

D'autant plus que durant les mois à venir, ce ne sera plus une question de perturbations des chaînes de production. Le secteur s'en trouvera vite plongé dans une crise plus profonde induite par l'effondrement de la demande mondiale. Et c'est déjà le cas dans des marchés matures! En effet, le nombre d'immatriculations de voitures neuves dans le continent européen est annonciateur voire révélateur des dommages subis et ceux à venir dans les bases de production et de l'industrie automobile.

«Sur les cinq premiers mois de l'année, ce nombre a reculé de 40% en moyenne par rapport à 2019 et d'environ 50% dans les pays les plus touchés par la pandémie, notamment l'Espagne, le Royaume-uni. Sur l'ensemble de l'année 2020, les projections tablent sur une contraction de la demande de véhicules comprise entre 14 et 22%», précise une étude BCG citée par le Policy Center. «Toutefois, au regard de la prévalence d'une incertitude exceptionnellement élevée, le secteur automobile pourrait clore l'année sur une contreperformance plus accentuée», tient à préciser l'économiste et chercheur Abdelaziz Aït Ali. 

Les premières répercussions de cette morosité se sont déjà manifestées par un ralentissement voire une contraction de l'industrie automobile nationale. Premier indicateur de cette contraction, le recul de près du quart des volumes à l'export durant les trois premiers mois de l'année et ce, avant même que l'état d'urgence et le confinement ne soient décrétés au Maroc.

Le recul à l'export concerne essentiellement les produits finis, notamment ceux de l'assemblage à hauteur de 36%. S'ensuivent les semi-produits (26%) pour le câblage ou encore les activités liées aux sièges et intérieur de véhicules (coiffes de sièges, habitacle...) de l'ordre de 13%.

Mais ce n'est pas fini, la situation n'a pas cessé d'empirer d'un mois à l'autre. «A fin mai, l'atonie du secteur automobile s'est davantage manifestée. Du coup, la baisse des exportations est passée à près de 40% de manière plus prononcée pour les produits intermédiaires.

En valeur absolue, le recul de cette ampleur est équivalent à 13,9 milliards de DH sur les cinq premiers mois de l'année», précise l'auteur de l'analyse du Policy Center. Selon cet économiste, si le secteur clôture l'exercice 2020 sur la même contreperformance, le manque à gagner franchirait les 33 milliards de DH, soit l'équivalent de 3% du PIB.

A.R.

                                                                                      

Attention, forte dépendance des intrants importés!

 

Il va sans dire, l'une des caractéristiques du secteur de l'industrie automobile au Maroc réside dans sa forte dépendance aux intrants importés. Les analyses des exportations marocaines en valeur ajoutée sont d'ailleurs très révélatrices du contenu important des importations. Plus encore, l'industrie automobile arrive à la tête des secteurs exportateurs les plus dépendants des intrants importés, «puisque plus de 58% de la valeur à l'exportation comporte en réalité une valeur ajoutée étrangère contenue, soit plus du double des proportions observées dans les autres secteurs d'activité», relève l'étude du Policy Center.

Autrement dit, plus de 58% des exportations du secteur automobile sont en fait des produits importés. «De plus, 93% des produits intermédiaires destinés au secteur automobile sont automatiquement réexportés et seuls 7% sont destinés à alimenter la production destinée au marché domestique», analyse l'économiste Abdelaziz Aït Ali.

Sur un tout autre registre, celui des IDE (investissements directs étrangers), la prépondérance des capitaux étrangers est manifeste. Mais le revers de la médaille est que l'essentiel des bénéfices réalisés par les sociétés étrangères est rapatrié dans les pays d'origine. La règlementation des changes n'instaure aucune restriction dans ce sens.

Ce qui garantit aux investisseurs le rapatriement de la totalité des revenus générés par leurs investissements. D'où la nécessité d'intégrer la dimension de la nationalité de l'actionnariat dans le secteur automobile pour une meilleure évaluation des effets d'entraînement effectifs du secteur sur les équilibres macro-économiques de manière générale, déduit l'étude du Policy Center.

 

 

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