×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

La Covid-19 réorganise le marché mondial des drogues

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5793 Le 30/06/2020 | Partager
Cette crise a poussé les trafiquants à chercher de nouveaux procédés de fabrication et d’acheminement
Le rajeunissement de la population et l’urbanisation, décisifs dans la dynamique du trafic de drogue
Cannabis, Cocaïne, Amphétamine… le Maroc multiplie les coups de filets

La crise de la Covid-19 a frappé de plein fouet plusieurs secteurs, y compris les trafics illicites. Au niveau du marché mondial des drogues, les effets de cette crise «pourraient être désastreux», selon le rapport mondial 2020, rendu public jeudi dernier par l’ONU. Selon ce document, les producteurs «pourraient se retrouver contraints de chercher de nouveaux procédés de fabrication et de nouvelles routes d’acheminement».

L’impact des transformations induites par l’effet de cette pandémie est assimilé à celui de la crise économique de 2008. Résultat: «si les gouvernements réagissent de la même manière, des interventions notamment de prévention de l’usage des drogues et de traitement de la toxicomanie pourraient être durement touchés». Idem, «les opérations d’interception et la coopération internationale pourraient ne plus être prioritaires. Ce qui faciliterait la tâche aux trafiquants».

Sur le long terme, le marché de la drogue risque d’être désorganisé par le ralentissement économique et les mesures de confinement, peut-on lire dans ce document. «Les organisations de trafiquants vont, peut-être, profiter de la situation en venant en aide aux personnes vulnérables et en recrutant en masse», a mis en garde l’ONU.

D’autant que les gouvernements sont «moins en mesure de réagir». Ce qui pourrait «inscrire cette orientation dans la durée, devenant la nouvelle réalité pour de nombreuses communautés».

                                                                    

■ Boom du marché des drogues

covid-drogues-1-093.jpg

L’usage des drogues est en augmentation partout dans le monde, selon les dernières statistiques. Cela concerne 269 millions de personnes en 2018 contre 210 millions en 2009. Le rajeunissement de la population mondiale favorise cette tendance. Actuellement, les adolescents et les jeunes adultes représentent la majorité des usagers. Autre facteur déterminant: l’urbanisation. Il s’agit d’un «élément déterminant dans la dynamique future du marché des drogues, en particulier dans les pays en développement».

                                                                    

■ La culture des plantes illicites portée par la Covid-19

«En raison de la pandémie de la Covid-19, le nombre d’agriculteurs se lançant dans la culture de plantes illicites pourrait augmenter», selon le dernier rapport mondial sur les stupéfiants. Cela est lié aux faiblesses du contrôle des autorités durant la période actuelle, mais également au fait que la crise économique pourrait inciter plus de personnes à se livrer à des activités illicites, est-il indiqué.

                                                                     

■ Le trafic de cannabis en hausse, les saisies aussi

covid-drogues-2-093.jpg

C’est la substance la plus utilisée dans le monde. En 2018, plus de 192 millions de personnes dans le monde ont consommé du cannabis. Les quantités de cette drogue saisies par les autorités sont également en hausse. Entre 2008 et 2018, les plus grandes saisies d’herbe de cannabis ont été réalisées par les Etats-Unis, suivis du Mexique, alors que le Maroc arrive en 6e position, après le Nigeria. Pour ce qui est de la résine de cannabis, les plus grosses saisies réalisées durant la même période ont été réalisées respectivement en Espagne, au Pakistan et au Maroc. Ce dernier reste la principale source de résine de cannabis dans le monde, selon ce rapport. Le Maroc comptait 47.500 hectares de culture de cannabis en 2018, est-il indiqué. Le cannabis produit au Maroc est destiné essentiellement aux marchés de l’Afrique du Nord, de l’Europe de l’Ouest et de l’Europe centrale. Ce produit a été également identifié, lors des dernières années, dans d’autres marchés notamment en Europe de l’Est. Ce rapport précise que le cannabis produit au Maroc et destiné au marché européen, est d’abord acheminé vers l’Espagne, avant d’être distribué au niveau d’autres pays.

                                                                    

■ Le Maroc, nouveau point de transit pour la cocaïne

covid-drogues-3-093.jpg

Les grosses saisies de cocaïne durant les dernières années traduisent la transformation du Maroc en point de transit pour le trafic de cocaïne. Un constat appuyé par les données du dernier rapport mondial sur les drogues. Depuis quelques années, les trafiquants de la cocaïne destinée au marché européen passent via des points de transit en Afrique, dont le Maroc, est-il indiqué. En 2018, le volume de cocaïne saisie par les pays africains était la plus importante durant les deux dernières décennies, avec 5,6 tonnes, en hausse de 65% par rapport à l’année d’avant. L’essentiel de ces saisies a été effectué par les autorités du Maroc, de l’Algérie, de la Namibie, du Mozambique et de l’Afrique du Sud. D’ailleurs, ce rapport pointe l’importante saisie de 3 tonnes de cocaïne dans la commune de Sidi Rahal au Maroc en août 2019, qui traduit l’intérêt croissant pour cette nouvelle «route de la drogue». Ces saisies sans précédent au niveau des différents pays de l’Afrique du Nord, «renseignent sur une intensification potentielle du trafic de cocaïne via cette sous-région».

                                                                    

■  Amphétamine, Ecstasy… les nouvelles menaces

Le Maroc commence à être plus visible sur les radars du trafic mondial de certaines drogues dures, comme l’amphétamine ou l’ecstasy. Selon le rapport mondial sur les drogues, le Maroc figure parmi les destinations importantes du trafic d’amphétamine en Afrique entre 2014 et 2018, après des pays comme la Zambie, le Mozambique, le Soudan, l’Egypte et l’Algérie. Dans le monde, ce trafic reste encore concentré au niveau des marchés de l’Europe et du Moyen Orient où le «Captagon» continue de faire des ravages. Le Maroc est également considéré comme un marché de plus en plus intéressant pour les trafiquants d’ecstasy. L’une des plus grandes saisies en Afrique de cette drogue de synthèse a été effectuée par le Maroc, en provenance des Pays-Bas et de la Belgique, est-il indiqué. «Ces substances sont destinées essentiellement au marché local», selon le rapport mondial sur les drogues.

M.A.M.

 

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc