×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Comment l’école détruit les intelligences de ses élèves

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5793 Le 30/06/2020 | Partager
Seules 2 sont intégrées par le système scolaire, alors qu’il en existe au moins 8
Ceux qui ne rentrent pas dans le cadre préétabli sont exclus
Le coaching à la rescousse

Du bourrage de crâne. Voilà ce que l’école classique continue à faire. Au lieu de libérer les potentialités de ses élèves, elle les détruit, petit à petit. S’il y a une réforme à mener en priorité, c’est bien celle-là.

«Le système éducatif, dans le monde entier, hormis quelques exceptions, s’appuie sur le QI qui ne prend en compte que deux intelligences: verbale et logicomathématique. Les élèves qui ne sont pas bons en maths ou en physique, par exemple, ne sont pas considérés comme étant intelligents.

Or, ils disposent d’autres formes d’intelligences», relève Lahcen Bouzrour, consultant en orientation, lors d’une e-conférence organisée récemment par le groupe scolaire Institution Targa (Marrakech). Ceux qui sortent du cadre préétabli sont ainsi exclus.

ecole-eleves-093.jpg
Dans le système scolaire actuel, les élèves sont de simples consommateurs d’informations, peu autonomes et faiblement créatifs. Or, chacun dispose d’un trésor de potentialités (Ph. Jarfi)

Il existe au moins huit formes d’intelligences selon les psychologues (H. Gardner): logicomathématique, linguistique, corporelle kinesthésique, spatiale, interpersonnelle, procurant des facilités d’interaction avec les autres, intrapersonnelle, permettant une bonne connaissance de soi, naturaliste, offrant une prédisposition au travail dans la nature, et musicale. Les intelligences sont ainsi multiples, et plus elles sont travaillées, plus elles se développent.

«Certaines sont latentes. Parents et enseignants peuvent les réveiller», précise Bouzrour. Cependant, souvent, ce sont eux qui les détruisent. «L’enfant naît avec 100 milliards de neurones, chacun possède 15.000 connexions synaptiques. A 15 ans, la moitié de ces connexions est éliminée. Les responsables ne sont autres que les parents et le système éducatif», déplore le consultant en orientation. Les élèves sont ainsi conditionnés par leur entourage.

«Le conditionnement est dangereux. Au fil du temps, il se transforme en croyance. Cet état d’esprit fixe est contagieux, il est pire que le Covid-19, car les fausses croyances se transmettent de génération en génération, inhibant ainsi la capacité à apprendre et à aller de l’avant», souligne pour sa part, Khalid Benzakour, conseiller pédagogique au groupe ISGA.

L’école gagnerait donc à s’ouvrir à de nouvelles possibilités. «Si nous intégrons les intelligences multiples ainsi que les neurosciences nous aurons réalisé un grand pas en avant», estime Bouzrour.

«Tous les enfants sont super équipés pour réussir»

La méthode d’enseignement en classe est dévastatrice. «L’élève est noyé dans une masse d’informations qu’il consomme. Son cerveau n’est pas stimulé. Il est assisté par un enseignant prenant une posture haute. Une fois à la maison, l’enfant est livré à lui-même. Il a du mal à travailler et à comprendre seul ses cours. Au final, il est découragé», relève Amina Moumni, coach scolaire et de vie. Simple consommateur, l’élève perd sa créativité, et avec, sa motivation.

«Il peut également présenter des problèmes de concentration et de mémorisation. Dans ce cas, l’échec est systématique. Or, chaque enfant est super équipé pour réussir. Il dispose de toutes les ressources et capacités intellectuelles. Sauf qu’il n’est pas connecté à lui-même», poursuit Moumni. Et c’est là où le coaching scolaire peut intervenir, en guidant l’élève dans son processus de découverte et de développement de ses potentialités.

intelligences-093.jpg

L’intégration des neurosciences, des intelligences multiples, du coaching… permettrait de développer les aptitudes de tous les élèves, quelles que soient leurs différences ou particularités

En partant d’un objectif de départ (motivation, confiance en soi, apprendre à apprendre…), le coach scolaire peut apporter des solutions adéquates. Au préalable, un diagnostic est nécessaire. Il peut renseigner à la fois sur les ressources, les capacités, caractéristiques et besoins de l’élève, afin de lui proposer des solutions. Le diagnostic s’intéresse à plusieurs aspects, selon Amina Moumni, à commencer par les traits de personnalité de l’élève (analyste, directif, émotionnel, leader…), et ses valeurs (réussite, autonomie…). «C’est ce qui conditionne son comportement et oriente ses choix», explique l’experte.

La démarche scrute également les forces et les points à améliorer, les stratégies mentales (manière d’intégrer et de mémoriser l’information), les canaux sensoriels (visuel, auditif, kinesthésique), les intelligences dominantes, les émotions… Il est ainsi possible de repérer tout ce qui peut être mis au service de l’objectif final.

Plusieurs outils peuvent être choisis, dont celui des niveaux logiques. «C’est l’un des plus puissants, il amène l’élève à gravir les échelons un à un», révèle Moumni. Il s’intéresse à l’environnement de l’enfant (école, maison…), à son comportement en classe, à ses compétences, à ses croyances et clichés, à son identité, pour au final, l’amener à donner du sens à son apprentissage et à «trouver sa mission de vie».

Chaque élève devrait avoir droit à cet accompagnement. L’Education nationale oserait-elle institutionnaliser le coaching à l’école?

Une orientation scolaire «accidentelle»

«Au Maroc, l’orientation scolaire marche sur la tête! On attend d’être au bac pour subir une orientation accidentelle, alors qu’il s’agit d’un processus qui doit démarrer dès les premières années de scolarité», relève Lahcen Bouzrour. «Si l’élève ne se connaît pas, il aura mille et une difficultés pour s’orienter et s’épanouir», ajoute-t-il. L’orientation est déterminée par quatre grandes dimensions, selon Bouzrour: Les aptitudes et compétences de l’élève, son intérêt professionnel et de formation, son système de valeurs, et surtout, sa personnalité professionnelle. Il existe six types de personnalités professionnelles prédisposant les jeunes à exercer un métier. Parmi elles, celle du réaliste un peu en retrait, aimant travailler en plein air et exercer des activités  manuelles (chirurgien, menuisier, ingénieur topographe, mécanicien…). Il y a également l’investigateur ou l’intellectuel (doué pour la recherche scientifique), l’artistique, l’entreprenant (ayant la fibre de la direction, réussit en commerce, politique…), le social (enseignant, conseiller en orientation…), et enfin, le naturaliste inspiré par la nature (ingénieur agronome, volcanologue…).

Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc